Athlétisme: qu’est-ce qu’il y a dans l’eau chez le Rouge et Or?


Stéphane Cadorette
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Qu’ont en commun Audrey Leduc, Jean-Simon Desgagnés, Charles Philibert-Thiboutot et Thomas Fafard? Non seulement ils prennent tous part aux Jeux olympiques de Paris, mais, surtout, ils ont tous fait leurs classes avec le Rouge et Or. C’est à se demander ce qu’il y a dans l’eau à l’Université Laval.
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«C’est exceptionnel», convient l’entraîneur du club d’athlétisme, Sylvain Cloutier.
«Surtout que je ne dirais pas quatre, mais cinq athlètes du Rouge et Or en ajoutant Anthony Bouchard, qui sera du 100m et du 400m aux Jeux paralympiques», s’est-il empressé d’ajouter.
Difficile de le contredire, quelque chose de spécial se produit au sein du club d’athlétisme du Rouge et Or.
Leduc a atteint la demi-finale du 200m. Elle a aussi concouru au 100m et elle sera de l’équipe du relais 4x100m jeudi matin.
Fafard s’est qualifié contre toute attente pour la finale du 5000m, qui se déroulera samedi.
Philibert-Thiboutot a pris part au 1500m, tandis que Desgagnés vient de terminer au 13e rang en finale du 3000m steeple. Les deux se suivent depuis belle lurette, eux qui avaient été initialement formés par Vincent Fortier au Collège mariste de Québec.
Une ambiance spéciale

Il s’agit de résultats inespérés pour le club du Rouge et Or, qui observait attentivement à distance. Et apparemment que les succès n’ont rien à voir avec l’eau!
«C’est l’ambiance dans le club qui fait la différence. Ça devient accessible, on y croit et on met tous les efforts pour y arriver. Thomas [Fafard], il y a un an à peine, personne n’y croyait. Puisque Charles et Jean-Simon, leurs standards olympiques étaient déjà atteints, ça a fait que Thomas a encore plus poussé pour y croire en faisant les compétitions pour se donner les chances d’y aller», a expliqué Cloutier.
Lui-même a couru pour le Rouge et Or en 2006 et en 2007. À cette époque pas si lointaine, l’idée d’envoyer un athlète du club aux Jeux semblait improbable. Cinq? De la pure folie!
«On disait souvent à l’époque que des athlètes au Québec, ça ne pouvait pas aller aux Jeux. Il fallait qu’ils aillent aux États-Unis ou en Europe dans des groupes d’entraînement plus performants. Nos athlètes ont prouvé le contraire», s’est-il réjoui.
Pas de piste
Le pire, c’est que les athlètes du Rouge et Or n’ont même pas bénéficié, lors des deux dernières années, d’une piste extérieure de 400m sur le site de l’Université Laval. Il aura fallu régulièrement se déplacer à Montmagny pour parfaire la préparation.
«À un entraînement de deux ou trois heures, tu rajoutes deux heures de transport. C’est du temps et de la résilience. Ils ont tracé la voie et une fois qu’elle est tracée, tu as juste à suivre l’exemple», s’est extasié Cloutier.
Le directeur adjoint du programme d’excellence du Rouge et Or, Jean-Noël Corriveau, souligne quant à lui le fait que les représentants du club d’athlétisme n’ont pas lutté à armes égales avec plusieurs grands athlètes présents à Paris.
«L’admiration que j’ai à leur endroit, c’est qu’ils sont aussi des étudiants à temps plein. Ils affrontent des athlètes qui s’entraînent à l’année et qui sont dans la Diamond League. Nos athlètes étudient, ils s’entraînent et ils n’ont pas les moyens que les autres ont.
«Tu regardes une fille comme Audrey et elle vient tout juste d’avoir son financement. Elle s’est rendue aux Jeux quand même et c’est un exploit», a-t-il salué.