Bataille judiciaire contre LIV Golf: le circuit de la PGA arrivait à court d’argent
Le circuit américain avait dépassé les 50 M$ en frais judiciaires


François-David Rouleau
Partager
TORONTO | Dans une rencontre avec ses employés, après l’annonce de cette semaine de l’armistice dans le golf professionnel, le commissaire du PGA Tour, Jay Monahan, a mentionné que le circuit ne pouvait plus investir des sommes astronomiques dans la bataille judiciaire.
• À lire aussi: Sermonné par sa femme, le Canadien Nick Taylor égale le record du parcours à Oakdale et figure au tableau principal de l'Omnium canadien
• À lire aussi: Omnium canadien : le Québécois Étienne Papineau essuie une deuxième déception dans la même semaine
Les frais judiciaires, au début des procédures, avaient coûté plus de 50 M$. Et pour suivre la cadence des gargantuesques bourses de LIV Golf, le circuit de la PGA avait puisé dans ses réserves financières afin de bonifier ses bourses, notamment celles des épreuves «désignées».
«Nous ne pouvions rivaliser avec un fonds d’investissement étranger comptant sur un puits inépuisable d’argent, a indiqué Monahan à ses employés, selon les informations recueillies par le Wall Street Journal.
Les actifs du Fonds public d'investissement d'Arabie saoudite (PIF) valent environ 650 G$.

«Nous avons attendu d’être dans la plus forte position pour conclure l’entente», a ajouté le commissaire à propos de l’entente qui a mis fin à la fracture dans l’univers du golf professionnel masculin.
Selon ses propos, les dépenses judiciaires menaçaient les objectifs financiers du circuit et les services aux joueurs.
Une entreprise de 1,6 G$
Or, avant d’enterrer la hache de guerre cette semaine, le circuit de la PGA était engagé dans plusieurs litiges judiciaires contre LIV Golf et le PIF. L'un d'eux devait d'ailleurs être entendu par la Cour d'appel de la Californie dans plusieurs mois, voire des années. Ce que le circuit ne pouvait plus se permettre, selon les propos de Monahan.
Selon le magazine spécialisé Golf Digest, le circuit de la PGA vaut environ 1,5 G$. Il génère la majorité de ses revenus grâce aux tournois (660 M$), aux droits de télévision américains et internationaux (634 M$), à l'exploitation de ses clubs de golf (142 M$), aux licences corporatives (65 M$) et aux investissements (21 M$).
En 2021, le «Tour» avait généré des profits de 1,59 G$, un bond de 37% sur l'année précédente, selon les documents publics américains.
Toujours plus d’argent
Dès l’arrivée de LIV Golf, en 2022, Monahan avait pourtant répété que son circuit ne pourrait en aucun cas rivaliser financièrement contre le PIF.

«Si c’est une course à l’armement et que l’unique arme est le dollar, le circuit de la PGA ne peut pas rivaliser», avait signifié Monahan l’été dernier.
Pour freiner l’exode des meilleurs golfeurs attirés par les montagnes de fric de LIV l’an dernier, le PGA Tour avait malgré tout revu ses finances et dangereusement délié les cordons de sa bourse. Il avait mis plus d’argent sur la table, soit environ 150 M$ au total, dans le programme d’implication des joueurs et haussé les bourses au calendrier cette saison.
Rappelons qu’en mars dernier, lors de l’événement phare du circuit au TPC Sawgrass, le circuit avait annoncé un changement de cap en insérant 16 épreuves de «prestige» offrant d’alléchantes cagnottes de 20 M$. Or, selon certaines informations, la direction du circuit tentait de refiler la facture totale aux commanditaires en titre de chacun des événements.
«Money talks»
Dans l’une des conférences de presse les plus malaisantes auxquelles il ait participé, Rory McIlroy avait affirmé que «peu importe si on l’accepte ou non, le PIF continuera d’investir de l’argent dans le golf.

«Au moins, le circuit de la PGA contrôle maintenant comment cet argent est dépensé, avait-il souligné dans sa conférence de presse en marge de l’Omnium canadien à Oakdale, cette semaine.
«Quand on réfléchit à l’un des plus importants fonds souverain au monde, est-il mieux de l’avoir comme partenaire ou ennemi, avait-il ensuite questionné lorsque vigoureusement cuisiné par la presse, mercredi. À la fin de la journée, l’argent est important et il est préférable de l’avoir comme partenaire.»