Amoureux depuis 18 ans, Sylvain Cossette et Andrée Watters rayonnent sur scène!
Pour la tournée «Rendez-vous 25e anniversaire», visitez sylvaincossette.net.
Daniel Daignault
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Sylvain Cossette est abonné au succès et au bonheur. Sa tournée Rendez-vous 25e anniversaire a déjà franchi le cap des 50 000 billets vendus. Cette année, il célèbre également ses 18 ans aux côtés de sa complice et amoureuse, Andrée Watters. De quoi fêter ! Nous avons suivi Sylvain et son équipe en coulisses du spectacle présenté récemment à Brossard, au Théâtre Manuvie. Il s’agit d’une équipe soudée, composée de « vieux » chums — une gang qui s’amuse —, avec, en prime, Andrée, qui effectue un retour sur scène.
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Sylvain, 50 000 billets vendus, c’est tout un exploit !
Oui, on en est conscients, et on est même rendus à environ 55 000 billets. À tous les derniers shows que j’ai faits, on a presque toujours atteint 50 000 à 65 000 billets vendus. Si je faisais plus de shows, c’est sûr que ce serait plus. Pour cette tournée, on devrait faire en tout environ 90 spectacles, contrairement aux 125 qu’on fait d’habitude.

Quand tu as commencé à préparer ce spectacle, avais-tu des craintes ?
Chaque fois que je lance un nouveau projet, je me pose constamment des questions, comme tous les artistes. Même si je sais que la salle est pleine un soir, qu’on me confirme que tous les billets ont été vendus, je ne peux m’empêcher d’entrouvrir le rideau pour m’assurer que c’est vraiment vrai. C’est comme si je n’y croyais jamais. Je ne tiens rien pour acquis et c’est une drôle d’affaire, parce qu’à 62 ans, après 47 ans à faire ça pour vivre, je n’en reviens toujours pas d’avoir traversé les modes et les courants.
Je ne vendrai pas le punch, mais le début du spectacle est original et intéressant...
Oui, c’est le fun. C’est l’idée que j’ai eue en allant voir une comédie musicale à New York. Pendant un an, je me creuse la tête, je sais que les gens ont des attentes. Ils viennent me voir parce qu’ils savent que je dois me mettre la barre haute au niveau de la voix. Mais ils s’attendent aussi à avoir des jokes. Je suis toujours en train de chercher des idées, je monte des medleys, je pense aux liens à faire entre les chansons pour que les gens voient mes influences. Après avoir monté le show, je commence à parler à l’éclairagiste et à du monde pour avoir des décors de studio, j’envoie des photos de ce que j’imagine. C’est un long processus, que je trouve nécessaire parce que les gens ont des attentes — et moi aussi, j’ai des attentes envers moi-même. Je ne suis pas capable de juste enfiler les tounes.
Ce qui est vraiment le fun, j’imagine, c’est de voir qu’après toutes ces années, les gens sont toujours là pour toi...
Oui, mais, chaque fois, je me demande : « Est-ce que les gens aiment juste Seventies ? Est-ce que c’est seulement quand je fais des reprises qu’ils aiment mes spectacles ? Qu’est-ce qu’ils vont penser du fait que je fais maintenant plus mes propres chansons que des covers ? » Les succès d’autres artistes représentent maintenant environ le quart du spectacle ; le reste, ce sont mes chansons. Les gens sont là, mais il reste quand même que j’y crois seulement quand les billets sont vendus et que les salles sont pleines.
Quelle est la différence entre le Sylvain d’aujourd’hui, à 62 ans, et celui de 50 ans ?
Ah, j’ai bien plus de plaisir maintenant ! À 50 ans, j’étais en plein dans la fin de Seventies. J’ai vraiment aimé ça, mais je n’ai jamais été capable d’apprécier à 100 % ce qui se passait. Ça allait trop vite. Je faisais cinq shows par semaine, j’aurais pu en faire sept. Je refusais tellement d’affaires ! J’aurais pu être à la télé tout le temps, j’aurais pu accepter tellement de choses. À un moment donné, je n’étais plus capable parce que c’était un train de vie qui n’avait pas d’allure. Je me rappelle que je finissais mes spectacles avec We Will Rock You, We Are the Champions et Bohemian Rhapsody, après avoir chanté une heure et demie. Physiquement et vocalement, c’était super exigeant, et c’est à ce moment-là que j’ai eu des soucis de santé.
