Tour du chapeau complété pour Dubreuil
Le patineur complète sa fin de semaine de rêve sur une bonne note


Richard Boutin
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Laurent Dubreuil a complété son tour du chapeau, dimanche, en raflant l’or de l’épreuve du 1000 m qui concluait le Championnat des quatre continents de patinage de vitesse longue piste disputé au Centre de glaces.
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Grand favori, Dubreuil a toutefois eu une bonne frousse quand l’Américain Conor McDermott-Mostowy ne lui a pas cédé le passage, comme le prévoit la règle lors du premier croisement.
Contrairement à la Coupe du monde de Heerenveen, il y a deux semaines, où l’Américain Jordan Stolz a chuté devant lui pour ruiner sa course, Dubreuil a cette fois-ci été en mesure de finir de belle façon.
« Je suis content du résultat, mais ce n’est pas la course souhaitée, a résumé le médaillé d’argent des Jeux olympiques de Pékin sur 1000 m qui a signé un chrono de 1 min 09 s 278. Je n’ai pas obtenu le temps que je visais et j’ai pensé que cet incident pourrait me coûter la victoire. Ça fait deux semaines consécutives que je subis une malchance.
« Je n’aurais pas réussi un temps de 1 min 07 s comme j’ai fait aux sélections, mais je pense que j’avais un 1 min 08 s dans les jambes, de poursuivre Dubreuil. Je ressentais de la fatigue des deux courses de vendredi. »
Disqualification
Pour sa manœuvre, l’Américain a été disqualifié, lui qui avait signé le deuxième meilleur temps.
« Il est venu me voir après la course pour s’excuser et me dire qu’il était soulagé que j’aie quand même gagné, a raconté Dubreuil. C’est plus facile à accepter parce que j’ai gagné, mais ce n’est pas la fin du monde. Il pensait qu’il pouvait se faufiler, mais il n’y avait pas d’espace. Si Kai Verbij avait agi de la même façon aux Jeux, je n’aurais pas gagné une médaille. »
Dubreuil est convaincu qu’il n’aurait pas été en mesure de monter sur le podium si l’incident s’était produit en Coupe du monde.
« Je ne suis pas assez bon pour gagner une médaille en Coupe du monde si un tel événement se produit. Comme sprinter, j’étais à pleine vitesse et ce n’est pas possible de réaccélérer. J’ai gardé ma technique et ma concentration en espérant que ma priorité après 400 mètres soit suffisante. »
Après avoir vécu son baptême d’une première course internationale à la maison, le patineur de 30 ans veut le revivre.
« J’ai extrêmement hâte à la prochaine compétition internationale à Québec. J’aimerais vivre une Coupe du monde à la maison avant ma retraite et ça serait encore plus fou de disputer un championnat mondial. C’est une opportunité incroyable de faire rayonner notre sport et d’être un modèle pour les jeunes. »
Deuxième médaille pour Lamarche
Après le bronze sur 3000 m, vendredi, Béatrice Lamarche est de nouveau montée sur la troisième marche du podium sur 1000 m.
Jumelée à Valérie Maltais et Maddison Pearman dans la poursuite par équipes, Lamarche a procuré une dernière médaille d’or au Canada. L’équipe masculine composée d’Antoine Gélinas-Beaulieu, Jake Weidemann et Max Halyk a mérité l’argent derrière la Corée.
Avec quatre podiums, dimanche, le Canada termine la compétition avec 14 médailles.
Robert Dubreuil au Temple de la renommée de PVC
La première compétition internationale à Québec depuis 1992 restera gravée longtemps dans la mémoire de la famille Dubreuil.
Si Laurent a volé la vedette avec trois médailles d’or, le paternel, Robert, était aussi sous les projecteurs. Directeur général de la Fédération de patinage de vitesse du Québec (FPVP) depuis 1995, il a été intronisé au Temple de la renommée de Patinage de vitesse Canada (PVC) dans la catégorie bâtisseur.

« C’est un moment émotif parce qu’on célèbre ma vie, a exprimé Robert qui a pris part aux Jeux olympiques de 1988 et 1992 comme patineur. Je suis privilégié de gagner ma vie avec mon sport. Le moment était bien choisi avec la première compétition au Centre de glaces pour lequel j’ai beaucoup travaillé. J’ai passé ma vie à honorer des gens et j’accepte cet honneur avec humilité. »
« Cet honneur signifie que nous faisons beaucoup de bonnes choses au Québec, ajoute le DG de la FPVP. Tout le monde a embarqué dans les projets. Ma famille m’a toujours appuyé même si je travaille trop. »
Laurent a vécu au premier plan l’implication de son père.
« Je ne peux pas imaginer le nombre d’heures qu’il a consacrées au patinage de vitesse, a-t-il souligné. Les semaines de 70 et 80 heures sont nombreuses. C’est un honneur extrêmement mérité. »
« Lors des débuts de mon père, le patinage de vitesse était un sport mineur et la Fédé comptait deux employés à temps plein. Ils sont maintenant dix. Il y a eu la construction du Centre de glaces et des médailles olympiques à chacun des Jeux. Ma passion du sport vient de mes parents (sa mère Ariane Loignon a elle aussi participé aux Jeux) et je peux seulement espérer avoir un aussi grand impact que lui dans le futur. »
Remise spéciale
Robert a remis les médailles du 1000 m, dont celle d’or à Laurent dans un moment rempli d’émotion.
« C’est un moment qui va nous rester longtemps », a confié Laurent.
« L’ouverture du Centre, avec tout le travail que cela a exigé, alors que Laurent est au sommet de sa carrière, c’est le scénario qu’on aurait voulu tous les deux écrire », renchérit Robert.
Le paternel se disait heureux du déroulement du Championnat.
« Le défi était ambitieux, mais c’est mission accomplie, a-t-il affirmé. C’est un tremplin vers le futur. Une Coupe du monde, c’est deux fois plus d’athlètes, mais nous avons démontré que nous sommes capables de l’accueillir. On ne connaît pas les dates, mais on vise d’ici un à trois ans. On souhaite que ça soit rapproché pour conserver le momentum de la fin de semaine. Le terrain de jeu au Canada est assez grand pour la courte piste, avec Calgary et Québec. »