Appui aux États-Unis concernant l’Iran : «Les Canadiens ont droit à des explications», plaide Marc-André Leclerc
TVA Nouvelles
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Le premier ministre Mark Carney doit prendre la parole pour expliquer son appui envers la décision des États-Unis de bombarder l’Iran, samedi, selon l’analyste politique Marc-André Leclerc.
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Quelques heures seulement après les premières frappes américaines et israéliennes, le chef libéral a indiqué dans une déclaration qu’il appuyait « les mesures prises par les États-Unis pour empêcher l’Iran de se doter d’une arme nucléaire et pour empêcher son régime de continuer à menacer la paix et la sécurité internationales ».
M. Carney s’est toutefois fait discret depuis.
Il est apparu avec le premier ministre indien Narendra Modi pour une annonce économique, mais n’a pas répondu aux questions concernant le conflit en Iran.
Selon Marc-André Leclerc, le chef d’État canadien se doit de rectifier le tir rapidement.
« À un moment donné, les Canadiens et Canadiennes ont droit à des explications de la part de leur premier ministre », a mentionné l’analyste politique lors du Bilan de mi-journée lundi à LCN.
« On est en Inde, oui, on aimerait parler d’échanges commerciaux avec le président indien, mais il se passe d’autres choses dans le monde actuellement, a-t-il renchéri. C’est un peu surprenant de voir à quel point il ne veut pas aujourd’hui répondre aux questions. »
M. Leclerc estime qu’il est rare de voir un tel appui rapide d’un pays envers une intervention d’une autre nation sans avoir préalablement été informé qu’elle aurait lieu, comme ce fut le cas samedi.
« Habituellement, c’est long d’avoir ce genre de déclaration, a-t-il avancé. Là, on le fait très rapidement, et après coup on parle aux alliés. Je ne suis pas contre le fait que le gouvernement canadien appuie ce que les États-Unis font présentement [...] cependant, à un moment donné il faut que tu défendes tes positions aussi. »
Le chroniqueur au Journal de Montréal Antoine Robitaille abonde dans le même sens.
« Il va falloir qu’il prenne la parole, a-t-il mentionné. Sa première réaction était sans nuance. Il appuyait carrément les États-Unis. Ce matin, Anita Anand a comme nuancé un peu, en disant “on n’a pas été informé”. »
Si certains ont vu dans la réaction de samedi de M. Carney un désaveu de son discours de la fin janvier à Davos, M. Robitaille estime que le premier ministre peut encore défendre ses deux positions.
« Le discours de Davos, c’est vrai qu’il allait dans la direction d’une condamnation de la force brute, mais il y avait aussi l’élément “il faut arrêter de se mentir à nous-même, le droit international, c’est bien beau, mais dans les 50 dernières années, ça a toujours permis aux pays les plus forts de faire ce qu’ils voulaient” », a-t-il rappelé.
« Il y avait comme un aveu que c’est bien beau le droit international, mais ça ne fonctionne pas tant que ça, a-t-il continué. Il y avait ça avec quoi on peut dire que la déclaration de samedi était cohérente. Mais il devrait s’expliquer, franchement. »
Cependant, Marc-André Leclerc ne voit pas les choses de la même façon.
« Ça, c’était le sous-texte, a-t-il dit. Le texte principal, c’est qu’il y a une nouvelle ère et on tourne le dos aux États-Unis. Mais à la première occasion, on le voit, on va appuyer les États-Unis. Donc il se contredit totalement par rapport à ce qu’il a dit à Davos. »
Voyez l’analyse complète dans la vidéo ci-dessus