Les cavernes sportives du Québec: au cœur de l’antre mauve des Vikings!


Stéphane Cadorette
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Les cavernes sportives, que les anglophones appellent affectueusement «man caves», sont de plus en plus populaires. Les amateurs et amatrices de sports sont prêts à tout pour faire de leur sous-sol une pièce d’anthologie où il fait bon se rassembler pour exposer son amour à l’endroit de son équipe préférée, peu importe la discipline.
Le Journal a effectué une tournée dans quelques villes de la province, à la recherche de quelques trésors cachés et est tombé sur de véritables perles que vous vous ferez un plaisir de découvrir.
SHERBROOKE | Il y a au Québec de nombreux maniaques des Canadiens et de la LNH qui font de leur sous-sol de véritables temples du hockey, mais chez d’autres, c’est le football qui règne en roi et maître. La preuve, c’est que les Vikings du Minnesota ont leur royaume québécois quelque part à Sherbrooke.
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L’équipe vêtue de mauve et de jaune est celle de Mathieu Labbé depuis 1998. C’était la meilleure année dans l’histoire de la franchise avec une fiche de 15 victoires et une défaite, qui s’est terminée par une défaite crève-cœur en finale de conférence, à un cheveu du Super Bowl.
C’est d’ailleurs l’un des nombreux moments cruels qui ont frappé les Vikings depuis des décennies, mais il n’y a rien pour éteindre la flamme d’un partisan éternellement vendu à leur cause.
«Mon frère [l’ancien gardien de but Jean-François Labbé] jouait junior majeur et il portait un manteau des Vikings. Je suis tombé en amour avec le logo. Je les ai suivis et je ne les ai jamais lâchés depuis», raconte-t-il, toujours émerveillé, lors de notre visite dans l’antre des Vikings.
Tout en mauve!

Dès que Mathieu Labbé nous ouvre la porte de son refuge, nous plongeons dans un autre monde. Tout, tout, tout, mais vraiment tout y est mauve ou jaune et orné du logo des Vikings.
Il y a bien sûr d’immenses photos murales de ses favoris, dont le légendaire Randy Moss, immortalisé lorsqu’il avait fait mine de baisser son pantalon en plein stade ennemi au Lambeau Field, quand les siens avaient renversé les Packers de Green Bay lors des séries en janvier 2005.

On y aperçoit aussi Stefon Diggs célébrant le mythique «Miracle à Minneapolis», en janvier 2018.
Mais il y a bien plus. Tous les détails sont pensés en fonction des Vikings.
La table et les boules de billard aux couleurs de son équipe sont de mise. Même le bleu traditionnel pour les baguettes est mauve chez ce partisan invétéré.
Il y a évidemment tous les gadgets imaginables pour rappeler sa partisanerie, de la couleur des manettes de la console de jeux vidéo à la housse du divan. Oui, on vous le jure, même la balle du chat est aux couleurs des Vikings! Sans blague!
Pour ajouter un brin de folie, imaginez-vous que la partisanerie sans borne déteint jusqu’à l’extérieur de la résidence, puisque les arrangements floraux devant la maison sont, évidemment, en mauve et jaune.
«Un jour, ma blonde et moi on a fait un road trip aux États-Unis. Elle ne comprenait pas l’ampleur de la folie pour le football de la NFL. Elle imaginait ça comme le Canadien à Montréal et quand elle a vu les véhicules transformés avec les gens déguisés et maquillés partout, elle a réalisé à quel point c’est gros. Les villes arrêtent carrément de vivre», explique-t-il.
À chacun ses folies

Depuis, Mathieu Labbé a vu six matchs de ses Vikings en personne même si ce n’est clairement pas à la porte, et ce n’est qu’un début, puisqu’à compter de la saison prochaine, il sera officiellement détenteur de deux billets de saison à Minneapolis.
«Quand j’ai vu l’appel avec “Minnesota Vikings” sur l’écran, j’étais plus stressé que la première fois qu’une belle fille t’appelle!», ricane le joyeux luron.
Pour en revenir à sa caverne bien à lui, tout a débuté par un simple collant mural. Puis, un coup de pinceau aux murs, aux portes et au plafond, avec, disons-le, quelques achats...

«Des fois, quand je n’ai rien à faire, je prends mon cell et je me crée des besoins!», convient-il en riant.
Au fil du temps, sont apparus dans son décor quelque 25 casques autographiés, un peu plus de 70 chandails et une trentaine de casquettes. Se vêtir est un besoin presque vital, après tout!
«Une fois, je suis revenu d’un voyage au Minnesota avec 18 calottes! Ma blonde m’a dit: “T’es sûr que t’en as assez?”», lance-t-il en explosant de rire.

Heureux dans sa cave
Comme la plupart de ceux qui investissent dans leurs cavernes sportives, Mathieu Labbé préfère ne pas compter les sous dépensés au fil du temps. À ses yeux, il est inutile de budgéter le bonheur qu’il trouve à s’asseoir devant un bon match de football dans son palace des Vikings.
«Je tripe ici. Quand je descends, c’est comme un gros événement de football. Il y en a qui fument et qui boivent de la bière en quantité industrielle. Il y en a qui vont dans le Sud trois fois par année. Il y en a qui aiment avoir cinq chars dans la cour. Ça leur coûte plus cher que moi. Chacun a ses passions», explique-t-il.

Et s’il vous venait l’envie de vous moquer du mauve de ses Vikings, Mathieu Labbé a une réponse toute prête.
«Ceux qui me disent que c’est laid, ça me passe par une oreille et ça sort par l’autre. Et je leur dis souvent pour rire que ce n’est pas mauve, c’est pourpre!», conclut le plus fervent partisan québécois des Mauves.
Pardon! Des Pourpres...