Baseball: les Capitales à la chasse aux records
La troupe de Patrick Scalabrini a égalé sa marque d’équipe avec 13 victoires de suite


Stéphane Cadorette
Partager
Plus rien n’arrête les Capitales! Non seulement ils auront l’opportunité mardi soir de battre leur propre record d’équipe en signant une 14e victoire de suite, face aux Y’alls de Florence, mais aussi ils s’approchent dangereusement du record de la Ligue Frontier.
• À lire aussi: Les Twins et Édouard Julien l’emportent in extremis face aux Mariners
La saison dernière, les Capitales avaient signé 13 victoires de suite en mai et en juin, un exploit qu’ils avaient auparavant établi en 2010 et en 2011, dans la défunte Ligue Can-Am.
Cette fois, ils tentent de rééditer leur propre livre des records, en plus de s’approcher de la marque de la Ligue Frontier, établie en 2010 par les Miners de Southern Illinois, qui avaient gagné 20 matchs de suite.
«On va dire à la blague qu’on veut réécrire l’histoire en effaçant le nom de Miguel Cienfuegos de nos livres!» a badiné le gérant Patrick Scalabrini en rappelant les exploits de son as lanceur, l’an dernier.
«Pour vrai, c’est un groupe complètement différent et une nouvelle situation. Ce qui est le plus satisfaisant de cette séquence, c’est qu’on a connu des bouts très difficiles en début de saison. C’est donc très gros et important pour tous», a-t-il signalé au bout du fil, pendant une balade d’une vingtaine d’heures sur la route du Kentucky.
Une production monstre
S’il faut saluer la constance des Capitales, difficile aussi d’ignorer à quel point ils se montrent dominants durant cette brillante séquence.
Lors de leurs 13 victoires, ils ont inscrit en moyenne 7,31 points par match. À sept reprises, ils ont tonné pour huit points ou plus. Pendant ce temps, les lanceurs et la défensive ne donnent que des miettes, soit 2,92 points par match.
Encore mieux, cette série de succès est survenue face aux Jackals du New Jersey, aux Miners de Sussex County et aux Boulders de New York, trois clubs qui devançaient les Capitales au classement de la division Est.
Les représentants de Québec sont maintenant en tête, avec un coussin d’un match et demi, avec le meilleur dossier du circuit (37-22).
«On a affronté seulement des clubs qu’on voulait dépasser et soudainement, c’est nous l’équipe à dépasser. J’espérais gagner la série contre New Jersey, mais pas les balayer.
«Nos cinq partants nous donnent une chance de gagner comme à nos belles années. Au début de la saison, on trouvait des façons de perdre. On frappait bien et on ne lançait pas ou on lançait bien et on ne frappait pas. Là, c’est l’inverse et on a plus de profondeur dans l’alignement», s’est réjoui Scalabrini.
Du monde à la messe

Si la vie sourit aux Capitales sur le terrain, c’est le même phénomène aux guichets. Durant la dernière semaine, deux matchs ont été présentés à guichets fermés devant 4297 fidèles. Ce fut le cas dimanche dans ce qui était possiblement une grande première pour l’organisation. Les foules sont habituellement plus imposantes les vendredis et les samedis.
«C’est fou raide!» a constaté Scalabrini. Depuis les derniers mois avec les séries, on sent qu’il y a toute une vibe à Québec, avec de plus en plus de partisans. Ça s’est ressenti en fin de semaine, l’atmosphère était complètement folle. J’ai rarement vu un dimanche aussi bruyant. Même quand il ne se passait pas grand-chose sur le terrain, l’ambiance était survoltée.
«Les grosses foules, habituellement c’est plus tard en séries ou quand un gros événement est arrivé, comme Éric Gagné qui lançait. En ce moment, c’est dur à expliquer, il y a plusieurs facteurs, mais ça sent vraiment le baseball dans la ville», a conclu le gérant.
Un bon défi
Les Capitales disputent leurs six prochains matchs à l’étranger. Si les Y’alls de Florence en arrachent, ce n’est certainement pas le cas des rivaux qui vont suivre, les Grizzlies de Gateway, eux qui dominent la section Ouest avec un dossier de 35-23.
Il ne faut pas regarder trop loin, mais si l’équipe devait remporter ses six prochains matchs sur la route, elle reviendrait au Stade Canac le 1er août avec l’occasion d’égaler le record de 20 victoires de suite dans la Ligue Frontier, face aux Aigles de Trois-Rivières.
Un jour à la fois, comme le répètent les grands sages...
Un grand moment pour David Glaude

Au cœur de la séquence prolifique des Capitales, aucun joueur n’a vécu un moment magique comme David Glaude, auteur d’un retentissant grand chelem qui a donné la victoire aux siens de manière dramatique, en fin de neuvième manche, samedi soir.
Difficile d’imaginer un pareil scénario, sachant que les Capitales tiraient de l’arrière 7-0 en sixième manche. Après avoir inscrit quatre points en fin de sixième manche, les locaux se sont redonné espoir et Glaude a bouclé la soirée de manière explosive en vivant possiblement le moment le plus enivrant de sa carrière.
«Il n’y avait pas de retrait et on avait le momentum. Tout le monde devant moi s’est rendu sur les buts. J’essayais juste de faire bon contact pour pousser une balle dans le champ et faire avancer les coureurs.
«J’ai eu un bon élan et je savais tout de suite qu’elle était partie de l’autre bord», a raconté fièrement le joueur de Québec, qui s’est toutefois bien plus aisément étendu sur les succès collectifs de l’équipe que sur sa fin de soirée héroïque.
L’avantage du terrain

Pour Glaude, il va sans dire qu’il est important de continuer d’enfiler les victoires, mais pas pour la simple gloire d’un record d’équipe ou de ligue.
«Le record c’est une chose, mais le plus important c’est qu’en gagnant des matchs, on veut finir par sécuriser le premier rang et avoir l’avantage du terrain en séries. On le sait à quel point c’est dur pour les autres équipes de venir jouer à Québec. C’est une fierté pour nous de jouer devant nos partisans», a-t-il lancé.
Difficile de le contredire! En effet, les Capitales présentent une fiche enviable de 24-9 au Stade Canac, comparativement à 13-13 sur la route.
«On sent que c’est spécial ce qui se passe. La terrasse est pleine à tous les soirs, qu’on soit mardi, samedi ou dimanche. Les gens sont excités et dès qu’on passe près d’eux pendant l’échauffement, ils veulent nous parler. Ça nous fait du bien de recevoir tout cet amour», a noté Glaude.
Sur la bonne voie
À l’image de son équipe, celui qui présente une moyenne de ,273 avec 31 points produits s’est quelque peu cherché en début de saison, avant de retrouver son aplomb sur le plan individuel.
«Ça commence à prendre le bon bord. J’ai connu un début de saison difficile, mais je retrouve tranquillement mes repères. J’espère que ça va continuer pour le reste de la saison», a dit celui qui croit que les Capitales ont encore l’équipe pour aller jusqu’au bout.
«C’est l’objectif et avec le baseball qu’on joue présentement, on commence à y croire encore plus.»