Avant la finale de «La Voix»: quatre coachs, quatre visions d’une aventure commune
La finale de La Voix, diffusée dimanche à 19 h 30 à TVA et sur TVA+, accueillera le chanteur français Slimane (qui a remporté The Voice, en France, en 2010), Éric Lapointe, le groupe Simple Plan et Lou-Adrianne Cassidy.
Samuel Pradier
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À la veille de la grande finale de La Voix, Roxane Bruneau, Corneille, France D’Amour et Mario Pelchat posent un regard lucide et personnel sur l’aventure qu’ils viennent de vivre et sur les candidats qu’ils ont recrutés dans leurs équipes. Quatre visions distinctes, portées par une même volonté : faire grandir des talents bruts.
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Roxane Bruneau
Une coach amicale
Gagner La Voix n’était pas une ambition pour Roxane Bruneau. « Chaque candidat gagne individuellement en participant à cette émission. Ils viennent tous chercher quelque chose, que ce soit briser leur coquille ou apprendre à prendre leur place dans la vie comme sur scène... Je pense que chaque personne est repartie avec un bagage supplémentaire. » Roxane a l’impression d’avoir bien accompagné ses candidats tout au long de l’aventure. « Je pense avoir été là où ils avaient besoin d’aller, en les écoutant et en détectant leurs attentes. Je suis fière de ça, de les avoir amenés là où il fallait qu’ils aillent. J’ai eu des sensibles, des travaillants, mais tout le monde avait beaucoup de talent. » Elle a aussi voulu les préparer à la suite, à ce qui les attend une fois les caméras éteintes. « Il va y avoir l’espèce de vide d’après. Ça peut frapper fort, surtout quand tu n’as jamais fait ça de ta vie. Tu es sur le plus gros show de télé du Québec, et s’il ne se passe rien après... Ça peut quand même être déprimant. Il faut que ce soit préparé. »
À propos de sa finaliste, Rosemarie Boivin, elle confie : « J’ai eu un coup de cœur pour elle dès les Auditions à l’aveugle, et quand j’ai pu la voler, je me suis dit qu’il fallait que je la garde jusqu’au bout. Ce n’est pas elle qui chante le plus fort, mais elle chante vrai. Elle a une belle voix, feutrée. Ce qui me touche aussi beaucoup : le fait qu’elle soit si jeune et qu’elle ait une expérience de vie hallucinante. »
Corneille
Un coach authentique
Depuis le début de la saison, Corneille a insisté pour être un grand frère qui veille autant au bien-être de ses candidats qu’à leur évolution artistique. À la veille de la finale, il estime avoir été à l’écoute de ses protégés et reconnaît que la capacité d’adaptation des coachs, comme celle des candidats, est essentielle. « C’est important de savoir s’adapter pour rester authentique en tant que coach. On peut être stratégique, mais on est surtout dans des moments de vérité avec les candidats. On doit donc s’adapter à ce qu’ils nous donnent. » Le coach avoue ne pas vraiment savoir ni comprendre ce qui le pousse à se retourner pour un candidat aux Auditions à l’aveugle. « Quand les quatre se retournent, c’est généralement parce que c’est clair. C’est de la technique vocale, tout est beau. Mais pour les autres, on ne sait pas. Le choix devient très subjectif. » La Chaise musicale, lors des Qualifications, lui a causé bien du trouble. « C’était difficile pour les coachs, et très cruel pour les candidats. La personne à qui tu viens de donner une place, tu lui annonces à la performance suivante qu’elle partir, c’était terrible. » Corneille sait aussi que les choses commencent réellement pour les candidats après la fin de l’émission, et il les a prévenus. « Il n’y a pas de formule unique, mais je leur dis qu’ils ont le droit de se tromper. »
