«C’est tellement fou d’être rendu dans la NFL!»: le Montréalais Rohan Jones fier d’obtenir une opportunité avec les Rams


Stéphane Cadorette
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La route vers la NFL n’a pas été de tout repos, mais l’ailier rapproché montréalais Rohan Jones vit enfin son rêve. Embauché comme agent libre par les Rams de Los Angeles, il se fait la promesse qu’il mettra tout en œuvre pour que sa nouvelle équipe ne regrette pas sa décision.
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« En tant que compétiteur et en tant qu’amateur de la NFL depuis toujours, c’est ce dont j’ai toujours rêvé. C’est tellement fou d’être rendu dans la NFL !
« Dans une semaine, je vais porter un jersey d’une équipe de cette ligue-là à mes premières pratiques avec un superbe quart-arrière (Matthew Stafford), qui vient de gagner le titre de joueur le plus utile de la ligue. Je ne pourrais pas être plus excité par cette opportunité », s’est émerveillé Jones lors d’un entretien.
Le 7 mai, le jeune homme de 24 ans s’installera à Los Angeles pour le début de ce qu’il espère être une longue nouvelle vie.
« C’est un moment que j’attendais depuis plusieurs années. Il y a eu énormément de travail. Je ressens beaucoup d’émotions, beaucoup de joie », a-t-il continué.
Une vingtaine d’équipes
L’athlète de 6 pi 3 po et 235 livres affirme qu’il a été en contact avec une vingtaine d’équipes dans les semaines précédant le repêchage. Les Rams lui ont démontré beaucoup d’intérêt et pensaient même le repêcher.
Samedi, il était entouré de ses proches, chez sa grand-mère, pour vivre le grand moment.
« Ils m’avaient dit qu’ils allaient sûrement me repêcher avec leur deuxième choix de septième ronde. Ils ont fini par échanger ce choix. Mon agent continuait de parler à des équipes, mais avant même que le repêchage se termine, on s’était déjà engagés verbalement avec les Rams », a-t-il raconté.

Féroce compétition
Jones sait pertinemment qu’il n’aura pas la vie facile pour se tailler une place. Non seulement les Rams sont des aspirants sérieux aux grands honneurs, mais ils misent déjà sur une belle profondeur au poste d’ailier rapproché.
L’ancien du Collège Jean-Eudes et du Cégep André-Grasset devra se faire valoir parmi les Colby Parkinson, Tyler Higbee, Terrance Ferguson et Davis Allen. C’est sans parler du fait qu’ils ont repêché un autre ailier rapproché, Max Klare, d’Ohio State, en deuxième ronde.
« Les entraîneurs semblent vraiment croire en moi. Ils ont de bons joueurs à ma position, mais j’ai la chance d’apprendre de ces bons joueurs dans une équipe qui compétitionne à chaque année pour les éliminatoires. L’opportunité était trop bonne.
« Mon bagage d’habiletés est différent de celui des autres ailiers rapprochés. Ils ont souvent des gars grands et gros, tandis que je suis un peu plus petit, mais très athlétique. Je ressemble à un receveur et ils ont un plan pour moi. C’est à moi de prouver qu’ils ont pris la bonne décision. »
Un autre recommencement
Jones se retrouvera donc dans un tout nouvel environnement, mais il en a l’habitude. Il l’a vécu une première fois en faisant le saut du football québécois à l’Université du Maine. Il s’est ensuite adapté à deux autres gros changements en passant à l’Université Montana State, puis à Arkansas.
« J’ai eu à recommencer trois fois dans un nouvel environnement, à apprendre un nouveau système de jeu. À chaque fois je fais ma place et je compétitionne à un haut niveau. Pour moi, ce sera une quatrième fois à m’adapter et je n’ai pas de problème avec ça », a-t-il statué.
Ouvert à la Ligue canadienne

Même s’il mettra toutes ses énergies à l’accomplissement de son rêve dans la NFL avec les Rams, Rohan Jones assure qu’il serait fier si sa carrière devait plutôt le conduire éventuellement dans la Ligue canadienne.
Absent du camp d’évaluation de la LCF en mars, Jones a concentré ses efforts sur son Pro Day en Arkansas. Il figure au sixième rang des espoirs canadiens au repêchage de mardi soir.
« Je travaille sur mon rêve de la NFL, mais je me sens choyé d’avoir aussi cette opportunité avec la LCF. Mon plan A, c’est d’y aller all in pour la NFL, mais une carrière dans la NFL dure en moyenne quatre ans. Je ne sais pas si j’y serai pendant deux ans, quatre ans ou 10 ans. Après ce que j’aurai eu à vivre dans la NFL, je serais super content de jouer dans la LCF. Je serais fier, comme Montréalais, de jouer dans mon pays », a-t-il signalé.
Même s’il est conscient de l’ampleur du défi devant lui, Jones n’entend certainement pas changer la recette qui l’a toujours bien servi.
« Je joue avec beaucoup de confiance et mentalement, j’approche le football de la même manière que quand je jouais à Jean-Eudes. Je suis sur le terrain pour avoir du plaisir et réaliser des gros jeux.
« C’est évident que maintenant, c’est un autre niveau, mais cette approche m’a bien servi au secondaire, au cégep, puis en division 1 aux États-Unis à différents niveaux jusque dans la grosse conférence de la SEC. Je vais garder le même état d’esprit », a-t-il assuré.
Un DG aux aguets
De son côté, le directeur général des Alouettes, Danny Maciocia, est de ceux qui pensent que Jones pourrait aider n’importe quelle formation dans la LCF. Il souhaite avant tout qu’il aille au bout de ses ambitions.
« Il y a probablement neuf équipes sur neuf qui ont un intérêt pour Rohan dans la Ligue canadienne. Personnellement, je le connais un peu puisqu’il a joué au Collège André-Grasset. Je connais aussi plusieurs de ses anciens entraîneurs. On a eu quelques rencontres avec Rohan. C’est un excellent joueur de football, mais au moment où on se parle, il y a un camp qui l’attend avec les Rams et nous sommes très fiers de lui », a-t-il commenté.
- Avec la collaboration de Benoît Rioux