Folie pour le baseball à Québec : du jamais-vu en 25 ans chez les Capitales


Jessica Lapinski
Partager
Les joueurs des Capitales en étaient à ranger leurs bâtons après leur gain de 6 à 2 aux dépens des Aigles de Trois-Rivières devant une salle comble à Québec, mardi, que déjà l’organisation annonçait avoir aussi écoulé tous ses billets pour la rencontre du lendemain.
- À lire aussi: Le dossier de la Ligue Frontier à Montréal avance
- À lire aussi: Les Capitales à la chasse aux records
Tous les tickets déjà vendus la veille d’un match au Stade Canac ?
«Ça arrive une fois tous les 25 ans, et c’est [ce mercredi] !» lance Charles Demers, le directeur général de l’équipe qui a disputé sa première saison il y a... 25 ans.
Au bout du fil, sa voix laisse transparaître un mélange de bonheur et de soulagement.
De bonheur, parce que les Capitales font courir les foules cet été. Hier, c’était la quatrième fois en six matchs que chacune des 4297 places assises du stade avait trouvé preneur.

Et de soulagement, car les deux campagnes durant lesquelles le sympathique club de baseball a dû concilier avec la pandémie et ses restrictions n’ont pas été faciles.
«Pendant la pandémie, on a dû complètement reconstruire l’équipe, tant dans les bureaux que sur le terrain, rappelle Charles Demers. Ce qui se produit en ce moment, c’est vraiment comme une belle tape dans le dos que l’on reçoit, qui nous dit que l’on a bien fait de continuer à y croire, à persévérer.»
«Ç’a pris des sacrifices énormes durant ces deux saisons-là, ajoute-t-il. Sans dire que c’est un rêve, ce que l’on vit, je crois que c’est le début de quelque chose de beau, qui nous incite à en faire encore plus, pour s’assurer que les Capitales demeurent un événement incontournableà Québec.»
Séquence historique
Mais que se passe-t-il, précisément, pour que Québec soit ainsi atteinte de la fièvre du baseball ?
Bien sûr, les résultats sur le terrain y sont pour quelque chose, souligne le directeur général. Les Capitales ont remporté 16 de leurs 19 dernières rencontres, ce qui inclut une séquence historique de 14 victoires.
Après quelques années plus tranquilles sur le plan touristique – en raison de la pandémie, encore une fois – de nombreux Américains sont aussi de retour à Québec cet été.
Et le baseball est le premier sport en importance aux États-Unis, rappelle M. Demers. Les Américains qui ont envie de voir du baseball de qualité lors de leur passage à Québec sont donc nombreux à se prévoir une soirée au Stade Canac.
L'expérience client
Mais il n’y a pas que les prouesses de la troupe de Patrick Scalabrini qui entrent en ligne de compte, croit Charles Demers.
Si les Capitales sont devenus un «happening» à Québec, estime-t-il, c’est aussi parce que dans les bureaux, l’équipe administrative a travaillé fort depuis quelques années afin d’offrir au public un événement abordable qui va au-delà du baseball.
Car même si le club a déjà eu une légende québécoise dans ses rangs en Éric Gagné, et même si les Capitales ont déjà remporté cinq championnats consécutifs, jamais l’engouement n’a été comparable à ce qui se produit en ce moment, dans cette campagne 2023 qui s’annonce historique sur le plan des assistances.
Une zone familiale, des billets à un prix abordable, une terrasse qui offre l’occasion aux collègues et amis de se réunir avant les matchs, des concessions alimentaires peu dispendieuses, des soirées thématiques et des spectacles de musique...
Charles Demers souligne que dans les locaux situés sous les gradins, toute l’équipe a travaillé fort afin d’attirer même ceux qui ne sont pas des mordus de circuits et de buts volés.
«On a encore 21 matchs à disputer à domicile cette année, alors on ne veut pas s’emballer trop vite. Mais pour l’instant, on a l’impression que la seule chose qui pourrait jouer en notre défaveur, pointe le directeur général, c’est la météo.»
Et ce n’est pas fini, assure-t-il.
«On a encore plein d’idées pour améliorer l’offre dans les prochaines années.»
Prévoir sa sortie
Cette vente exceptionnelle de billets ne fait toutefois pas que des heureux, regrette le directeur général.
Mardi, quelques centaines de personnes, habituées d’acheter leurs billets directement au stade, n’ont pas pu assister à la partie face aux Aigles.
« On a pris nos responsabilités et on est allé leur parler », explique Charles Demers.
Ce dernier rappelle que les habitudes des clients ont changé depuis la pandémie et que de plus en plus de gens achètent désormais leurs billets sur le web, à l’avance.
Il incite d’ailleurs les gens désireux d’aller voir les Capitales à faire de même, afin d’éviter les déceptions une fois à la billetterie.
«Il reste beaucoup de billets pour le reste de l’année, note-t-il. Il faut simplement s’y prendre à l’avance.»
