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L’histoire du Canadien et celle du Québec sont étroitement liées

Brendan Kelly, auteur du livre «Le CH et son peuple», dans le quartier Mile-End, à Montréal.
Brendan Kelly, auteur du livre «Le CH et son peuple», dans le quartier Mile-End, à Montréal. Photo PIERRE-PAUL POULIN
Photo portrait de Mylène Richard

Mylène Richard

2024-10-07T23:00:00Z

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Pour plusieurs, le Canadien est une religion, une organisation historique, la plus titrée au hockey. Au-delà des 24 coupes Stanley, le Tricolore est le reflet de la société québécoise, selon la thèse avancée dans le livre Le CH et son peuple.

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Bien conscient que les bouquins sur le CH sont nombreux, l’auteur Brendan Kelly a voulu y apporter un regard différent en tant qu’ancien journaliste aux arts et spectacles. Au départ, il s’interrogeait sur les raisons du déclin du Canadien, lui qui voit le CH comme une «entité culturelle qui tente de garder ses partisans».

Rapidement, le Montréalais a constaté que les parallèles entre l’histoire du club et celle du Québec étaient nombreux et significatifs.

«L’émeute de Maurice Richard en 1955 en est le parfait exemple, relate Kelly, rappelant que le club a été fondé en 1909 pour les Canadiens français. L’histoire du Canadien a carrément changé la société. C’était une des catalyses pour la Révolution tranquille. Les gens étaient en colère parce que Maurice avait été suspendu par la ligue, dirigée par des anglophones, alors qu’il était le héros canadien-français.»

Maurice Richard
Maurice Richard Photo d’archives LE JOURNAL

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L’effervescence et les référendums

C’est dans les années 1970 que l’homme de 62 ans a commencé à suivre les activités du Canadien avec Guy Lafleur, Serge Savard, Yvan Cournoyer, Yvon Lambert et Jacques Lemaire.

«Tout allait bien. Il y avait une effervescence dans la société, dans les arts, en politique avec la montée du nationalisme et le Parti Québécois. On a eu les Jeux olympiques. En même temps, on a peut-être eu les meilleures formations dans l’histoire du hockey. Les Flying Frenchmen [les «francophones volants»] étaient les leaders. Mais il y avait aussi des vedettes anglophones comme Bob Gainey, Larry Robinson et Ken Dryden», mentionne-t-il.

Puis, en 1980, il y a un premier référendum. Pendant que le camp du Oui subit la défaite, c’est le début de la descente aux enfers du Canadien après avoir soulevé cinq fois la coupe Stanley dans la dernière décennie. C’est aussi en 1980 que le CH a préféré Doug Wickenheiser à Denis Savard au premier rang du repêchage. Le premier d’une longue série de mauvais choix.

«Malgré des championnats surprises en 1986 et 1993, c’est une décennie plus difficile pour le CH, ainsi que pour le Québec», analyse Kelly.

Patrick Roy lors de son dernier match avec le Canadien, le 2 décembre 1995, face aux Red Wings de Detroit.
Patrick Roy lors de son dernier match avec le Canadien, le 2 décembre 1995, face aux Red Wings de Detroit. Photo d’archives LE JOURNAL DE MONTRÉAL

Départs de Savard, de Demers et de Roy

L’année 1995 est d’autant plus évocatrice, selon le journaliste et chroniqueur. Après le départ des Nordiques en mai, le directeur général Serge Savard et l’entraîneur-chef Jacques Demers sont congédiés en octobre.

«Savard est le dernier DG qui a gagné, mais le dernier aussi qui avait comme priorité d’avoir le plus de joueurs québécois. Il pensait, avec raison, que si tu prends des joueurs locaux, ils vont en donner plus, car ils ont grandi avec le Bleu-Blanc-Rouge. En 1993, il y avait 14 joueurs québécois qui ont aidé le CH à triompher. On ne pourrait pas avoir ça aujourd’hui, mais ce n’est pas normal qu’on ait eu un match sans francophone en 2021», souligne Kelly.

À la fin d’octobre 1995, il y a eu une seconde défaite référendaire, crève-cœur pour les souverainistes. Les deuils étaient nombreux dans la Belle Province.

«Le nationalisme québécois était au plus bas, comme le nationalisme au sein de l’organisation du CH», observe Kelly.

Finalement, Patrick Roy a été échangé quelques semaines plus tard, ce qui a marqué «le début d’une période noire».

«On commence seulement à se sortir de ça, 30 ans plus tard!»

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