Ce titre remporté par Gabriel Diallo donne encore des frissons


Jessica Lapinski
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NEW YORK | Louis Després a encore des frissons quand il raconte l’anecdote, six ans plus tard. Un jeune Gabriel Diallo, 16 ans, venait de remporter son tournoi, une véritable institution à Québec. «Quand on prenait la photo avec les gagnants, j’ai mis ma main dans son dos. J’ai senti qu’il tremblait», se remémore le grand passionné de tennis, qui était lui-même un joueur très doué.
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Ses amis, tous aussi mordus que lui de la petite balle jaune, lui avaient vanté le talent de ce grand adolescent. La première année, Diallo était blessé, alors l’homme derrière le tournoi Louis Després Invitation n’avait pu saisir pleinement l’ampleur de son potentiel.
Mais lors de la deuxième, ce qu’il avait vu sur le terrain l’avait épaté. Le jeune joueur mesurait déjà 6 pi 4 po. Il avait une force de frappe incroyable. Le Montréalais avait alors démoli la compétition, se souvient M. Després, et il allait le faire une autre fois, en 2019.
Ce qui marque surtout le conseiller financier encore aujourd’hui, toutefois, c’est cette vive émotion du champion après ce premier titre remporté au Club Avantage Multi-Sports de Québec. «J’en ai vu pleurer. Mais trembler, comme ça? C’était la première fois», explique-t-il.
«Après le tournoi, je pose toujours mes questions. Je lui ai demandé: “Es-tu heureux?” Il m’a répondu: “Vous ne pouvez pas savoir comme je suis heureux.”»
Le premier championnat
Le tournoi Louis Després Invitation est réservé aux joueurs de tennis de la région de Québec. Diallo avait toutefois pu le disputer, car à l’époque, il avait quitté Montréal afin de s’entraîner à l’Académie Aliassime. Il résidait chez le père de Félix Auger-Aliassime, Sam.
Le jour de la finale, toute la famille Diallo était partie de la métropole afin d’assister au match de leur protégé. «Je ne sais plus il y avait combien de voitures!», raconte M. Després.
«Et c’est quand j’ai parlé avec son père, par la suite, que j’ai compris les émotions de Gabriel. Son père m’a dit: “C’est le premier championnat qu’il gagne depuis qu’il a quitté Montréal.” Et après, tout le clan avait demandé à ce que l’on prenne une photo.»
Le plus émouvant
Évidemment, tout le mérite des résultats qu’obtient désormais Diallo revient au joueur, à ses proches et à ceux qui l’ont accompagné dans toutes les étapes de son parcours. Louis Després ne s’approprie aucune part de sa réussite.
«Mais je n’avais rien vécu d’aussi émouvant au tournoi, dit celui qui a organisé l’événement pendant 26 ans, et qui espère qu’il sera de retour l’an prochain. Je me dis que si mon tournoi a au moins pu permettre à un joueur de vivre de ce qu’il a ressenti, ce jour-là, c’est incroyable.»
Il avait vu juste
Encore aujourd’hui, M. Després suit de près la carrière de son champion et regarde une grande partie de ses matchs, même ceux sur le circuit Challenger. Et à sa grande joie, une prédiction qu’il avait faite, dans son discours après l’une des finales de Diallo à son tournoi, est en voie de se réaliser.
C’est qu’il a assuré, devant tous les gens présents, que Diallo serait un jour dans le top 100. Ce qui lui avait valu quelques moqueries de ses amis, par la suite.
Mais Diallo sera au minimum 103e au monde lors de la prochaine parution du classement de l’ATP. Et il n’a que de 22 ans.