À propos de sa finaliste, Dayahanna, le coach ne tarit pas de compliments. « Elle a une voix, ce genre de voix qu’on entend très rarement, parce que sa voix suffit à combler pour toutes les autres lacunes. Elle n’a pas une capacité incroyable, mais chaque note qui sort de cette fille est un bijou. Pour moi, c’est une des plus belles histoires depuis que je suis à La Voix. »
France D’Amour
Une coach stratégique
Pour cette deuxième saison dans le fauteuil rouge, France D’Amour s’est entourée de candidats complètement différents de l’année précédente, mais avec une volonté tenace. « Mon défi était de n’entendre chanter que du francophone. On se plaint que les radios, les plateformes ou le gouvernement ne nous soutiennent pas, mais c’est à nous de commencer. Donc, c’était super important pour moi d’être 100 % franco. » La chanteuse a été très stratégique durant la saison, que ce soit aux Auditions à l’aveugle pour la constitution de son équipe, ou lors de la Chaise musicale durant les Qualifications. « Je suis la seule coach dont tous les candidats ont touché à la chaise. Je m’étais fait un plan sur lequel j’ai travaillé durant des heures parce que je voulais que tout le monde s’assoie sur la chaise. » France D’Amour a aussi distillé beaucoup de conseils à ses candidats pour la suite de leur carrière, après l’émission. « J’ai essayé de les aider sur le long terme, en leur disant : tu vas avoir besoin de ça, c’est important que tu investisses là-dedans... Moi, ça fait 40 ans que je suis là et j’appris des trucs. Mais ça reste que le showbiz est toujours en mouvement et en évolution. Il faut donc qu’ils soient prêts à évoluer et à être ouverts au changement. »
À propos de sa finaliste, Roxanne Garceau, elle confie que cette dernière pourrait être sa sœur. « Quand elle s’est mise à chanter, je me suis retournée pour elle, et quand j’ai dû me battre contre Corneille pour l’avoir, je la suppliais intérieurement de venir avec moi. C’est celle qui a le plus grand charisme de l’édition 2026. Elle, elle rentre dans une place et elle crée une cohésion avec tout le monde. Elle veut autant pour elle que pour les autres. C’est une qualité indéniable de nos jours pour faire ce métier. En plus, c’est une très bonne chanteuse. Je pense que ce qui est encore plus important que le talent, c’est d’inspirer les gens à être meilleurs. »
Mario Pelchat
Un coach très présent
Mario Pelchat n’a aucune barrière dans le milieu de la musique, ce qui lui a permis d’avoir aussi bien des artistes country ou pop que classiques dans son équipe. « C’est assez incroyable parce qu’il y a beaucoup de jeunes qui ont grandi avec La Voix, qui ont regardé cette émission, et qui peuvent maintenant y participer. Je trouve ça formidable. » Cette année encore, le chanteur a d’abord cherché la singularité. « Ce que je cherche, c’est une voix qui ne ressemble pas à une autre, une énergie nouvelle. Et le public veut aussi de la diversité. Je voulais juste des artistes différents, et tous ceux de mon équipe le sont. » Fidèle à sa réputation, Mario confirme rester très présent pour ses protégés. « J’ai le numéro de téléphone de chacun des candidats. On s’appelle, on se texte. Je leur ai donné des conseils, et je leur en donne encore. Il y a des gens des saisons 2023 et 2024 qui m’écrivent et à qui je réponds toujours. Il restera toujours un lien, un attachement avec chacun d’entre eux. Je trouve ça important. Je ne suis pas le genre de gars qui se défile. »
À propos de son finaliste, Jason Coroa, Mario Pelchat reste assez impressionné. « C’est un gars qui est né pour chanter, ce n’est pas compliqué. Ça sort de lui de façon facile et naturelle. Il a une grande voix, il est touchant sans avoir à faire grand-chose. Il est habité et incarné. C’est un candidat redoutable. En plus, j’ai découvert en cours de route qu’il a des vignes, il aime les cépages, il est intéressé par la viticulture... On a plein de points communs. »