CHRONIQUE: Kyler Murray, l’autre nouvelle expérience des Vikings


Stéphane Cadorette
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Fidèles à leur tradition, les Vikings se tournent vers un vétéran quart-arrière qui n’a pas connu le succès escompté ailleurs pour en faire leur projet de réclamation. Kyler Murray était un tout premier choix au repêchage en 2019, comme quoi la roue tourne toujours vite dans la NFL.
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Il ne fait aucun doute que le pivot de 28 ans est un athlète d’exception. En plus d’avoir été le premier choix des Cardinals de l’Arizona, il avait aussi été choisi au neuvième rang du repêchage du baseball majeur par les A’s d’Oakland, un an plus tôt.
Dans la NFL, on ne peut pas dire qu’il a échoué, loin de là, mais ses résultats ont été mitigés. Avec 153 touchés (passe et course) en 87 matchs, il a certainement fait quelque chose de bien, et le dynamisme dans son jeu est évident.
Cependant, plusieurs le tiennent responsable, même s’il n’a pas toujours été bien entouré en Arizona, du fait que les Cards n’ont atteint les éliminatoires qu’une seule fois en sept saisons avec lui.
Depuis ses débuts, on dit qu’il est trop petit (5 pieds, 10 pouces). On dit qu’il court trop. On dit qu’il ne court pas assez. On dit qu’il est fragile (29 matchs ratés entre 2021 et 2025).
Mais par-dessus tout, on dit qu’à titre de leader, il n’est pas inspirant comme un Tom Brady ou un Patrick Mahomes.
Une nouvelle attitude ?

C’est là le plus grand questionnement concernant Murray. Les qualités athlétiques n’ont jamais été un problème, mais quand les Cardinals ont renouvelé son contrat en 2022 et qu’ils y ont inséré une clause « devoirs », ils ont étalé le doute au grand jour.
Murray, que la rumeur décrit comme un (trop) grand mordu de jeux vidéo, était alors contraint par les Cardinals, noir sur blanc dans son contrat, de consacrer au moins quatre heures par semaine à l’étude du livre de jeux de l’équipe et à la vidéo sur ses adversaires.
Depuis, sa réputation a mangé la volée qu’on imagine ! La question est maintenant de savoir si, avec une autre équipe lui offrant une nouvelle opportunité, il sera motivé à souhait pour fermer le clapet de ses détracteurs. Pour la première fois depuis qu’il a été repêché, il ne se fait pas dérouler le tapis rouge et sa carrière est en jeu. Il n’y a pas meilleur incitatif pour bien faire.
Pas de risques
Les Vikings ne prennent aucun risque en l’embauchant parce que les Cardinals, qui l’ont libéré avant la fin de son contrat, paient son salaire de plus de 36 millions. Le royaume du pourpre ne lui verse donc que le minimum de 1,3 million.
À première vue, Murray, en raison de sa petite stature et de son aversion pour les passes en milieu de terrain, semble mal cadrer avec le système offensif des Vikings.
Ce serait toutefois mal connaître l’entraîneur-chef, Kevin O’Connell, que de penser qu’il ne va pas s’adapter à la mobilité de son nouveau joujou, doté d’un excellent bras et possédant une meilleure vision pour les passes en périphérie.
Murray jouera aux côtés de bonnes armes offensives comme Justin Jefferson et Jordan Addison. C’est l’occasion de briller plus que jamais.
Des airs de déjà-vu
Pour les Vikings, la décision devenait facile. Sans abandonner tout de suite le jeune McCarthy, on ne pouvait rester les bras croisés. Murray et le jeunot pourront se pousser mutuellement.
Il reste qu’au Minnesota, l’impression de revivre un refrain connu se répète. Au fil de leur histoire, les Vikings sont trop rarement parvenus à développer leurs propres quarts-arrière, se rabattant sur les projets échoués des autres.
Sam Darnold, Kirk Cousins, Case Keenum, Sam Bradford, Randall Cunningham, Jeff George et plusieurs autres ont été relancés, souvent avec un succès vif, mais éphémère.
Il y a aussi eu des vétérans en fin de parcours comme Brett Favre et Warren Moon, qui ont tenu momentanément le flambeau de leurs bras meurtris.
Murray devient donc un autre sauveur venu d’ailleurs. Aussi invraisemblable que ça puisse paraître, entre 2010 et 2019, sept quarts-arrière de suite choisis au premier rang du repêchage n’ont donc pas atteint la trentaine avec l’équipe qui les a choisis, dont Murray.
Difficile d’imaginer qu’il puisse obtenir une meilleure opportunité d’atteindre son plein potentiel, avec tout ce qu’il a autour de lui chez les Vikings.
Sinon, il faudra encore conclure qu’il y a bien huit milliards d’humains sur Terre, mais qu’il n’y aura jamais 32 bons quarts-arrière parmi eux.