Attaque américaine au Venezuela: Moscou et Pékin pourraient-ils s’ingérer dans le conflit?

Mina Collin
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Bien que la Russie, la Chine et l’Iran, alliés du Venezuela, aient condamné l’attaque américaine survenue samedi, il est peu probable que ces pays cherchent à répliquer, selon un analyste politique.
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Après que le président américain Donald Trump eut affirmé que les forces américaines avaient capturé son homologue vénézuélien, Nicolás Maduro, à la suite d’une série de frappes aériennes au Venezuela, de nombreuses réactions ont émergé sur la scène internationale, plusieurs pays condamnant l’attaque.

Toutefois, bien que Pékin ait «condamné fermement le recours flagrant à la force par les États-Unis», que Moscou ait qualifié l’intervention de «préoccupante et condamnable» et que l’Iran ait dénoncé une «violation flagrante de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale du pays», l’analyste politique Georges Mercier juge improbable toute riposte de leur part.
«Ce serait surprenant», a-t-il déclaré à LCN, samedi, mentionnant qu’il ne serait pas dans leurs intérêts immédiats de le faire.

«La Russie est prise en Ukraine. Elle n’a pas les ressources aujourd’hui pour se porter à la rescousse, au secours du Venezuela. La Chine ne s’intéresse pas particulièrement à ce pays-là. De toute manière, ce qui intéresse Xi Jinping, le dirigeant chinois, c’est Taïwan [et] non pas ce qui se passe en Amérique latine», a-t-il souligné.
Selon lui, ce qui se déroule actuellement – et qui devrait se confirmer au cours des prochains mois, voire des prochaines années – correspond à une «reconfiguration du monde en zone d’influence», «où les États-Unis ont ce qu’ils appellent l’hémisphère ouest, qui comprend l’Amérique latine où ils peuvent agir comme bon leur semble d’une certaine manière, où la Russie peut-être aura l’est de l’Europe et où la Chine pourrait s’occuper de l’Asie du Sud-Est», a indiqué l’analyste.
Une possible riposte civile?
Georges Mercier soutient qu’il y a «trois grandes inconnues» depuis que Donald Trump a pris le contrôle du Venezuela.
«Qu’est-ce que l’armée va faire au Venezuela? Comment la population va réagir? Comment est-ce que les élites qui profitaient du régime de Nicolas Maduro vont choisir de se comporter?» a-t-il soulevé.
L’analyste s’interroge également sur l’éventualité d’une coopération avec les intérêts américains ou, à l’inverse, sur l’émergence d’un mouvement de résistance au Venezuela.
«La question, c’est de voir si ce qui s’apparente un peu à une pensée magique de Donald Trump en ce moment, où [il dit]: “On a pris Maduro, tout va bien aller, nous allons gouverner”, si ça, ça va fonctionner ou si, au contraire, le Venezuela va se désintégrer dans un conflit ciblé [...] plus important», a-t-il ajouté.
Pour voir l’entrevue intégrale, cliquez sur la vidéo ci-dessus.