Andréanne Langlois a trimé dur pour se rendre aux Jeux
Richard Boutin
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TOKYO - La kayakiste Andréanne Langlois apprécie davantage sa qualification pour les Jeux de Tokyo que sa réalisation de 2016 à Rio.
La kayakiste native de Lac-Beauport qui porte les couleurs du club de Trois-Rivières a vécu un parcours la menant à Tokyo parsemé d’écueils.
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«C’est plus gratifiant de me qualifier cette année qu’en 2016, explique Langlois. J’ai emprunté le parcours du combattant pour me qualifier pour Tokyo alors qu’il s’agissait d’une surprise que je sois à Rio. Mon chemin a été parsemé d’embûches qui m’ont fait grandir comme personne.»
Victime d’épuisement professionnel qui l’a tenue à l’écart pendant plus d’un an, Langlois a maintenant une perception fort différente. «Avant je me considérais uniquement comme une athlète et je m’évaluais en fonction de mes performances. Je n’oublie plus maintenant l’humain. Nous ne sommes pas des robots et je ne me sens plus mal si j’ai des problèmes dans la vie ou si je connais une mauvaise journée d’entraînement.»
Langlois utilise une image qui résume très bien ce qui lui est arrivé en 2018 quand elle a pris une pause de l’équipe nationale avant de revenir à la compétition à l’automne 2019.
«J’étais comme une cannette de Pepsi qu’on brasse et qu’on brasse encore, et ça m’a explosé dans la face. Ç’a fait mal. Je me définissais comme Andréanne la kayakiste. C’est payant à court terme de faire des sacrifices, mais c’est difficile à long terme. J’ai consulté le psychologue sportif de Canoë Kayak Canada [CKC] et c’est encore le cas.»
«Après 22 ans dans le kayak, il fallait que ça pète un jour, poursuit Langlois, qui a pris le départ des préliminaires en K-1 200m, dimanche. J’ai toujours été une fille très intense et très exigeante. Avec la fatigue, ça formait un cocktail Molotov.»
Nouvelle Andréanne
Ce temps d’arrêt lui a permis de placer les choses dans leur perspective. «Je ne suis plus du tout la même personne, affirme-t-elle. Je suis pas mal plus relaxe et je n’accumule plus. J’extériorise mes sentiments. Je suis plus à mon écoute et c’est payant à long terme. Quand ça ne va pas bien, tu dois être gentille avec toi-même et te traiter ou te parler comme tu le ferais avec ta meilleure amie.»
Langlois est dans un bon état d’esprit, mais elle sait qu’elle doit être vigilante. «Plus je suis fatiguée, plus les vieux démons reviennent, résume-t-elle. Je dois rendre silencieuse cette voix négative. C’est un combat quotidien. Je vais toujours être exigeante, mais tu dois être gentille avec moi-même. Sinon, tu t’en sors pas.»
Si elle s’est battue pour retrouver un meilleur équilibre, la kayakiste s’est aussi battue pour gagner sa place à son retour. «Je me suis battue de A à Z pour retrouver mon poste sur l’équipe nationale, image-t-elle. Je me suis battue chaque jour et j’ai gagné ma place. À mon retour, je me sentais comme la petite nouvelle même si j’avais fait 15 ans sur l’équipe. Certaines personnes étaient frustrées de mon retour alors que d’autres étaient contentes que j’aie priorisé ma santé.»
«CKC a été pris de court avec ma situation, mais a réalisé que tout le monde pouvait vivre des troubles de santé mentale, ajoute Langlois. Même si la santé mentale demeure un sujet tabou, les ressources ont augmenté.»
Top 5
Langlois croit possible que le K-4 500 mètres atteigne la finale A. «Nous avons de gros, gros objectifs. On est confiante d’atteindre la finale, mais on vise un top 5. On va s’aligner sur la ligne de départ pour gagner et avec le couteau entre les dents. En 2016, on partait vite, mais on mourrait avant la fin. On a changé de tactique.»