Cette couleur estivale est LA seule qui ne peut pas convenir à tout le monde (et voici pourquoi selon une experte)
Flore Tellier
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Normalement, quand une couleur ne nous convient pas, on ajuste. Si le rose pâle nous donne l’air fantomatique, on glisse vers une version plus saturée, plus profonde, plus affirmée. Si le jaune criard nous écrase le teint, on opte pour un ton plus doux, plus doré. Il y a presque toujours une variation qui finit par faire l’affaire... Presque toujours.
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Parce qu’il existe une couleur estivale très en vogue pour laquelle ce réflexe ne fonctionne tout simplement pas : peu importe la nuance, peu importe l’intensité, il est possible qu’elle ne nous convienne jamais. Selon Gabrielle Proulx, styliste spécialisée en colorimétrie et analyse des couleurs, le phénomène s’explique facilement, et la bonne nouvelle, c’est qu’il ne concerne qu’une seule couleur. Pour aller plus loin, on vous invite à écouter le segment complet avec la professionnelle de la colorimétrie dans la vidéo ci-haut. La styliste y explique les fondements de la colorimétrie.
Le rouge peut être froid. Le jaune aussi. Mais cette couleur, jamais.
En colorimétrie, les couleurs se déclinent en deux registres : chaud ou froid. Le rouge peut être framboise ou bordeaux (froid) tout comme il peut être tomate ou brique (chaud). Le jaune peut être citron (froid) ou moutarde (chaud). Même le vert, le rose et le bleu naviguent entre les deux. La couleur dont on parle, elle, n’a pas de version froide. On parle du orange.
Sous-ton chaud ou froid : comment savoir
Le sous-ton de peau est la teinte sous-jacente qui transparaît sous le pigment de surface. Il ne change pas avec le bronzage et ne correspond pas forcément à la carnation. Quelques repères rapides pour l’identifier :
Sous-ton froid : les veines au poignet paraissent bleutées ou violacées, les bijoux argent sont naturellement plus flatteurs que l’or, et le blanc pur est plus harmonieux que le blanc cassé sur le visage.
Sous-ton chaud : les veines tirent vers le vert ou l’olive, l’or et le bronze rehaussent le teint, le blanc cassé ou crème est plus doux que le blanc pur.
Sous-ton neutre : les deux registres fonctionnent à peu près aussi bien, ce qui donne une flexibilité rare dans le choix des couleurs.
Pourquoi le orange est particulièrement difficile pour les sous-tons froids
Avec un sous-ton froid, la chaleur intense du orange crée un contraste qui accentue ce qu’on cherche généralement à équilibrer : les rougeurs, les teintes grisées ou les tons bleutés naturels de la peau. L’effet « visage qui disparaît » que beaucoup décrivent en essayant du orange vient précisément de là.
Pour d’autres couleurs chaudes, il existe toujours un compromis possible : on choisit un rouge plus framboise que tomate, un jaune plus citron que moutarde. Pour le orange, ce compromis n’existe tout simplement pas
Ce qu’on porte à la place
Si l’énergie chromatique du orange vous attire, mais que votre sous-ton est froid, il y a plusieurs directions à explorer qui procurent le même effet de couleur affirmée, sans le heurt.
Pour la même profondeur et la même chaleur visuelle : le bordeaux, le rouge framboise, le brun qui tire vers le prune. Ces teintes ont la richesse du orange sans son rayonnement purement chaud.
Pour le même punch de couleur vive : le fuchsia, le corail rosé (à distinguer du corail orangé), le bleu cobalt, le violet franc. Des couleurs qui s’assument autant que le orange, mais dans un registre qui s’harmonise avec les sous-tons froids.
Pour rester dans les neutres flatteurs : le rose poudré légèrement frais, le beige rosé, le camel clair. Des couleurs qui réchauffent l’ensemble sans créer de contraste difficile à l’approche du visage.
Et si le orange vous appelle quand même ?
Première stratégie : on le garde en bas. Un pantalon, une jupe, des sandales. Plus la couleur s’éloigne du visage, moins le sous-ton entre en jeu.
Deuxième façon de porter du orange : on mise sur les motifs. Une robe ou un chandail qui intègre le orange dans un imprimé ou une rayure, plutôt qu’en aplat, dilue considérablement son effet. L’astuce, c’est de choisir un motif où le orange est accompagné d’une couleur froide : un rose framboise et orange, par exemple, ou un bleu et orange. La teinte froide vient équilibrer visuellement et « tempérer » ce que le orange a de trop chaud au contact du visage. On ne l’évite pas complètement, mais on l’apprivoise.
La troisième stratégie : tricher avec le maquillage. Un bronzeur généreux sur les pommettes, un fard à joues dans les tons pêche ou terra, et le tour est presque joué. L’idée n’est pas de changer de sous-ton, mais de réchauffer temporairement le teint pour réduire l’écart entre la fraîcheur naturelle de la peau et la chaleur du orange. La couleur portée près du visage dialogue toujours avec le maquillage du jour, pas seulement avec la peau nue.
Si l’envie de faire le point sur ses couleurs vous a traversé l’esprit en lisant ceci, c’est probablement signe qu’une consultation avec une styliste spécialisée vaut le détour. Gabrielle Proulx offre ce type d’accompagnement via Stylisme par Gabrielle. On peut vous le confirmer, la colorimétrie, c’est une de ces choses qu’on comprend vraiment mieux quand quelqu’un l’applique à nous en personne !