Ce que la pandémie a changé dans nos vies


Claude Villeneuve
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Il y aura un an cette semaine, l’OMS faisait passer la COVID-19 au niveau de pandémie mondiale et François Legault déclarait l’état d’urgence sanitaire.
À ce moment-là, j’ai écrit un texte intitulé « Qu’est-ce qui change dans nos vies ? » tentant de prédire de quoi les prochains mois seraient faits.
Exercice parfois un peu cruel, voyons voir si je me suis trompé... ou pas !
1. Des proches seront infectés
Dans mon entourage, ça n’a vraiment pas été aussi grave que je le craignais alors qu’on nous disait que, sans distanciation sociale et sans confinement, de 30 à 70 % de la population pourrait être infectée.
J’ai plusieurs amis qui ont eu la COVID-19, dont quelques-uns traînent encore des symptômes plusieurs mois plus tard. Personne dans ma famille n’a été infecté, toutefois. Quelques connaissances à moi en sont mortes, aussi.
Avec le recul, on constate que c’est le système de santé qui a casqué. Les gens qui vivent en CHSLD et celles et ceux qui travaillent dans les établissements.
Eux, ils en ont connu, des grands malades, quand ce n’était pas eux-mêmes.
2. On remettra des activités
Je ne m’étais pas trompé, mais je ne savais pas que c’était aux calendes grecques que ces activités étaient remises.
Nous ne sommes pas retournés au karaoké, les billets achetés pour le Bora Parc ramassent de la poussière, alors que nos spectacles prévus ont été annulés. On devait se marier en octobre, ma blonde et moi. On a fait un bébé, finalement.
3. Des gens manqueront le travail
Ça, c’est arrivé, et, bien au-delà des lits, c’est ce qui a fait souffrir le système de santé : toutes ces travailleuses et tous ces travailleurs tombés au combat, par contamination ou par épuisement.
Pour bien des gens, aussi, c’est le travail qui leur a manqué, confinés chez eux à faire du télétravail.
4. Il faudra s’occuper de nos enfants
Prendre soin des enfants, dans les garderies, à l’école, mais pas par les grands-parents vulnérables, ça a été un grand enjeu de cette crise.
Qu’on ait pu garder les écoles ouvertes, c’est un des plus grands succès du gouvernement depuis un an.
On avait sous-anticipé la souffrance des plus grands, interdits d’aller au cégep ou à l’université, prisonniers devant leur écran.
5. On va voyager au Québec
Oh ! ça, oui, c’est arrivé... La Gaspésie peine encore à s’en remettre !
6. Des gens vont souffrir financièrement
Oui, c’est évident que les derniers mois ont été durs, parlez-en seulement aux gens de la culture ou de la restauration.
En même temps, la bourse a repris vite, plusieurs ont profité de pouvoir couper dans leurs dépenses pour payer leurs dettes, et le fédéral a été au rendez-vous avec sa PCU... peut-être même un peu trop !
7. Inutile d’attendre un vaccin
Je n’y croyais pas, qu’on aurait un vaccin en un an... je pensais que l’immunité collective viendrait naturellement bien avant.
Finalement, même les pays qui n’ont pas confiné n’en sont même pas proches et la science a battu tous les pronostics.
Mais, bon, les vaccins ne sont pas rendus dans nos bras et il reste des efforts à faire. C’était aussi bien de ne pas avoir de grosses attentes !
8. On recommencera à croire les autorités
C’est arrivé et, même là, je ne l’aurais jamais cru, si on m’avait dit que la vaste majorité de la population accepterait de ne plus fréquenter ses parents et amis pendant près d’un an, au point même de ne pas se réunir à Noël !
Ce que je n’avais pas anticipé, toutefois, c’est que les gens qui n’adhéreraient pas aux discours scientifique et gouvernemental allaient virer complètement « crackpot »...
Ce qui a le plus manqué, dans cette crise, c’est de l’espace pour un discours critique et modéré, mais scientifiquement intelligent, de la stratégie gouvernementale.
9. On va compter sur la responsabilité individuelle
Oui, on l’a fait, et plus que jamais. Parfois trop. La vérité, c’est que les règles ont été admirablement suivies par une majorité écrasante de la population et que les manquements, s’il y en a eu pour vrai, ne sont pas responsables des pires ratés de cette crise.
Les citoyens ne sont pas responsables que l’on ait échappé les CHSLD.
10. Les choses reviendront à la normale
Ce n’est pas encore fait. C’est loin de l’être. La normale, on l’aura retrouvée quand on pourra recommencer à se sourire dans les magasins.
Il y a un an, je concluais mon papier en disant « Ça va bien aller, à condition que tout le monde y mette du sien ». À la fin, ça n’a pas si bien été, mais ça aurait pu être pire.
Maintenant, alors qu’on voit la lumière au bout du tunnel, il ne faut surtout pas relâcher.
Nous en sommes capables. On se l’est prouvé depuis un an.