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Cheffe de mission aux Jeux olympiques de Milan-Cortina: «L’un des plus grands honneurs» de la vie de Jennifer Heil

Kevin Light/Comité olympique canadien
Photo portrait de Richard Boutin

Richard Boutin

2025-03-11T15:00:00Z

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Après son sacre olympique à Turin en 2006, Jennifer Heil effectuera son grand retour en Italie 20 ans plus tard comme cheffe de mission de l’équipe canadienne à l’occasion des Jeux olympiques de Milan-Cortina, qui prendront leur envol dans moins d’un an.

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Médaillée d’or en bosses à Turin et d’argent quatre plus tard à la maison, à Vancouver, la skieuse acrobatique avait été courtisée une première fois, mais elle avait décliné l’offre parce que ses deux enfants étaient trop jeunes pour qu’elle plonge dans une telle aventure. Le Comité olympique canadien (COC) a dévoilé son choix, mardi.

«C’est tellement un grand honneur, l’un des plus grands de ma vie, a-t-elle déclaré. Le sport m’a tout donné dans ma vie. J’utilise les habiletés développées dans le sport comme mère et femme d’affaires. Je veux redonner à la communauté sportive canadienne.»

Dans son for intérieur, Heil ne demandait pas mieux que d’obtenir l’opportunité d’être cheffe de mission, mais elle n’était pas certaine de pouvoir concilier sa vie familiale et celle de jeune entrepreneuse avec cette responsabilité.

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Une poussée qui change la donne

La double médaillée olympique a toutefois reçu la petite poussée nécessaire pour qu’elle accepte la proposition du COC. «Pendant les vacances des Fêtes, alors qu’on grimpait le Mont-Sainte-Anne, Sylvie Bernier m’a encouragée à postuler, a raconté la native d’Edmonton. Quand j’ai été approchée la première fois, mes enfants étaient encore des bébés et c’était impossible d’accepter.»

Le moment était bien choisi pour Heil de vivre cette expérience unique. «Mes enfants ont maintenant 9 et 11 ans et l’expérience acquise au cours des dernières années m’a permis de devenir une meilleure leader. Après trois ans aux États-Unis où j’ai étudié à Stanford et travaillé à Silicon Valley pour démarrer mon entreprise [Rya Health], j’apprécie encore plus les valeurs canadiennes depuis mon retour. Je suis très heureuse d’être de retour à la maison dans notre pays incroyable.»

«Tant mieux si j’ai pu allumer une petite flamme, de renchérir Bernier qui a remporté la médaille d'or au tremplin de 3m aux Jeux olympiques de Los Angeles en 1984. Je suis heureuse pour elle et pour l’équipe canadienne. Ça va être l’expérience d’une vie. Jennifer est une belle personne avec un grand cœur qui sera dévouée pour toute l’équipe. Elle est la personne toute désignée pour inspirer les athlètes, les familles, l’équipe de mission et les bénévoles.»

Une amitié instantanée qui franchit les années

Cheffe de mission adjointe en 2006 à Turin, Bernier avait choisi d’assister à l’épreuve des bosses la journée où Heil s’est hissée sur la plus haute marche du podium. Elle devait toutefois être assise dans les gradins, mais l’attaché de presse du ski acrobatique s’est fracturé une jambe et Bernier s’est retrouvée à la dernière minute dans la zone mixte en relève.

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Les deux femmes qui ne se connaissaient pas se souviennent très bien de cette journée mémorable qui a scellé une amitié pour la vie. «Sylvie a été là pour moi toute la journée et lors de la tournée des médias, a raconté Heil. Elle m’a fait une chaleureuse accolade après ma victoire. Nous sommes restées ensemble depuis cette journée.»

Si Heil a vécu une journée qui restera gravée dans sa mémoire pour toujours, c’est la même chose pour la plongeuse native de Québec.

«Jenn m’a permis de revivre la joie de 1984, a confié Bernier, qui a été cheffe de mission en 2008 à Pékin et de nouveau adjointe en 2012 à Londres aux côtés du nageur Mark Tewksbury. Je pouvais comprendre ce qu’elle ressentait et vivait. Avec Los Angeles, cette journée avec Jenn est l’un des moments forts de mes différentes expériences olympiques. C’est la force des Olympiques alors que tu es habitée par une intensité difficile à décrire. Ça crée des liens forts.»

Bernier se souvient des propos qu’elle avait partagés avec Heil et son conjoint, Dominick Gauthier, après cette médaille historique: «Tu n’as aucune idée comment cette médaille va changer ta vie.» «Des années plus tard, elle m’a dit que j’avais tellement raison», poursuit Bernier.

À l’exception du skieur Ken Read, qui siégeait au conseil d’administration du COC en 1992, le rôle de chef de mission avait toujours été confié à un administrateur avant que le Canada opte pour Bernier en 2008. La plongeuse était devenue la première médaillée olympique à occuper cette chaise.

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