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Le titre olympique du Canada à Tokyo en soccer féminin pourrait-il changer de mains en raison de nouvelles révélations?

Photo AFP
Photo portrait de Richard Boutin

Richard Boutin

2024-07-26T11:51:07Z

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PARIS | Devant le scandale d’espionnage par drone qui prend de l’ampleur, on peut se demander si la médaille d’or remportée par l’équipe canadienne aux Jeux de Tokyo en 2021 ne changera pas de mains.

Ayant eu accès à deux sources près de l’équipe qui sont demeurées anonymes par crainte de représailles, le réseau TSN a révélé que le Canada a espionné deux séances d’entraînement du Japon avant le duel entre les deux formations.

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«Les nouvelles informations qui laissent croire que la médaille d’or gagnée à Tokyo pourrait être ternie me rendent malade et me donnent mal à l’estomac, a déclaré le chef de la direction et secrétaire général du Comité olympique canadien (COC), David Shoemaker, vendredi matin. Comme plusieurs d’entre vous m’ont déjà entendu dire au cours des trois dernières années, la médaille d’or en soccer à Tokyo contre toute attente et en période de pandémie constitue l’un de mes plus beaux souvenirs olympiques.»

Mercredi, lorsque le scandale a éclaté, Shoemaker disait croire peu probable que le Canada ait été coupable d’espionnage à Tokyo étant donné que les Jeux se déroulaient en période de pandémie et que les accès étaient limités, mais il doit maintenant se rendre à l’évidence que des gestes répréhensibles ont été commis.

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Devant l’ampleur des révélations, est-ce que le Canada devrait se retirer du tournoi olympique? «Je suis confortable à ce que l’équipe canadienne poursuive le tournoi», a souligné le patron du COC.

Shoemaker partage les sentiments des Canadiens qui déplorent la situation.

«Je suis toujours sous le choc et déçu, a-t-il déclaré. À l’image des Canadiens, je suis très frustré. Le retrait d’un joueur ou d’un entraîneur de l’équipe olympique est l’ultime sanction que nous pouvons imposer.»

Stephanie Labbé, la gardienne du Canada à Tokyo qui a été affectueusement surnommée «la ministre de la Défense» grâce à ses performances, a réagi aux accusations de tricherie sur les réseaux sociaux. 

«J’ai étudié très fort chaque soir avant les matchs. J’ai regardé des vidéos de joueuses tirant des penaltys en équipe nationale et en club. J’ai pris mes propres décisions avec ces infos. Aucune vidéo de drone n’a été consultée. Ne confondez pas du grand travail de gardien avec de la tricherie», a-t-elle écrit sur X.

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La carte de la transparence

Shoemaker assure que le COC va miser sur la carte de la transparence dans le cadre de l’enquête de la FIFA qui se poursuit même si cela signifie que l’image du Canada sera entachée.

«En six ans avec le Comité olympique, on a toujours été transparent et on ne sacrifiera pas ces valeurs même si ça se fait au détriment du sport canadien, a-t-il mentionné. Le principe de base est de se comporter de la bonne façon. Gagner de la bonne façon est la seule manière. C’est le message qu’on veut lancer. Nous allons collaborer à l’enquête de la FIFA pour aller au fond des choses.»

Pour le moment, le COC dit ne pas savoir où est rendue l’enquête de la FIFA et ne sait pas si la Nouvelle-Zélande a déposé un protêt pour contester la validité du résultat du match entre les deux équipes. Le Canada a défait la Nouvelle-Zélande par la marque de 2-1, jeudi, à Saint-Étienne.

Un souvenir douloureux pour Surin

Ancien sprinter, Bruny Surin ne vit pas son premier rodéo. Le contrôle positif de Ben Johnson aux Jeux olympiques de 1988 à Séoul avait éclaboussé l’athlétisme canadien. Le chef de mission du Canada disputait alors ses premiers Jeux à l’épreuve du saut en longueur.

«J’ai été victime de ça pendant des années, a-t-il affirmé. Ce n’est pas juste. Oui, il y a eu cet incident, mais il ne faut pas que les médias oublient les autres athlètes. Quand je suis arrivé à Paris il y a quelques jours, j’espérais qu’il n’y ait pas de controverse. Et tout ça arrive.»

Les bonzes du COC rencontraient les médias pour lancer les Jeux et procéder à l’ouverture officielle de la Maison olympique du Canada à Paris, une première depuis 2018. Disons que l’heure n’était pas aux réjouissances contrairement aux éditions précédentes. L’histoire d’espionnage a évidemment volé la vedette après la visite des lieux.

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