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Aryna Sabalenka contre Nick Kyrgios: une «bataille des sexes» sur fond de controverse

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Photo portrait de Jessica Lapinski

Jessica Lapinski

2025-12-26T05:00:00Z

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Dimanche à Dubaï se déroulera une reprise de la fameuse «bataille des sexes» qu’a livrée la légendaire Billie Jean King à Bobby Riggs, en 1973, dans le but de prouver au monde entier la légitimité des joueuses de tennis et leur droit de toucher des bourses élevées, elles aussi.

• À lire aussi: «Bataille des sexes» controversée: une experte nous explique pourquoi Aryna Sabalenka peut battre Nick Kyrgios

Un retour de 52 ans dans le passé qui opposera la numéro 1 mondiale Aryna Sabalenka au mauvais garçon du tennis Nick Kyrgios et qui fait froncer quelques sourcils.

Parce que... pourquoi? Pourquoi est-ce nécessaire de mesurer une femme à un homme à une époque où il subsiste bien sûr des inégalités entre les joueuses et les joueurs, mais bien loin de celles d’il y a cinq décennies?

Au-delà du divertissement, bien sûr. Parce que oui, la rencontre diffusée par la BBC à 11 h, heure de l'Est, risque de piquer la curiosité.

Getty Images via AFP
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D’un côté, on retrouve la puissante Sabalenka, 27 ans, reine du circuit féminin, récente championne de l’US Open et détentrice de trois autres trophées du Grand Chelem.

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De l’autre, il y a Kyrgios, 30 ans, aussi caractériel que controversé, ancien numéro 13, oui, mais qui n’a à peu près pas joué depuis deux ans. En fait, si peu que le finaliste à Wimbledon en 2023 occupe désormais le 673e rang sur l’ATP.

La popularité du tennis spectacle

Et au milieu, on retrouve des questionnements. Qu’a à gagner Sabalenka de cette rencontre, outre, on l’imagine, un faramineux pactole qui n’a pas encore été dévoilé? Et surtout, qu’a à y gagner le tennis féminin?

«Si tu me demandes si je vais regarder le match, la réponse est oui», répond Valérie Tétreault, directrice de l’Omnium Banque Nationale de Montréal, dont la curiosité, comme amatrice de tennis, a été piquée.

«Mais je vois plus dans cette compétition un clin d’œil au match de 1973, poursuit-elle. En fait, ce que ça me démontre surtout, c’est à quel point le tennis spectacle, les rencontres d’exhibition, commencent à prendre de l’importance.»

Disney General Entertainment Content via Getty Images
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Une seule similitude, selon la pionnière

La grande Billie Jean King ne semble d’ailleurs pas particulièrement s’enticher de cette reprise, qui sera la quatrième exhibition de la sorte dans l’histoire du tennis (voir plus bas).

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«La seule similitude, c’est que l’un est un garçon et l’autre une fille. C’est tout», a déclaré l’ancienne numéro 1, pionnière de la défense des droits des joueuses, dans une entrevue à la BBC.

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«Le nôtre portait sur le changement social. Sur le plan culturel, sur notre situation en 1973... Celui-ci est différent. J’espère que ce sera un beau match, je veux évidemment que Sabalenka gagne, mais ce n’est tout simplement pas la même chose», a ajouté la dame de 82 ans.

C’était une immense révolution

L’année de la victoire de King, alors âgée de 29 ans, aux dépens de Riggs, qui en avait 55, le circuit de la WTA venait d’être fondé par la pionnière et quelques acolytes.

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Les bourses des hommes étaient de loin supérieures à celles des femmes. En fait, c’est cette même année que les Internationaux des États-Unis sont devenus le premier tournoi du Grand Chelem à offrir aux hommes et aux femmes une dotation égale.

C’était une immense révolution, à l’époque.

Riggs avait aussi plaidé que le tennis féminin était si inférieur qu’il pouvait battre n’importe quelle femme.

La rencontre avait été diffusée à heure de grande écoute sur ABC, depuis Houston. Billie Jean King l’avait emporté 6-4, 6-3 et 6-3.

Pour Valérie Tétreault, même si l’enjeu est de loin différent et que des changements ne découleront «sans doute pas» de cette rencontre, il y a tout de même du positif à cette reprise de la «bataille des sexes».

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«Ça nous permet de parler du match de Billie Jean King et d’apprécier le chemin qu’on a parcouru depuis 1973. Ça force aussi des conversations sur ce qu’il reste à accomplir», estime-t-elle.

– Avec l’AFP

Les autres «batailles des sexes»

Mai 1973

Bobby Riggs, 55 ans, affronte Margaret Court, 31 ans, l’une des meilleures joueuses de l’histoire avec 24 titres du Grand Chelem, un record. Lui en a remporté six, dans les années 1940 et 1950, en plus d’être numéro 1 chez les amateurs ainsi que chez les professionnels.

Riggs, retraité depuis plusieurs années, l’emporte 6-2 et 6-1. Il se moque de Court, mais également du tennis féminin, ironisant qu’une des meilleures joueuses au monde n’avait pas été «capable de battre un gars avec un pied dans la tombe».

Septembre 1973

Après la défaite de sa grande rivale, Billie Jean King accepte à son tour d’affronter Riggs. King a terminé la précédente saison au premier rang mondial et terminera sa carrière avec 12 titres majeurs en simple.

La bourse est alléchante, pour l’époque: 100 000$. La rencontre, qui se disputera au meilleur de trois manches, est présentée à l’Astrodome de Houston et attirera 90 millions de téléspectateurs à travers le monde.

King gagnera finalement 6-4, 6-3 et 6-3.

Septembre 1992

Martina Navratilova affronte Jimmy Connors dans ce qui sera plutôt appelé la «bataille des champions». La première a 35 ans, le second 40, et les deux légendes sont encore actives.

Elle terminera sa carrière avec 18 titres majeurs, lui avec huit. Les règles sont changées à l’avantage de Navratilova: Connors n’a droit qu’à un seul service et sa portion du terrain est un peu plus grande.

L’Américain l’emportera 7-5 et 6-2.

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