«C’est le jour et la nuit après l’opération»: une réduction mammaire a changé sa vie


Félix Desjardins
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La vie d’une Québécoise qui a subi une réduction mammaire après cinq ans d’attente a été complètement transformée par cette opération.
« L’attente a 100 % valu la peine », dit Émilie Simard-Rufiange, 29 ans, qui se sent enfin bien dans sa peau et son corps. En décembre dernier, un chirurgien plastique lui a retiré 454 grammes de tissu par sein.
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Après avoir obtenu la confirmation que l’intervention chirurgicale allait être couverte par la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) au début de la pandémie, elle a dû patienter cinq ans avant de recevoir l’appel tant attendu. Cette décision était donc mûrement réfléchie.
« J’ai une forte poitrine depuis que j’ai 15 ans, confie-t-elle. La vie a fait son chemin et je n’étais plus confortable dans mon corps. J’ai même développé une scoliose à cause de ma posture, parce que je penchais trop par l’avant. »
Lorsqu’elle avait 16 ans, Mme Simard-Rufiange, aujourd’hui agente administrative de Blainville, avait d’ailleurs consulté un chirurgien au privé, qui lui avait déconseillé de procéder à une intervention avant que sa croissance ne soit complétée.
Se réapprivoiser
Ce n’est donc que 13 ans plus tard qu’elle est passée sous le bistouri, dans une clinique montréalaise privée qui accepte les dossiers de la RAMQ.
« Ça s’est super bien passé, raconte-t-elle. Mon rendez-vous était à midi et, à 16h, j’étais sortie. Après deux semaines de convalescence, j’étais de retour en télétravail et une semaine plus tard, je pouvais conduire. »
Elle a ainsi pu tourner la page sur de nombreux irritants qui lui ont nui pendant la moitié de sa vie. Adieu douleurs lombaires fréquentes, soutien-gorge sur mesure à 200 $, estime de soi fragilisée...
« Ça peut sembler anodin pour certains, glisse-t-elle. Mais pour celles qui le vivent... c’est le jour et la nuit après l’opération.
« Quand j’ai enlevé les bandages, j’ai pleuré. J’étais tellement émotive de mettre un gros chapitre derrière moi et de pouvoir me réapprivoiser. »
« Je me sentais coupable et un peu honteuse »

Une jeune athlète québécoise qui s’apprête à subir une réduction mammaire a dû surmonter un sentiment envahissant de culpabilité avant de faire les démarches pour « changer son corps esthétiquement ».
La vie de Charlie Forest, 21 ans, gravite autour du patinage artistique, elle qui est membre de l’équipe de calibre mondial Les Suprêmes. À l’âge de 18 ans, elle a été surprise par une poussée de croissance significative à la poitrine qui est venue perturber sa vie et ses performances sur la glace.
« Pendant deux ans, je me disais que je pouvais vivre avec ça, parce que j’avais beaucoup de misère avec le fait de changer quelque chose que mes parents m’ont donné, confie-t-elle. Je me sentais coupable et un peu honteuse, parce qu’on me disait que j’étais belle comme ça ou que [ma poitrine] n’était pas si grosse que ça. »
Son équilibre sur la glace, compromis par la répartition inégale de son poids, n’est qu’un exemple parmi tant d’autres de facettes de sa vie qui devraient être améliorées par la chirurgie.
Le 16 avril prochain, à Montréal, elle subira l’opération, seulement six mois après que son nom a été ajouté à la liste d’attente de la RAMQ. « Je me sens presque mal... je sais que certaines femmes attendent depuis un bout.
« Il n’y a pas une journée qui passe sans que j’y pense, conclut-elle. À tous les jours, je me regarde dans le miroir et je vois une image qui ne me ressemble pas. Je me suis tellement souvent fait dire que j’étais chanceuse, mais je ne me suis jamais sentie comme ça. »