C’était la coupe Stanley ou rien


Mylène Richard
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S’il y a une différence notoire entre les années 1970, quand Brendan Kelly est tombé sous le charme du Canadien, et aujourd’hui, c’est certainement l’objectif de la formation en début de saison.
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«Si tu ne gagnais pas la coupe, c’était un échec. Dans les années 1990, on voulait juste faire les séries. Oui, il y a plus d’équipes maintenant, le hockey a changé, mais on n’a même plus besoin de gagner, on veut développer et aujourd’hui, on veut juste être dans le mix [course aux séries].»
Les partisans ont aussi changé, selon Kelly. Plusieurs n’ont jamais vu un défilé sur la rue Sainte-Catherine et se contentent de peu.
«Serge Savard m’a raconté qu’il était au Centre Bell il y a deux ans, en fin de saison. Et quand Boston avait marqué, les spectateurs avaient applaudi parce qu’ils espéraient un meilleur choix au repêchage. Il n’en revenait pas.»

«Un club comme les autres»
Parmi les anciens joueurs et dirigeants, les chroniqueurs, les journalistes, les historiens, les politiciens et les artistes à qui Kelly a parlé, nombreux sont ceux qui ont raconté leur histoire d’amour avec le CH, mais certains, comme le réalisateur Denys Arcand, sont maintenant indifférents.
«Pour lui, c’est juste une équipe comme les autres. Les dirigeants comprennent ce symbole, mais ils gèrent l’équipe comme on gère les Rangers de New York ou les Kings de Los Angeles», explique l’auteur du livre Le CH et son peuple.

La fièvre des séries
Malgré les difficiles dernières décennies, Kelly soutient qu’il n’y a rien de mieux qu’une participation aux séries, «même si l’équipe n’est plus autant francophone et que l’attachement à la communauté est moins là».
«Dès que le Tricolore participe aux éliminatoires, il y a un déclic. On l’a vu avec le “printemps Halak” en 2010, puis en 2014 et en 2021. Il se passe quelque chose. Tout le monde devient des fans, même ceux qui n’ont pas vu un match de la saison. C’est plus grand que l’équipe, plus grand que le hockey.»
«En 2021, c’était en même temps la fin des restrictions sanitaires. Le soir de la Saint-Jean, le 24 juin, le CH se qualifie pour la finale, grâce notamment au Québécois Phillip Danault. Il y avait des partys partout dans les rues. Ça démontre toute l’importance de cette équipe et son pouvoir», fait valoir Kelly, piquant la curiosité d’une cliente assise près de nous dans un café du Mile End.
La discussion s’est poursuivie avec la dame, qui, sans être une mordue du Canadien, avait plein de choses à raconter sur le sujet. Preuve que le CH coule dans les veines de bien des Québécois.
