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Bianca Andreescu revient sur une période sombre de sa carrière: elle lisait les messages haineux pour se faire mal

Photo Agence QMI, ARCHIVES
Photo portrait de Jessica Lapinski

Jessica Lapinski

2024-08-25T23:00:00Z

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NEW YORK | En 2021, Bianca Andreescu perdait dès le premier tour de Roland-Garros. Une première défaite d'entrée de jeu dans sa carrière encore naissante, mais déjà auréolée de grands succès... et de grandes blessures. Après avoir pleuré pendant des heures dans les toilettes du stade, la Canadienne se rappelle s'être connectée à son compte Instagram.

Andreescu voulait lire les messages haineux qui lui étaient envoyés. De façon délibérée, pour se faire encore plus mal, car «la misère aime la compagnie», a-t-elle raconté dans un long texte publié dans le site The Players Tribune, cette semaine. 

Après avoir vécu le rêve deux ans plus tôt, avoir remporté un titre majeur à l’US Open et deux titres de la série WTA 1000 – dont Toronto, chez elle –, la jeune joueuse avait touché le fond du baril. 

Jamais n’avait-elle vraiment goûté à répétition à la défaite depuis ses débuts chez les professionnelles. Sa première année sur le circuit avait été au-delà de toute espérance. La deuxième avait été marquée par des blessures sévères et la COVID-19. 

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Mais la défaite, celle qu’au bout du compte, toutes les joueuses encaissent sauf une au terme d’un tournoi? Elle ne connaissait pas vraiment. 

Photo Agence QMI, DOMINIC CHAN
Photo Agence QMI, DOMINIC CHAN

Plus jamais elle ne fera ça

Radieuse et très relax, dimanche, à l'aube de cet US Open pour lequel elle a dû recevoir une invitation des organisateurs («Dieu merci! dit-elle avec le sourire, sinon j'aurais dû passer par les qualifications»), la 167e mondiale réitère ce qu'elle a écrit dans ce texte très personnel: elle ne fera plus jamais cela. 

«Aujourd'hui, j'ouvre mes réseaux sociaux, je publie quelque chose, je peux regarder vite ce que mes amis ont écrit, puis je les referme», a-t-elle expliqué. «Les messages négatifs, je ne les vois presque plus. C'est une personne dans mon équipe qui lit les commentaires.»

«On me lit les gentils, par contre. Et bien sûr, il m'arrive d'en voir de moins gentils. Mais par chance, même si ça blesse encore, je suis aujourd'hui capable de passer par-dessus rapidement.»

Photo Agence QMI, DOMINIC CHAN
Photo Agence QMI, DOMINIC CHAN

La pression sera un privilège... un jour

Il est difficile d'écrire sur l'Ontarienne de 24 ans sans avoir l'impression de se répéter, tant sa carrière semble être un cycle sans fin de petits pas vers l'avant, puis de grands pas vers l'arrière, en raison de ce corps qui ne cesse de la laisser tomber. 

Mais alors que l'on fêtera sous peu les cinq ans de son titre majeur glané ici, dans la Grosse Pomme, Andreescu dresse aujourd'hui un portrait très mature de ce trophée qui a forgé sa carrière, pour le meilleur comme pour le pire. 

Car après ce titre qui devait l'amener vers les plus hauts sommets, elle n'a presque pas joué durant un an et demi. 

«Ça m'a rongée, pendant très, très longtemps», admet-elle. «Et même encore aujourd'hui: quand c'est la saison sur le dur, je ressens ce stress de façon très importante.»

«C'est profondément ancré en moi. [...] Mon but, c'est qu'un jour, cette phrase qu'a dite Billie Jean King, "La pression est un privilège", eh bien, que je sois capable de le ressentir. Mais c'est encore sur la table de travail.»

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