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800 postes abolis à CBC/Radio-Canada: «Jour sombre pour Radio-Canada»

Photo portrait de Cédric Bélanger

Cédric Bélanger

2023-12-04T18:57:28Z
2023-12-04T22:19:24Z

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Après TVA, c’est au tour de Radio-Canada de sortir le couperet. À trois semaines de Noël, les employés ont appris que des compressions budgétaires de 125 millions de dollars vont entrainer l’abolition de 800 postes dans les services français et anglais du diffuseur public.

• À lire aussi: Coupures à Radio-Canada: des économies de bouts de chandelle

La triste nouvelle a été annoncée aux employés par la présidente-directrice générale, Catherine Tait, lors de deux rencontres virtuelles tenues lundi après-midi.

C’est « un jour sombre pour Radio-Canada », a réagi le Syndicat des travailleuses et des travailleurs de Radio-Canada (STTRC-CSN).

Sur les 800 emplois visés, 200 sont des postes vacants qui sont éliminés. En outre, 250 personnes perdront leur boulot à Radio-Canada, 250 à CBC et les autres postes seront supprimés dans d’autres services institutionnels.

La baisse des revenus publicitaires et la concurrence féroce des géants du web touchent durement la société d’État, selon la haute direction.

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Dans le néant

Selon le président du syndicat, Pierre Tousignant, personne n’a été surpris des coupures compte tenu des 547 emplois supprimés récemment à TVA et des départs chez Bell Media et dans Les coops de l’information, mais « 800, c’est au-delà de ce que tout le monde craignait. »

Les employés sont dans le néant, ajoute-t-il, puisque personne ne sait quels emplois seront abolis, ni où. « Nous n’en avons aucune espèce d’idée. »

Des sources nous ont fait part d’un certain malaise à ce que les secteurs francophone et anglophone soient appelés à supprimer des postes dans des proportions égales.

« Si on est meilleurs en termes de cotes d’écoutes ou de production à l’interne, c’est sûr que c’est frustrant », lance au Journal un employé de Radio-Canada qui y travaille depuis plusieurs années et qui a requis l’anonymat par peur de représailles de la part de son employeur.

Qui dit vrai ?

De plus, Pierre Tousignant déplore que CBC/Radio-Canada se serve de la compression de 3,3 % qu’Ottawa entend imposer à tous les ministères et sociétés d’État pour justifier ses coupures alors que la ministre du Patrimoine, Pascale St-Onge, affirme qu’aucune décision n’a été prise à propos du diffuseur public.

Cette somme représente une somme évaluée entre 30 et 35 millions de dollars du budget annuel de CBC/Radio-Canada, estime-t-il.

« Qui se trompe ? », s’insurge Pierre Tousignant, qui entend talonner la haute direction pour avoir une réponse.

Laisser tomber la pub ?

Aux dires du syndicat, Radio-Canada devra réévaluer ses priorités, un constat que partage Jean-Hugues Roy, professeur à l’École des médias de l’Université du Québec à Montréal.

« Si les revenus publicitaires sont si maigres, à quoi bon dépenser de l’énergie pour aller en chercher ? Laissons ça à d’autres qui en ont pas mal plus besoin. Une branche comme Tandem, qui fait du contenu commandité, ça n’a pas sa place », estime M. Roy.

À la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, où on ne peut que constater à quel point l’industrie médiatique est malmenée, on ne se berce pas d’illusions.

« Je ne pense pas que nous avons atteint le fond du baril. Malheureusement, au cours de l’année 2024, on risque d’avoir d’autres mauvaises nouvelles. Les revenus sont de moins en moins là et l’argent ne pousse pas dans les arbres », affirme son président Éric-Pierre Champagne.

Avec la collaboration de Jean-Philippe Guilbault

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