« Ce dont je parle, c'est des choses très incarnées »: Isabelle Picard, la voix wendat qui fait rayonner la littérature autochtone
Équipe Salut Bonjour
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Paru fin avril aux éditions Stanké, Mamu (qui signifie « ensemble » en innu-aimun) réunit 21 auteurs et autrices autochtones sous la direction de Michel Jean. Un projet littéraire lumineux, ancré dans la diversité des nations et des voix, qui explore l’amour filial, amoureux, ancestral et profondément lié à la terre. Isabelle Picard, ethnologue, autrice et chroniqueuse de la nation wendat, était l’invitée de Salut Bonjour pour nous en parler.
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Revoyez l’entrevue complète dans la vidéo en tête de l’article !
Avec Mamu, Michel Jean a offert à chaque contributeur une totale liberté créative. Le résultat : un objet littéraire foisonnant qui mêle poésie, bande dessinée, légendes et nouvelles romanesques. Parmi les 21 plumes réunies, certaines signent leur toute première publication.
Isabelle Picard confie avoir été particulièrement intriguée par la bande dessinée de Diane Obomsawin, et admet en riant que si elle avait su dès le départ à quel point la liberté était totale, elle serait probablement allée encore plus loin dans sa propre écriture.
L’amour au-delà de la mort : sa nouvelle Les herbes hautes de l’Irlande
Pour ce recueil, Isabelle Picard a puisé dans les dualités qui lui sont chères pour écrire une nouvelle inédite sur l’amour qui survit à la mort. Dans Les herbes hautes de l’Irlande, une femme endeuillée par la perte de son amoureux ne sombre pas dans la tristesse : elle se retrouve, se renforce.
Une vision de la mort héritée des traditions autochtones, où elle fait partie intégrante de la vie. « Ça dépend juste comment on se souvient des gens », dit-elle simplement. L’histoire lui est venue d’un seul souffle, la nuit, devant son écran à minuit moins une avant sa date limite, précise-t-elle en souriant.
Un Prix France-Québec bien mérité
En novembre dernier, Isabelle Picard recevait le Prix littéraire France-Québec pour son roman Des glaçons comme du verre, une histoire basée sur la rafle des années 60, cette période où des milliers d’enfants autochtones ont été arrachés à leurs familles et placés de force en adoption. Une réalité méconnue du grand public, mais qui touche directement la famille d’Isabelle Picard.
La surprise était totale : contrairement à d’autres prix, personne ne l’avait prévenue. « Gagner ce prix, c’est comme une validation de ce qui a eu lieu », confie-t-elle. Elle rentrait d’ailleurs tout juste d’une tournée littéraire en France lorsqu’elle est passée à Salut Bonjour.