«Burn-out» et anxiété au tennis: quand les meilleures joueuses au monde n'en peuvent plus


Jessica Lapinski
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Amanda Anisimova, demi-finaliste à Roland-Garros il y a quatre ans, a récemment décidé de mettre sa carrière de joueuse de tennis sur pause. «Ma santé mentale me fait souffrir depuis l'été dernier», a révélé la jeune Américaine, pour qui il est en ce moment «insupportable» de se retrouver en tournoi.
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À 21 ans, l'ancienne top 30 mondiale est en «burn-out». «À ce point, ma priorité est mon bien-être, a-t-elle écrit à ses fans, sur son compte Instagram. Je vais prendre une pause.»
Anisimova n'est pas la seule à trouver difficile la vie en apparence «glamour» du circuit. Il y a eu la Japonaise Naomi Osaka qui, il y a deux ans, avait révélé qu'elle souffrait d'épisodes dépressifs depuis sa victoire aux Internationaux des États-Unis, alors qu'elle n'était âgée que de 20 ans.
«Je veux mourir»
Et dans une scène touchante de la série Break Point, l'Espagnole Paula Badosa, ex-deuxième mondiale, expose la détresse qui l'envahit parfois en plein match. «Quand ça va, je me sens chez moi sur le court. Mais je passe de ça à: "Sortez-moi de là, je veux mourir», raconte la joueuse de 25 ans.
De son combat contre la dépression, Badosa en parle depuis longtemps. Dès son triomphe chez les filles à Roland-Garros, en 2015, elle a commencé à ressentir la pression de devenir «la prochaine Maria Sharapova», comme la qualifiaient certains médias.
Et il y a la vie sur le circuit, où les joueuses se retrouvent longtemps loin de la maison, seule sur un terrain pour gérer la pression, qui semble devenir de plus en plus pesante pour certaines. «Pour moi, le circuit de tennis est le plus intense qui soit», disait Badosa récemment au magazine espagnol Glamour.
Une iniative de Tennis Canada
Tennis Canada a par ailleurs annoncé il y a deux semaines que son initiative «Pause mentale» sera de retour pour une deuxième année.
Celle-ci est divisée en deux points: soutenir le bien-être mental des joueurs à travers le pays et, aussi, offrir aux athlètes qui participent à l'Omnium Banque Nationale des activités leur permettant d'atténuer la pression ressentie durant le tournoi, dont un accès individuel à des experts en santé mentale.
La Canadienne Bianca Andreescu, qui a aussi pris une pause du circuit, l'an dernier, est l'une des ambassadrices du programme. Mais cette année, on retrouve également le Québécois Alexis Galarneau, qui avait fait écarquiller les yeux à Montréal en 2022, en bataillant ferme avec le Bulgare Grigor Dimitrov.
Ce qui est intéressant, puisque la question de la santé mentale est moins abordée par les joueurs de l'ATP. Il y a l'Australien Nick Kyrgios, le fameux «bad boy» du tennis, qui en a parlé par le passé.
Et Novak Djokovic, malgré ses 22 titres majeurs, a reconnu la semaine dernière qu'il vivait parfois des passes difficiles. «Nous sommes tous humains, nous avons tous des défis et des obstacles», a-t-il soulevé au Masters de Rome.
«Je suis chanceux d'avoir une famille»
L'enjeu est toutefois différent chez les hommes, note Galarneau, 250e mondial. «On parle plus d'une anxiété de performance», ou c'est «après les matchs, avec les parieurs qui vont nous insulter sur les réseaux sociaux», souligne-t-il.
«Mais c'est une cause importante, croit-il. C'est important pour moi de parler de mes expériences, pour aider les jeunes.»

La solitude du tennis, Galarneau la connaît bien. Il roule sa bosse sur le circuit Challenger, en quête de précieux points au classement qui pourraient lui permettre un jour d'avoir sa place dans les plus grands tournois.
«Moi, je suis chanceux d'avoir une famille qui me supporte beaucoup, souligne-t-il. C'est une des raisons pour lesquelles j'arrive à être bien sur la route.»
Mais cette pression, le Lavallois de 23 ans l'a ressentie dès les rangs juniors, de même que pendant ses années sur le circuit universitaire. Très jeune, il s'est adjoint les services d'un préparateur mental «qui l'aide beaucoup».
«Je veux faire comprendre aux jeunes que c'est normal, qu'ils ressentent de l'anxiété de performance, dit Galarneau. C'est normal de moins aimer le tennis par moment. Il faut qu'ils sachent qu'il y a des moyens de retrouver cette belle passion-là.»