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Blocus américain du détroit d’Ormuz: «Trump n'est peut-être pas complètement fou»

Photo portrait de Yannick Beaudoin

Yannick Beaudoin

2026-04-24T16:44:39Z

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La stratégie de Donald Trump pour faire plier l’Iran comporte des lacunes, mais n’est pas totalement dénuée de sens, estime un analyste politique.

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Le 17 avril, le président américain s’est dit optimiste quant à l’issue des négociations avec le régime iranien, mentionnant la réouverture du détroit d’Ormuz annoncée par le ministre iranien des Affaires étrangères.

Or, quelques heures plus tard, les Gardiens de la révolution ont tenu un discours diamétralement opposé, indiquant que le détroit était à nouveau fermé.

Cette situation démontre une « division du pouvoir en Iran » entre la branche plus idéologique et celle davantage modérée prête à négocier avec Washington, soutient Georges Mercier, analyste et doctorant en science politique à Sciences Po Paris.

Trump « pas complètement fou »

« Ils voient bien que l’économie iranienne, elle ne s’en va nulle part en ce moment, puis à un moment donné, il va falloir payer les soldats et payer les policiers si on veut garder la mainmise sur la population », a-t-il expliqué, en entrevue à l’émission de Mario Dumont à QUB radio et télé, diffusée simultanément au 99,5 FM à Montréal.

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En bloquant à leur tour le détroit d’Ormuz, les Américains empêchent l’Iran de sortir son pétrole de la région. Si la situation se poursuit encore quelques semaines, les réservoirs iraniens seront pleins et Téhéran devra cesser sa production, ce qui serait très coûteux à redémarrer pour l’Iran, indique l’analyste politique.

« Ce n’est pas comme un robinet, là. Si on le ferme trop longtemps, il va être endommagé. Donc, ça va être effectivement un vrai danger pour le régime », affirme M. Mercier.

Selon ce dernier, Washington fait le pari que les personnes qui profitent du régime corrompu forceront le gouvernement iranien à négocier.

« C’est certain que les sanctions qui sont opposées à l’Iran contre son programme nucléaire créent une économie parallèle, qui profite à ceux qui contrôlent l’économie parallèle. Les Gardiens de la révolution, c’est comme ça qu’ils s’enrichissent », mentionne le doctorant en science politique à Sciences Po Paris.

Or, environ 50 % des revenus de l’armée sont payés par les ventes de pétrole, clame Georges Mercier.

« Donc effectivement, Trump n’est peut-être pas complètement fou, la Maison-Blanche n’est peut-être pas complètement folle. Si on coupe l’approvisionnement en argent, peut-être qu’on va pouvoir susciter des défections, et peut-être que ces défections-là vont être suffisamment importantes pour forcer le régime à arriver à la table des négociations », estime-t-il.

Branche idéologique

En contrepartie, l’autre branche présente en Iran, qui est « beaucoup plus fanatique », veut aller jusqu’au bout, ajoute l’expert en politique internationale.

« Avec le détroit, on a un nouveau joker à jouer sur la carte mondiale, et grâce à ce joker-là, on n’a pas à faire de concessions », souligne Georges Mercier.

« Le problème de Trump depuis le départ, c’est qu’il n’est pas capable de concevoir que certaines personnes ne pensent pas comme lui [...] Lui, il pense de manière très matérialiste : s’il n’y a plus d’argent, c’est un problème et éventuellement, on va revenir à la table de négociation. Son problème, c’est qu’il fait face en Iran à certains dirigeants qui ne réfléchissent pas comme un promoteur immobilier de New York », ajoute-t-il.

Les Gardiens de la révolution sont presque exclusivement guidés par une vision idéologique, croit l’analyste.

Ils se disent : “il faut aller jusqu’au bout. La révolution islamiste, on est là pour la mener jusqu’à terme, pour la garder en vie, et donc ce n’est pas très grave si on manque d’argent” », illustre Georges Mercier.

Ce dernier précise qu’il n’y a toutefois pas que des idéologues en Iran, mais aussi de nombreux policiers et membres de l’armée, qui ont besoin d’argent pour continuer à travailler.

Pour voir l’entrevue complète, visionnez la vidéo ci-haut.

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