Camille Estephan se croise les doigts

Mathieu Boulay
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Le promoteur Camille Estephan est à quelques jours de réussir un véritable tour de force. À moins d’un revirement de situation, il sera en mesure de présenter le premier gala de boxe depuis le début de la pandémie de la COVID-19.
La carte, qui comprend trois combats, doit être présentée samedi à Shawinigan qui est en zone orange. Estephan et tous les intervenants de la soirée doivent se plier à un protocole très exigeant. Sans compter que le gala sera présenté à huis clos.
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Toutefois, lors de sa conférence de presse quotidienne, le ministre de la Santé Christian Dubé a laissé sous-entendre que certaines régions pourraient passer au rouge dans les prochains jours. Est-ce que la Mauricie pourrait être touchée par ce changement de couleur ? On ne le sait pas encore.
Le patron d’Eye of the Tiger Management est confiant qu’il pourra présenter son événement comme prévu.
«On n’a pas eu de discussions avec la Santé publique à ce sujet, a mentionné Camille Estephan lors d’une vidéoconférence mardi après-midi. On est bien conscients que les chiffres montent partout au Québec.
«Pour le moment, nous sommes dans la bonne zone. Je ne suis pas inquiet surtout en raison du protocole que nous avons mis en place. En raison de leur confinement de 14 jours, il est assuré que les boxeurs ne seront pas contagieux. On se croise les doigts.»
Un protocole strict
Le protocole, qui a été négocié avec les autorités de la Régie et de la Santé publique, est possiblement le plus sévère sur la planète. Les boxeurs et leurs entraîneurs doivent se plier à un confinement de 14 jours avant le combat.
Ils vont arriver à l’hôtel mercredi où ils seront confinés jusqu’au combat. Ils ne pourront pas sortir sauf pour aller au gymnase de l’hôtel ou pour aller à leur combat. Ils mangeront dans leurs chambres.
Pour les tests, ils en subiront un dès leur arrivée à Shawinigan et un autre après la pesée. Estephan n’a pas l’obligation d’en faire passer, mais il a tenu à faire preuve de transparence auprès du grand public. C’est lui qui défraie les coûts des tests.
Après le gala, tout ce beau monde devra faire un autre confinement de 10 jours.
«Les conditions demandées sont très difficiles, mais on n’a pas le choix, a ajouté Estephan. Les boxeurs et leurs entraîneurs ont des familles. Ce n’est pas évident. On a fait ce qu’il fallait.»
Le promoteur d’EOTTM a tendance à suivre ses boxeurs durant leurs déplacements durant la semaine d’un combat. Pas cette fois.
«Je ne peux pas être en contact avec eux, a-t-il ajouté. Je serai là comme un spectateur.»
Des alternatives à l’extérieur du Québec
Avec le nombre de cas qui continue d’augmenter au quotidien, Estephan mijote déjà des alternatives à l’extérieur du Québec et même du Canada pour continuer d’organiser des galas pour ses boxeurs et les amateurs.
Est-ce que de présenter un gala aux États-Unis pourrait être une possibilité ?
«C’est une situation qu’on regarde de très près, a souligné l’homme d’affaires. Par contre, ce n’est pas idéal parce qu’il y a un confinement de 14 jours au retour.
«Ce qui est compliqué, c’est le transport des équipes et du matériel de production pour Punching Grace. On préfère rester au Québec et garder notre business au Québec.»
Et les réserves amérindiennes au Québec? Ce n’est pas possible parce qu’il n’y a pas de commission athlétique reconnue sur l’une de celles qui sont établies sur le territoire québécois.