Des problèmes de cœur ?
Oui, j’ai eu deux interventions pour débloquer des artères. J’ai appris en même temps que j’avais hérité des artères de mon père, des problèmes d’artériosclérose. Ç’a été une période difficile. Maintenant, ma santé va très bien. J’ai appris à doser un peu plus, je suis à la veille d’être mature (rires), et Andrée m’aide beaucoup parce que je suis du genre à vouloir tout accepter, à foncer constamment et à être très intense. Elle me freine un peu plus.
Avec cette tournée, vous donnez environ trois spectacles chaque semaine. Prenez-vous plus soin de vous ?
Oui, et c’est trois shows par semaine au même endroit, donc il n’y a pas trop de déplacements. On a choisi 17 salles qui ne sont pas trop loin du centre de Montréal, et toutes les trois semaines, on a une semaine de congé. Andrée a pensé à tout ça : on a besoin de pauses. Tout le monde a une vie, certains ont une garde partagée... Comme ça, on peut souffler un peu. C’est une question de respect pour ma gang, et pour notre santé.
La soixantaine a-t-elle été un choc pour toi ?
Non, je dirais que j’ai vécu ça comme la majorité des gens qui en arrivent là : ce n’est plus le temps de niaiser, on va à l’essentiel. C’est plate de vieillir, mais que veux-tu ? J’essaie de rester en santé le plus possible.
Justement, comment expliques-tu que ta voix soit toujours aussi puissante ?
Le monde n’en revient pas, mais je ne chante jamais, sauf quand je suis sur une scène. Chez nous, on fredonne, et je vois ça comme un facteur qui ne va pas prendre une marche la fin de semaine. Je fais attention à mes cordes vocales. J’ai fait du sport, j’ai le dos cassé, les genoux défaits, mais ma voix est celle d’un adolescent. Je ne me prends pas au sérieux, mais je prends mon métier au sérieux. Je trouve que je suis un meilleur chanteur aujourd’hui qu’il y a 15 ans. Mon registre s’est élargi, j’ai des basses que je n’avais pas, ma voix est un peu plus ronde. Cette voix me permet de faire mon métier, et pas juste dans une couleur. Je me trouve vraiment chanceux d’avoir cette voix.

Comment trouves-tu ça, partager la scène avec Andrée ?
On a du plaisir, on a trouvé la meilleure façon qu’elle soit heureuse là-dedans, pour ce retour à la chanson. Andrée travaille depuis des années en coulisses : elle est productrice, coordonnatrice, agente de spectacles... elle porte à peu près 15 chapeaux. Andrée, c’est une machine, et si elle n’avait pas été là, je n’aurais pas fait de tournées. Et là, celle qu’on fait est la plus l’fun que j’ai faite dans ma carrière.
On sent le plaisir que vous avez sur scène, mais aussi dans la vie de tous les jours...
On est un couple qui vit en parallèle de ce qui se passe dans le show-business. Tu ne nous vois jamais dans des premières, on fait nos affaires et surtout, on est bien ensemble. On est super cool, on vit notre vérité.
Quelle est la plus grande qualité d’Andrée ?
Premièrement, c’est une très belle fille, et elle est extrêmement intelligente. Elle a des antennes : elle voit et entend tout. Elle est très méticuleuse. Elle est drôle et elle a un excellent sens de l’humour. Mon but est de la faire rire trois à quatre fois par jour. Mon objectif, c’est qu’on s’amuse constamment.
Quelles activités faites-vous en dehors du métier ?
Nous jouons au golf, faisons du vélo et regardons des séries ensemble. Nous avons le bonheur facile et surtout un bonheur bien simple. Nous aimons également voyager et aimerions éventuellement nous rendre en Irlande et en Écosse. D’ailleurs, les ancêtres d’Andrée sont originaires d’Irlande, de la ville de Limerick.
