Les juges ont-ils été complètement impartiaux lors de la finale impliquant Mikaël Kingsbury?


Kevin Dubé
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Certains pointages des juges soulèvent des questions à la suite de la finale du ski de bosses des Jeux olympiques de Milan-Cortina, où Mikaël Kingsbury a récolté la médaille d’argent.
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«Je pensais que je le méritais plus aujourd’hui. Parlez aux juges. Je ne sais pas ce qu’ils ont vu de plus. Je vais finir ma carrière en pensant que j’aurais pu être une couple de fois de plus champion olympique. C’est tout. Ce n’est pas la fin du monde», mentionnait Kingsbury aux journalistes présents à Milan, quelques minutes seulement après que l’Australien Cooper Woods lui eut raflé la médaille d’or.
Soyons clairs: Kingsbury ne faisait assurément pas référence à quelque controverse impliquant les juges. Il n’avait, de toute façon, probablement pas eu le temps de décortiquer chacune des notes. On a pris le temps de le faire, et des questions méritent d’être soulevées. On vous explique.
Le juge no 4, attitré aux virages, le Japonais Hajime Ito, a donné sa meilleure note de la compétition à son compatriote, Ikuma Horishima, vainqueur de la médaille de bronze. Comme, en ski de bosses, la note finale ne comprend que trois des cinq notes des juges (on élimine la meilleure et la plus basse), cette note de 17,3 n’a toutefois pas eu d’incidence directe sur le pointage final.
Mais ce n’est pas tout. Ce même juge a aussi été celui qui a donné la note la plus basse à Kingsbury et à Woods pour l’aspect technique, ainsi que le plus grand total de déductions.
À Kingsbury, le juge Ito a donné 1,9 point de déduction, tandis que les autres juges ont déduit entre 0,8 et 1,3 point au Québécois. Dans le cas de Woods, le Japonais a décerné une déduction de 1,5 point alors que les quatre autres juges avaient retiré 0,8 point à l’Australien. On parle ici du double.
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D’autres drôles de coïncidences
Coïncidence ou non, d’autres skieurs ont aussi reçu leur meilleure note de la part du juge provenant de leur pays. En saut, les deux meilleures notes de la journée, obtenues par Woods et le Suédois Walter Wallberg, ont été des 9,2 sur 10. Dans le cas de Woods, elle fut décernée par la juge no 7, Zoe Dent, native de l’Australie, d’où vient le médaillé d’or. Vous aurez donc deviné que le 9,2 octroyé à Wallberg l’a été par le juge no 6, un certain Jorgen Eriksson, natif de... Suède.
À noter qu’il n’y avait pas de juge canadien parmi les sept en poste jeudi. Kingsbury a tout de même obtenu la meilleure note de la journée pour sa descente, octroyée par le juge américain Chuck Search.
«Une énigme»
On a donc lâché un coup de fil à l’ancien athlète de bosses Philippe Marquis, qui agit aujourd’hui à titre d’entraîneur de l’équipe canadienne Next Gen. «Est-ce courant de voir des juges donner les meilleures notes aux athlètes de leur pays?» lui a-t-on demandé.
Celui qui est analyste pour le compte de CBC durant les Jeux avoue que «ce qui se passe dans la tête des juges est toujours un peu une énigme.»
«C’est aussi pour ça qu’il y a cinq juges. Ce qui fait que la note la plus haute et la plus basse sont enlevées. En fin de compte, j’ose croire que quand des situations comme celle-ci arrivent, ça se nivelle et qu’avec la moyenne, on a un pointage juste et équitable.»