Tous les résultats
Publicité

«C’est ça, le direct, on ne peut pas tricher, c’est du vrai, juste du vrai»: l'expérience de la télé en direct

Photo Martin Chevalier

Eve-Marie Lortie

2026-03-27T04:00:00Z

Partager

Salut Bonjour, chers lecteurs. Il est 6h30, j’entends la chanson thème de l’émission. Je prends une grande respiration parce qu’on part pour les quatre prochaines heures de télévision en direct. C’est comme ça TOUS les jours.

• À lire aussi : « Elle fait des blagues comme une gamine, même si elle vit avec la maladie d’Alzheimer »: comment retrouver son cœur d’enfant

• À lire aussi : « Qui ici croit avoir le bonheur facile ? »: Pierre Hébert et Christian Tétreault se confient à Eve-Marie Lortie

• À lire aussi : « Plus que jamais, on doit se tenir ensemble, les filles »: le plaidoyer d’Eve-Marie Lortie à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes

Chaque fois, mon pouls s’accélère juste un peu. Rien d’inconfortable, juste un rythme plus soutenu qui me rappelle que je suis vivante, que mon métier me demande d’être concentrée, présente, énergique pendant les prochaines heures. Il faut que je conserve le même niveau d’énergie à partir du moment où la caméra s’allume jusqu’à ce qu’elle s’éteigne à la toute fin de l’émission, à 10h30 pile. 

L’expérience grisante du direct

La plupart de mes collègues qui font ce métier vous diront à quel point c’est grisant de travailler en direct. Quand on se trouve sans filet, un vertige nous donne des ailes. Le cerveau fonctionne « vite vite vite », toujours prêt à rebondir, à poser la bonne question, à trouver les bons mots. C’est pour ça que le direct nous pousse soit dans nos meilleurs moments, soit dans des moments franchement embarrassants. 

Publicité

Sachez que chaque faux pas, même ceux qui peuvent être comiques, nous place dans une situation qu’on aurait préféré éviter. Comment disent-ils au hockey ? Ah oui, « le gardien aurait aimé revoir le tir ». Mais une émission en direct, c’est ça. On arrive préparés, pourtant je constate parfois que ce ne sont pas tout à fait les mots que j’aurais choisis pour mon intervention. 

Tous les jours, j’ai au moins 10 pages de contenu à lire en plus des grands titres de journaux, des séries télé, des livres, des films et des disques à écouter avant de rencontrer les invités. Une formidable brigade de recherchistes entoure tous les membres de l’équipe pour qu’on puisse arriver en se sentant solides en ondes. Le reste... c’est la journée qui va nous surprendre. Et c’est ce que l’équipe de Salut Bonjour préfère.

Simon Philibert : carburer au direct

Simon Philibert et Eve-Marie Lortie aux actualités dans le cadre de l’émission Salut Bonjour le lundi 16 mars 2026. PHOTO MARTIN CHEVALIER
Simon Philibert et Eve-Marie Lortie aux actualités dans le cadre de l’émission Salut Bonjour le lundi 16 mars 2026. PHOTO MARTIN CHEVALIER Photo Martin Chevalier

Prenez l’exemple de mon collègue, Simon Philibert, aux côtés de qui j’anime le segment des nouvelles. Aux informations, tout bouge rapidement. La nouvelle du soir n’est plus la même au petit matin. 

« Aux nouvelles et à Salut Bonjour, on vit littéralement au rythme de l’actualité, m’explique-t-il. Ça bouge sans arrêt avant et pendant l’émission, et parfois même pendant un bulletin de nouvelles, alors qu’on est en direct. Une info de dernière heure tombe et tout bascule : la planification, les enchaînements... C’est ça, la force du direct et surtout, la force de l’équipe. On vit l’actualité au même moment que tout le monde. Il faut être prêt à tout, tout le temps. Et c’est ce qui rend ce métier si exigeant... et aussi excitant. »

Publicité

Marie-Andrée Leblond : une météo prête à tout

Marie-Andrée Leblond qui fête son premier anniversaire de travail à la météo dans le cadre de l’émission Salut Bonjour le lundi 16 mars 2026. PHOTO MARTIN CHEVALIER
Marie-Andrée Leblond qui fête son premier anniversaire de travail à la météo dans le cadre de l’émission Salut Bonjour le lundi 16 mars 2026. PHOTO MARTIN CHEVALIER Photo Martin Chevalier

Pendant l’émission, on fait souvent le même enchaînement. Les nouvelles, suivies de la météo, et on poursuit avec les sports, le culturel, la techno ou une entrevue. Les rendez-vous à la météo servent à nous informer, à donner un aperçu des conditions réelles à l’extérieur du studio et à changer de ton entre des informations plus dramatiques, des moments plus sensibles et pour continuer vers d’autres choses. La présence de Marie-Andrée Leblond à la météo, avec son sourire et ses connaissances des situations météo, aide beaucoup. Je vous confie un secret de tournage : il arrive qu’un invité ne soit pas encore prêt, et quand cela arrive, on retourne voir Marie-Andrée, qui rapidement intervient brillamment en onde.  

« Le direct, c’est de l’adrénaline et de l’imprévu, mais surtout du vrai. On a un cadre, mais il y a toujours une part d’inattendu, et c’est ce qui rend chaque matin unique. Avec le temps, on apprend à être à l’écoute, à rebondir, à faire confiance à ce qui se passe dans le moment. En météo, je le vis avec vous en temps réel, et si je peux informer, faire sourire et créer un moment de connexion, pour moi, c’est mission accomplie. » 

Publicité

Patrick Benoit : aucune marge de manœuvre

Patrick Benoit à la circulation dans le cadre de l’émission Salut Bonjour le mercredi 18 mars 2026. PHOTO MARTIN CHEVALIER
Patrick Benoit à la circulation dans le cadre de l’émission Salut Bonjour le mercredi 18 mars 2026. PHOTO MARTIN CHEVALIER Photo Martin Chevalier

J’ai une admiration sincère pour mon collègue Patrick Benoit, qui présente la circulation. Patrick est en ondes à des heures imprécises, selon les pauses publicitaires, et il est en ondes souvent. Il est sur l’antenne à Montréal et à Québec. Il possède un vocabulaire enrichi, il fait des blagues, il connaît tous les réseaux routiers, il a une voix apaisante. Il dispose d’une minute, une minute 20 secondes tout au plus pour rendre son contenu en direct, sans marge de manœuvre... sinon on coupe la fin de sa phrase. Patrick a quelques années de métier derrière la cravate, en télé et en radio, et le direct lui fait vivre encore de belles émotions.

« Le direct, c’est la capacité de gérer l’adrénaline quand ça ne se passe pas comme prévu et de calmement rendre ça normal, voire d’en faire un bon moment de télé, tout en affrontant le temps qui s’égrène et sans pouvoir se reprendre. J’adore ! »

La télé en direct pendant 4 heures donne surtout de bons moments. Des rires francs, des confidences inattendues, des silences qu’il faut apprendre à respecter. De vous savoir avec nous, chaque matin, pour vivre ces moments de pure authenticité, c’est précieux. Parce que c’est ça, le direct, on ne peut pas tricher, c’est du vrai, juste du vrai.

Publicité
Publicité