C’est Laine qui a choisi d’éviter le bistouri

Jonathan Bernier
Partager
MONT-TREMBLANT | Patrik Laine a lui-même choisi d’éviter le bistouri pour réparer les dommages causés par l’entorse au genou gauche qu’il a subie samedi dernier.
• À lire aussi: Hécatombe dans la LNH: peut-on mieux protéger les joueurs vedettes durant les matchs préparatoires?
• À lire aussi: Retraite à Mont-Tremblant: pour le plaisir... et l’attaque massive
• À lire aussi: Complètement débiles, les matchs préparatoires!
«J’ai rencontré quelques médecins afin d’obtenir différentes opinions, mais c’est moi qui ai pris la décision. J’ai décidé de ne pas me faire opérer, de faire seulement de la réadaptation et de laisser la blessure guérir», a-t-il expliqué.
Laine s’est présenté devant les médias, en béquilles, la jambe gauche enveloppée d’une genouillère articulée.
S’il y en a un qui s’y connaît en blessures et en processus de réadaptation, c’est bien lui. Disons qu’il n’a pas été épargné au cours des dernières saisons. Il sait qu’en cas d’opération, les étapes précédant un retour au jeu sont beaucoup plus longues.
On peut imaginer qu’une intervention chirurgicale l’aurait obligé à pratiquement faire une croix sur la saison. Alors que l’avenue choisie le tiendra à l’écart du jeu pour environ trois mois.
Le Finlandais a été limité à 18 matchs l’hiver dernier en raison d’une fracture de la clavicule. Il n’a pas disputé de rencontres depuis le 14 décembre 2023. On peut le comprendre de vouloir limiter le plus possible cette nouvelle absence.
«Ce n’est pas ma première opération au genou, je suis passé par là avant. Qu’il y ait opération ou pas, il n’y a jamais de garantie. Les membres de l’équipe médicale m’ont bien expliqué tout le processus, la situation dans laquelle je me trouve et les chances [de guérison complète] qui sont très élevées. Ils m’ont rassuré», a-t-il soutenu.
D’ailleurs, il reconnaît avoir été d’une humeur massacrante lors des jours suivant sa sortie de la patinoire, samedi soir. Le voir lancer son casque et ses gants dans le corridor menant au vestiaire donnait un bon indice de son état d’esprit.
«Les deux premiers jours, le temps que je rencontre les médecins, que je reçoive les diagnostics et que je passe les tests d’imageries, c’était misérable. J’étais très émotif, a raconté Laine. Je me suis tellement battu pour revenir au jeu et retrouver l’excitation de jouer au hockey! Puis, au deuxième match, à ma deuxième présence, je me blesse encore.»
«Dans ce sport, tu te fais parfois blesser. Il faut essayer de demeurer positif, a-t-il ajouté dans un élan plus philosophique. Au moins, il me reste la deuxième moitié de la saison.»
Pas de ressentiment envers Paré
Plusieurs partisans du Canadien en ont voulu à Cédric Paré pour la collision qui a provoqué la blessure au genou gauche de Laine. Certains sont même allés jusqu’à lui proférer des menaces et écrire des messages haineux sur les différents réseaux sociaux.
L’attaquant du Tricolore, de son côté, ne lui en tient pas rigueur. Il a même pris une partie du blâme.
«Je me suis moi-même placé un peu dans cette situation, a-t-il indiqué. Les [joueurs des Leafs] ont essayé de me stopper. S’en est suivie une collision malheureuse. Personne ne veut blesser personne. C’est un jeu rapide.»
Du même souffle, Laine a révélé que Paré avait eu la délicatesse de prendre de ses nouvelles.
«Il m’a texté par la suite. J’ai du respect pour ça.»
Avec les boys
Même s’il est sur la touche, l’athlète de 25 ans était bien heureux de pouvoir accompagner l’équipe à Mont-Tremblant pendant une journée.
«Je m’attendais à le manquer, cet événement. Je suis content que les médecins et la direction aient été à l’aise que je vienne passer la journée ici. Ça fait du bien d’être ici, de me changer les idées, de passer du temps avec les gars d’avoir du plaisir.»
Et ses coéquipiers étaient bien heureux de pouvoir le traîner au restaurant et sur les allées de golf.
«Ce n’est pas toujours facile quand tu arrives dans un nouveau groupe. On veut l’inclure dans tout ce qu’on fait. On veut l’aider à sentir qu’il fait partie de l’équipe», a souligné David Savard.
Même s’il n’était pas foutu de conduire le kart!
«Il va avoir son chauffeur personnel», a rigolé le défenseur.