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Personnes trans: «Certains commentateurs devraient s’informer mieux avant de parler», dit Jasmin Roy

Photo portrait de Sarah-Florence  Benjamin

Sarah-Florence Benjamin

2024-08-06T20:00:00Z

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À peine un peu plus d’une personne trans sur trois au Québec (37%) a recours à une chirurgie affirmative de genre, révèle un nouveau sondage effectué pour le compte de la Fondation Jasmin Roy Sophie Desmarais.

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«Dans la population, beaucoup de gens pensent que d’être trans, c’est automatiquement avoir recours à la chirurgie ou aux hormones. On entend beaucoup de choses, on voulait remettre les pendules à l’heure», explique le président de la fondation, Jasmin Roy.

L'enquête dévoile que les hommes trans sont plus nombreux que les femmes trans à recourir à une chirurgie affirmative de genre: 48% contre 29%.

Plus de trois personnes trans sur quatre ayant participé au sondage ont également indiqué avoir suivi un traitement hormonal, qui permet d’affirmer les caractères sexuels secondaires de genre désirés. 

Chez les jeunes de 15 à 17 ans, seulement 4% des répondants avaient subi une chirurgie et 28% avaient commencé la prise d’hormones. 

«Certains commentateurs devraient s’informer mieux avant de parler, mais ce n’est pas juste les médias», souligne M. Roy, qui déplore la polarisation du débat entourant les enjeux trans. 

Plus de la moitié des répondants (53%) estiment par ailleurs que l'accès aux chirurgies affirmatives de genre ou aux traitements est difficile. 

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Plus de violences 

Autre constat inquiétant: les personnes issues de la diversité sexuelle et de genre sont plus souvent victimes de violence que la population générale, en particulier les jeunes personnes trans et non binaires.

Au cours des 12 derniers mois, près de la moitié des répondants au sondage appartenant à la communauté LGBTQ+ (46%) ont rapporté avoir subi de la violence, le double de la population générale (23%). Les jeunes trans de 15 à 17 ans sont les plus touchés.

Pourcentage des jeunes répondants trans de 15 à 17 ans ayant subi divers types de violence

  • Violence verbale: 51%
  • Violence psychologique: 27%
  • Cyberviolence: 26%
  • Intimidation répétée: 29%
  • Violence physique: 12%
  • Violence à caractère sexuel: 12%

Les actes de violence que subissent les jeunes trans sont commis le plus souvent par des hommes (73%). Chez les jeunes de 15 à 17 ans, l’agresseur est généralement un autre jeune de moins de 18 ans (66%).

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Les personnes issues de la diversité sexuelle et de genre ont également une moins bonne santé mentale que la population générale. 

Soixante pour cent de ces répondants évaluent l’état de leur santé mentale comme «passable» ou «mauvaise», contre 23% pour le reste de la population. Ils sont également bien plus nombreux à avoir reçu un diagnostic de dépression: 49% contre 26% pour la population générale.

Quarante pour cent de ces répondants issus de la communauté LGBTQ+ ont finalement rapporté avoir eu des pensées suicidaires dans les 12 derniers mois. 

«Quand 40% d’un groupe a des idées suicidaires, je me poserais des questions comme société. Je vois ça comme un appel à l’aide et je pense que c’est pour ça qu’autant de gens ont répondu à notre sondage. Il faut revoir les plans d’actions du gouvernement parce que c’est un problème systémique», insiste Jasmin Roy.

Quelques chiffres

  • 0,14%: le pourcentage de la population québécoise de plus de 15 ans qui se définit comme trans. 
  • 0,9%: le pourcentage de la population québécoise de plus de 15 ans qui se définit comme non binaire.
  • 0,33%: le pourcentage de la population canadienne de plus de 15 ans qui se définit comme trans ou non binaire.
  • 8481: le nombre de Canadiens qui ont répondu au sondage de la Fondation Jasmin Roy Sophie Desmarais, dont 7481 étaient issus de la diversité sexuelle et du genre. 
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