«Brady, Brady, Brady!»: Tom Brady devient un immortel à Boston

Stéphane Cadorette
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FOXBOROUGH | La scène était surréaliste. Par un mercredi soir, en plein cœur de la semaine au beau milieu du mois de juin, le Gillette Stadium était rempli au bouchon par plus de 60 000 personnes. La cible de leur amour ? Nul autre que Tom Brady, qui a été intronisé au Temple de la renommée des Patriots comme personne ne l’avait été avant lui.
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Le gratin était sur place à Foxborough. Ce n’est nul autre que Jay-Z qui s’est chargé de l’introduction musicale avant que le maître des lieux ne pénètre dans l’enceinte en serrant la pince tout bonnement à Jon Bon Jovi. C’était ce genre de soirée qui était lancée.
Brady a finalement pris la parole après deux heures et 45 minutes de témoignages et la foule en aurait pris d’autres.
Number 12, enshrined FOREVER. pic.twitter.com/xle1IkVC1r
— New England Patriots (@Patriots) June 13, 2024
« Patriots Nation, c’est bien de rentrer à la maison. Je m’ennuie de cet endroit et je m’ennuie de vous tous. Vous avez toujours été présents et vous l’êtes encore », a lancé Brady, qui s’est vite retrouvé les yeux dans l’eau lors d’une soirée où sa famille et des dizaines d’anciens coéquipiers lui ont rendu hommage.
Plusieurs rivaux ont aussi sorti l’encensoir, dont son plus grand rival, Peyton Manning, qui a été chaleureusement applaudi pour la toute première fois en terre ennemie.

Belichick salué en héros
Parmi l’impressionnante brochette d’invités, le plus spectaculairement ovationné a sans aucun doute été l’ancien entraîneur-chef ainsi que tortionnaire et néanmoins mentor de Brady, Bill Belichick.
Même si la fin de son séjour aux commandes a été houleuse, le bourru personnage a été reçu à grands coups de « Merci, Bill ! ».
« On pourrait parler de Tom pendant une semaine et ce serait justifié. Ce qui m’a le plus impressionné de lui, c’est sa capacité à éviter les mauvais jeux. Il a été un modèle de constance », a-t-il louangé.

« Au nom des dizaines de milliers de fans ici, merci pour tout ce que tu as fait pour nous et merci pour tout ce que tu as fait pour moi », a-t-il poursuivi.
Autant la famille des Patriots a semblé brisée dans les dernières années, autant les pots cassés semblent se recoller.
Un cas particulier
Les Patriots ont instauré leur Temple de la renommée en 1991. La tradition veut qu’une période de quatre ans soit respectée entre la retraite d’un joueur et l’intronisation, mais le septuple champion du Super Bowl, dont six fois avec les Patriots, est davantage considéré comme une divinité que comme un joueur normal à Foxborough.
Rien de trop beau, donc, pour l’ancien quart-arrière, à qui l’équipe a ouvert les portes du royaume des cieux à peine plus d’un an après sa retraite.

Et pourquoi en plein mois de juin, quand les familles naviguent en plein tourbillon de travail et d’école avant les vacances ?
Habituellement, les Patriots réservent le samedi avant un match à l’automne, mais il ne faut pas oublier que Brady sera occupé par son nouveau rôle d’analyste à FOX. Peu importe, le stade plein à craquer et l’ambiance survoltée ont démontré que la Nouvelle-Angleterre n’allait pas s’empêcher de savourer sa « journée Brady ».
Numéro retiré
Les Patriots ont aussi flairé le bon moment. Juin, sixième mois de l’année, comme dans les six championnats de Brady. Et faut-il vraiment rappeler que le 12 était le numéro du légendaire quart-arrière ?
« Il y a un numéro plus iconique que tous les autres par rapport à Tom Brady et c’est le 12. Je promets qu’il ne sera plus jamais porté. Ce numéro est officiellement retiré », a promis le propriétaire Robert Kraft, annonçant qu’une statue de 12 pieds serait dévoilée cet automne au Temple de la renommée de l’équipe.

Plus qu’une célébration de Brady, le Gillette Stadium a pris des airs de temple dans lequel a été immortalisée une dynastie de près de 20 ans.
Tout ça tombait mercredi, mais la Patriots Nation est déjà empreinte de nostalgie.