«Bataille des sexes» controversée: une experte nous explique pourquoi Aryna Sabalenka peut battre Nick Kyrgios


Jessica Lapinski
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Aryna Sabalenka a-t-elle des chances de battre Nick Kyrgios, dimanche, à Dubaï, dans cette reprise somme toute controversée de la «bataille des sexes», malgré la différence de puissance et de vitesse entre une joueuse de tennis et un joueur?
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«Oui», estime Valérie Tétreault, directrice de l’Omnium Banque Nationale de Montréal, mais aussi ancienne joueuse professionnelle.
Et ce n’est pas parce que l’Australien Kyrgios n’a disputé que quatre tournois professionnels depuis deux ans, tandis que la Bélarussienne Sabalenka trône au sommet du classement du tennis féminin.

«La première raison, c’est parce qu’ils ont décidé de donner seulement une balle au service à chacun», pointe-t-elle.
En enlevant la première balle de service, on soustrait «l’élément où il y a la plus grosse différence entre le tennis masculin et féminin», à l’avantage du premier, estime Valérie Tétreault.

Aussi, il y a une grande différence entre le jeu des hommes et celui des femmes, soulève-t-elle.
«Les filles ont tendance à frapper une balle beaucoup plus à plat, moins brossée, explique Tétreault. Pour les joueurs, ça demande un certain ajustement, parce qu’ils sont habitués à recevoir la balle à une certaine hauteur.»
Les joueuses ont également l’habitude de s’entraîner avec des partenaires de frappe masculins, tandis que l’inverse est rarissime.
Autre point: «Les filles ont aussi tendance à jouer plus près de la ligne de fond et donc à prendre la balle plus tôt dans le rebond, ce qui fait en sorte qu’elle revient plus rapidement», note Valérie Tétreault.
Faire taire les détracteurs... ou les alimenter?
La rencontre entre Aryna Sabalenka et Nick Kyrgios sera disputée au meilleur de trois manches, et un bris d’égalité fera office de troisième set en cas de bris d’égalité.
On en parlait plus haut, mais les deux adversaires auront droit à un seul service.
Il y aura une autre différence avec les matchs de saison: la portion du court de Sabalenka sera 9% plus petite, parce que le promoteur de la rencontre, Evolve, a calculé que les joueuses se déplaçaient 9% plus lentement que les joueurs.
«Je n’aurais pas accepté ça à sa place, je crois», se questionne Valérie Tétreault.
Un argument pour les détracteurs
Quand on mentionne à la directrice de l’Omnium Banque Nationale que cette nouvelle «bataille des sexes» est peut-être l’occasion de faire taire ceux qui estiment toujours que le tennis féminin est loin du tennis masculin, elle revient d’ailleurs sur ce point précis.
«Ce 9%, ce n’est presque rien, mais ça permettra aussi peut-être à certains de revenir à la charge, de dire que c’est pour ça que Sabalenka a gagné, si jamais c’est le cas», estime-t-elle.
«D’autres diront peut-être que Kyrgios n’a presque pas joué dernièrement, qu’il se remet de blessures, qu’il n’est plus à son sommet», poursuit Valérie Tétreault.
Mais pour l’ancienne joueuse, une victoire de la Bélarussienne pourrait tout de même faire taire «certains détracteurs du tennis féminin ou ceux qui ne le reconnaissent pas à sa juste valeur».