Bourses de la Fondation Nordiques: les sacrifices d'une cycliste québécoise
«Quand on est une cycliste, et en plus une cycliste canadienne, chaque montant est important», plaide Simone Boilard, l'une des récipiendaires.


Jessica Lapinski
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Simone Boilard a peut-être atteint une partie de son rêve en devenant l'une des meilleures cyclistes au pays, mais elle a dû faire des sacrifices pour l'atteindre. Comme s'expatrier de l'autre côté de l'Atlantique, ce qui, financièrement, n'est pas donné. «Quand on est une cycliste, et en plus une cycliste canadienne, chaque montant est important», plaide la jeune femme originaire de Québec, qui est l'une des 121 athlètes à toucher cette année l'une des bourses de la Fondation Nordiques.
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Boilard recevra 4000$ des 400 000$ qui seront remis par la Fondation cette année. Ce n'est pas la première fois: l'athlète de 23 ans, qui a notamment participé aux deux dernières éditions du Tour de France Femmes, fait annuellement partie des boursières depuis qu'elle est en secondaire 3. Et ces montants, ils l'ont grandement aidée, reconnaît-elle.
«Quand on veut s'établir dans un sport européen, ça implique de déménager en Europe, explique celle qui réside désormais à Nice, en France. Ça implique d'investir de sa propre poche au début, afin de s'installer là-bas en espérant qu'une équipe nous repère, et ensuite, de pouvoir vivre de notre sport dans les trois à cinq années qui suivent.»
Elle anime le spectacle
Pour Simone, la stratégie a fonctionné. Et si elle ne sait pas encore si elle sera l'une des deux représentes de l'unifolié à obtenir son billet pour Paris – les sélections se terminent le 4 juin –, elle peut au moins se targuer d'avoir pris part à plusieurs grandes courses depuis le début de sa carrière professionnelle.
Il y a un peu plus d'une semaine, la cycliste s'est d'ailleurs illustrée au Tour de Burgos, en Espagne, où elle a fini 25e au classement général.
Boilard, qui porte désormais les couleurs de l'équipe Uno-X Mobility, a notamment animé le spectacle durant la troisième étape, où elle a fait partie de l'échappée pendant la majeure partie de la course, avant d'être rattrapée à moins de trois kilomètres de l'arrivée.
Mais malgré ces bons résultats, et le fait que le passage chez les professionnelles l'assure présentement d'un salaire, Simone Boilard rappelle qu'elle «n'est pas millionnaire, comme certains joueurs de hockey, par exemple».
C'est pourquoi elle a tenu, à la fin de l'entrevue, à réitérer toute sa gratitude envers la Fondation Nordiques, qui l'épaule depuis ses 15 ans. «Ça peut faire une différence pour les athlètes», souligne-t-elle.
Pas pour les doux
Sur les routes, par contre, Boilard n'est pas totalement satisfaite de ces premiers mois de l'année 2024. Elle a subi plusieurs blessures, dont une commotion cérébrale après une lourde chute aux Strade Bianche féminines, en Italie, en mars.
Car le cyclisme, ce n'est pas pour les doux!
Et outre le fait qu'elle soit «très économe» de nature, une chance dans le contexte financier dans lequel elle évolue, la course implique d'autres sacrifices.
«Ce que les gens ne s'imaginent pas toujours, c'est la charge d'entraînement, et les courses qui s'enchaînent presque de semaine en semaine, relève-t-elle. On rajoute le stress, les chutes... il faut presque vivre comme un moine pour être capable d'enchaîner tout ça.»
Mais Simone Boilard l'explique aussi: elle est encore en mode apprentissage dans sa carrière.
«Physiquement, je ne suis pas encore au même niveau que celles qui font ça depuis plusieurs années. [...] Il faut que j'essaye de trouver ma propre recette, pour espérer un jour être autre chose qu'une figurante dans les courses.»