Ayant terminé trois fois au second rang au Tournoi des Maîtres: le tour de Justin Rose est-il venu?
Le Britannique figure parmi les meneurs du plateau en vertu de son rendement à Augusta depuis 10 ans


François-David Rouleau
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AUGUSTA | Le nom de Justin Rose est inscrit sur le trophée du Tournoi des Maîtres à trois endroits. Jamais à titre de champion. Quand il a quitté l’Augusta National après sa défaite en prolongation l’an dernier, il n’a pas regardé vers le ciel en disant : « pourquoi pas moi ? ». Il a baissé la tête en gardant confiance envers le futur.
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Après avoir été le meneur après 36 trous et avoir enregistré une splendide carte finale de 66 (-6), il a vu Rory McIlroy enfiler le veston vert qu’il recherchait désespérément depuis 10 ans. Si pour son compatriote européen cette victoire à Augusta était une obsession, ce n’est toutefois pas son cas. C’est plutôt un désir.

« Je préfère regarder ce que j’aurais fait de façon différente que d’implorer les dieux du golf. Quand on réalise que l’on est si proche, on peut sentir la victoire. On peut voir les célébrations. Ça s’est déroulé sous mes yeux, a raconté le champion de l’Omnium américain en 2013. C’est comme si je l’avais vécu, sans toutefois avoir de réelles et positives émotions.
« Je ne peux rien changer à ce qui s’est passé. J’ai tout donné. »
Au fil de sa carrière, il compte maintenant cinq deuxièmes places en tournois du Grand Chelem. Les autres sont survenues à l’Omnium britannique, en 2018 et 2024. À cela s’ajoutent six tops 5 dans les championnats majeurs.
Derrière des légendes à Augusta
Si ce parcours a brisé de nombreux rêves, il n’a pas encore cassé le sien. Même si l’horloge commence sérieusement à grincer avec ses 45 ans. Seul Jack Nicklaus est parvenu à gagner le Masters après avoir passé la moitié de la quarantaine.

Avec Ben Hogan, Rose est le seul à compter deux défaites en prolongation au Masters. L’autre était survenue en 2017 quand Sergio Garcia l’avait battu pour aussi enfiler le veston qu’il convoitait tant.
À Augusta, le Britannique est plus que dû. Parmi ses sept tops 10, il compte aussi une seconde place en 2015, mais il était alors loin du vainqueur Jordan Spieth. Neuf fois, il était installé au sommet du tableau après la 1re, 2e ou 3e ronde. Jamais il n’a soulevé le trophée comme Jack Nicklaus et Arnold Palmer qui tiennent le même genre de statistiques.
Parmi les meilleurs depuis 10 ans
Selon son rendement à Augusta depuis 2015, « Rosy » a retranché 18 coups à la normale. Scottie Scheffler, Jon Rahm, Rory McIlroy, Hideki Matsuyama et Xander Schauffele le devancent depuis 10 ans. Schauffele et lui n’ont toutefois pas enfilé le veston.
« Je suis bien au courant que je suis passé très près de gagner ici et je suis bien conscient de mes très dures défaites. Mais je sais que j’apprécie cet endroit. Je ne veux pas sentir que ces trois deuxièmes places créent un sentiment différent.

« Je pourrais être philosophique, mais en les regardant s’additionner, je crois que huit golfeurs ont gagné ce tournoi après avoir terminé au second rang l’année précédente. Mes chances augmentent probablement. Je regarde le plateau et je suis content », a indiqué celui qui figure au 9e rang des meilleurs golfeurs au monde.
À sa 21e présence à Augusta, Rose ne lèvera pas le pied de l’accélérateur et continuera à persévérer. En forme, il a gagné l’Omnium Farmers Insurance en Californie, en janvier dernier. Il veut ajouter son nom aux légendes de son sport sur le trophée scintillant du Augusta National.
Il attend son moment en espérant qu’il viendra afin de rentrer dans l’histoire différemment. À titre de champion et non de finaliste.