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Arrêtée pour avoir bloqué un pont, cette enseignante est prête à se battre pour l’environnement

Photo portrait de Axel  Tardieu

Axel Tardieu

2024-06-13T22:02:17Z

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Une enseignante de 26 ans s'est fait arrêter dimanche alors qu’elle bloquait la circulation sur le pont de la Concorde. 24 heures a rencontré cette militante écologiste de Dernière Génération Canada.

Laura Andrea Osorio compte parmi les cinq personnes arrêtées dimanche dernier par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) pour avoir entravé la circulation sur le pont reliant l’île de Montréal à l’île Sainte-Hélène.

C’est la première fois de sa vie qu’elle se fait arrêter. Cette militante, originaire de Colombie, retrouvera la liberté au bout de quatre heures.

«On aurait aimé rester plus longtemps sur le pont, dit-elle. Notre but, c’est d’avoir le plus d’attention possible parce qu’on veut vraiment du changement.»

Des policiers arrêtent les manifestants sur le pont de la Concorde.
Des policiers arrêtent les manifestants sur le pont de la Concorde. Photo Dernière Génération Canada

Créé en 2023, Dernière Génération Canada est un collectif de militants climatiques, des étudiants comme des retraités, qui organise des actions non-violentes pour dénoncer l’inaction du gouvernement face à l’urgence climatique.

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Le groupe est à l’origine du vandalisme dans l’entrée principale du bureau du premier ministre Justin Trudeau en février. Ils ont également aspergé de peinture rose une réplique d’un squelette de dinosaure au Musée canadien de la nature.

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La porte d'une des entrées principales du bureau du premier ministre Justin Trudeau à Ottawa a été enduite de peinture rose mercredi matin. Le 7 février 2024. Photos Agence QMI.
La porte d'une des entrées principales du bureau du premier ministre Justin Trudeau à Ottawa a été enduite de peinture rose mercredi matin. Le 7 février 2024. Photos Agence QMI. Photos Agence QMI.

Dans des vidéos publiées sur le compte Instagram du groupe, on voit des automobilistes insulter les militants et en pousser d’autres pour qu’ils libèrent la voie.

«Je comprends leur énervement, dit Laura Andrea Osorio, [...] mais l’inconvénient n'est pas comparable à la tragédie du réchauffement climatique. On dérange, parce qu’on est désespéré de se faire entendre et qu’on aimerait un avenir vivable pour les prochaines générations.»

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Des pompiers plutôt que l’armée

L’enseignante s’est jointe à Dernière Génération Canada en février, après avoir vu des vidéos des dommages créés par les feux de forêt de l’été dernier au Canada. Ils ont ravagé 16 millions d’hectares d’arbres, fait 240 000 évacués et tué six personnes. La saison 2023 a été la plus destructrice jamais enregistrée au pays.

Malgré avoir été arrêtés 42 fois, ces militants continuent de demander à Ottawa de créer une agence fédérale de protection des forêts qui engagerait, tout au long de l’année, 50 000 pompiers pour lutter plus efficacement contre les feux de forêt.

«Il y a des coupures dans les budgets des pompiers et 70% sont des bénévoles», déplore Eulalie Reesink, coordinatrice de mobilisation de Dernière Génération Canada, qui espère plus d’investissements de la part des gouvernements.

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Mais est-ce une bonne idée?

Créer une agence nationale de pompiers – comme c’est le cas aux États-Unis – plutôt que d’envoyer l’armée canadienne serait plus logique, confirme Mike Flannigan, professeur en gestion d'urgence et sciences d'incendie à l'Université Thompson Rivers.

Or, le chiffre de 50 000 pompiers avancé par Dernière Génération Canada lui paraît irréaliste. Pour lui, il serait préférable de «mieux former et équiper les pompiers déjà présents dans les provinces».

Au Québec, la SOPFEU dispose de 280 pompiers forestiers réguliers.
Au Québec, la SOPFEU dispose de 280 pompiers forestiers réguliers. Photo SOPFEU

Le professeur estime que 400 pompiers pouvant être déployés rapidement partout au pays suffiraient.

Par ailleurs, embaucher autant de pompiers nécessiterait un investissement de cinq milliards de dollars, évalue Ken McMullen, président de l’Association canadienne des chefs de pompiers.

«Il faudrait plutôt investir cette somme dans les services de pompiers déjà établis pour mieux les former et mieux les équiper», avance-t-il.

Une flotte nationale

John Gradek, chargé de cours à l’Université McGill et expert en lutte contre les feux de forêt, juge que le Canada n’est pas bien armé contre les incendies de forêt. Mais pour lui, il vaut mieux créer une flotte nationale de 100 avions.

John Gradek, chargé de cours à l’Université McGill.
John Gradek, chargé de cours à l’Université McGill. Photo Axel Tardieu

«Il faut que les avions citernes deviennent une ressource fédérale qu’on puisse envoyer n’importe où au pays en 24 heures. La logistique pour déplacer des avions est plus facile et moins cher qu’avec des pompiers», explique John Gradek.

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