Discours à la nation: Trump dit que l'Iran sera frappé «extrêmement durement» pendant encore deux à trois semaines
Zoé Arcand
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Donald Trump s’est vanté des « victoires décisives » dans sa guerre contre l’Iran lors d’un discours à la nation mercredi, promettant que sa campagne militaire prendrait fin d’ici trois semaines. « Au cours de ces quatre dernières semaines, nos forces armées ont remporté sur le champ de bataille des victoires rapides, décisives et écrasantes - des victoires comme peu de gens n’en ont jamais vu auparavant », a prétendu le président des États-Unis.
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« Un grand spectacle »
C’est l’air fatigué, mais solennel, que Donald Trump s’est adressé pendant une vingtaine de minutes à la nation américaine pour la première fois depuis le déclenchement de la guerre qu’il mène avec Israël en Iran.
Plus tôt mercredi, les Gardiens de la Révolution ont affirmé que le détroit d’Ormuz resterait bloqué à leurs « ennemis ». Le président américain a annoncé que la République islamique avait demandé un cessez le feu, ce qu’a rapidement démenti le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï, qui a qualifié ces déclarations de « fausses et dénuées de tout fondement ».
Fidèle à son habitude, le locataire de la Maison-Blanche s’est lancé des fleurs lors de cette allocution qu’il « aurait dû tenir plus tôt, au début de la guerre », estime Julien Tourreille, spécialiste de politique américaine et de relations internationales affilié à la Chaire de recherche Raoul-Dandurand.

« C’est un grand spectacle pour remonter dans l’opinion publique », estime l’ex-diplomate canadien Ferry de Kerckhove.
Car les deux tiers des Américains sont en faveur d’une fin rapide à ce conflit, selon un récent sondage Reuters/Ipsos. Et le taux de popularité du président est aussi bas que 36 % alors que les élections de mi-mandat approchent à grands pas.
Deux ou trois semaines de plus
Donald Trump a donc tenté de les convaincre de la légitimité de cette guerre en leur assurant avoir « décimé » l’Iran, estime M. Tourreille.
Malgré tout, il a affirmé que la guerre pourrait se poursuivre entre deux et trois semaines de plus.
« Nous allons les frapper extrêmement durement au cours des deux à trois prochaines semaines. Nous allons les ramener à l’âge de pierre auquel ils appartiennent », a-t-il lancé.
Il a tenté de rassurer les Américains en soulignant que l’opération avait jusqu’à présent été plus courte que chacune des interventions militaires américaines depuis la Première Guerre mondiale.
Bien qu’il ait assuré que les États-Unis pouvaient encaisser le coût économique de cette guerre, M. Tourreille croit qu’il est possible que « là-dessus, les Américains n’auront pas été convaincus. Ils ne vont pas voir la baisse des prix à la pompe ».
D’ailleurs, le prix du baril avait augmenté à plus de 105 $ US dès la fin du discours à la Nation.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Richard Martineau, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
Pas d’escalade terrestre
« Achetez du pétrole aux États-Unis », a encouragé le président, s’adressant aux pays dépendant du détroit d’Ormuz pour s’approvisionner en pétrole. « Nous en avons en abondance. Nous en avons tellement. »
Il a aussi insisté une fois de plus pour que ces pays interviennent dans cette voie de passage vers le golfe Persique.
« Allez dans le détroit, prenez-le, protégez-le, servez-vous-en », a-t-il lancé.
Bien que M. Trump n’ait pas annoncé la fin de sa campagne militaire, M. Tourreille retire deux bonnes nouvelles de l’allocution.
« Il y a eu des inquiétudes au cours des dernières heures indiquant qu’il puisse annoncer vouloir retirer les États-Unis de l’OTAN », ce qu’il n’a pas fait. « Il n’a pas non plus annoncé d’escalade avec des opérations terrestres en Iran. »
Quelques instant après la fin du discours, l’armée israélienne a indiqué avoir contré deux salves de tirs de missiles venus d’Iran.