Bref, tu es comblé et en plus, tu es grand-père deux fois ?
Oui, j’ai deux petits garçons. On n’habite pas près d’eux, alors on fait des FaceTime. Mais quand je suis avec eux, je suis là intensément. J’ai hâte de faire des activités avec eux, de partir en excursion, quand ils seront un peu plus grands.
« Je l’aime et sa voix est merveilleuse » – Andrée Watters

Au grand plaisir des spectateurs, Andrée Watters participe à cette tournée de spectacles de Sylvain. On réalise rapidement à quel point elle n’a pas perdu une once de son talent brut.
Andrée, on voit que tu éprouves beaucoup de joie à remonter sur scène, à retrouver ta carrière de chanteuse...
Au début, j’étais un peu nerveuse quand Sylvain me l’a proposé. Dans ma tête, je n’en étais pas là, car j’ai pris une pause de la scène qui a duré six ans, et je suis très heureuse de ce que je fais avec Sylvain en coulisses. Ça m’occupe beaucoup, j’ai eu énormément de plaisir à suivre l’équipe au cours des dernières années. L’élément déclencheur a été avant qu’on commence notre tournée à l’Amphithéâtre Cogeco. Sylvain m’a dit : « Il faut que tu chantes au moins une fois dans ta vie à cet endroit, on aurait tellement de fun ! » On a travaillé sur le spectacle, puis j’ai retrouvé ma guitare, ma voix, et tout ça s’est fait naturellement. Il a quand même fallu que je me réapproprie ma confiance de chanteuse. J’ai suivi un petit coaching de chant et je me suis accordé une longue période de préparation pour jouer de la guitare, chanter et reprendre l’entraînement. J’ai abordé cette situation en me disant que je retournais dans un métier qui exige un investissement physique et mental, avec la pression supplémentaire de chanter aux côtés de Sylvain Cossette. À mon avis, il possède l’une des plus belles voix du Québec, et pour moi, c’est la plus magnifique parce que c’est celle de mon chum. Je l’aime et sa voix est merveilleuse. C’est un gars qui est une véritable machine sur scène, il ne rate jamais une note. Nous collaborons parfaitement et l’équipe m’a chaleureusement accueillie.
Réalises-tu à quel point le public est heureux de te retrouver ?
Oui, je le vois, et ça me fait vraiment chaud au cœur. Il fallait que ce soit parfait. C’est un beau retour ! J’entre sur scène en chantant avec Sylvain la chanson À distance, qu’on a écrite ensemble.
En coulisses, avez-vous des rituels avant le spectacle ?
Lors du test de son, nous interprétons toujours les mêmes chansons — notamment Here Comes the Sun, Comme l’océan, Harmonium, It’s Not Unusual, How Deep is Your Love — pour nous immerger dans l’ambiance musicale et sonore. La tradition la plus importante pour les gars, quelques minutes avant le show, consiste à prendre une petite gorgée de scotch et à faire des vocalises. C’est du team bonding (l’esprit d’équipe), ils perpétuent ce rituel depuis 15 ans. Nous entretenons vraiment une belle ambiance de travail et de vie avec notre équipe.
Vous travaillez ensemble et, bien sûr, vous formez un couple depuis longtemps...
Oui, Sylvain et moi sommes tout le temps ensemble. C’est notre dynamique de couple, une relation vraiment fusionnelle. Nous avons le même horaire, nous voyageons en même temps. Ce n’était pas comme ça au début de notre relation, car nous avions chacun nos carrières. Mais quand j’ai pris une pause et que j’ai commencé à travailler avec lui, c’est devenu un beau partenariat. Ça fait maintenant 18 ans que nous sommes ensemble — notre amour a atteint la majorité ! (rires) Nous sommes chanceux, nous avons une belle vie et nous apprécions ce que nous avons. Nous savons que c’est précieux. Nous sommes vraiment privilégiés de pouvoir faire ce que nous aimons dans la vie, et nous nous sommes choisis. Sylvain est talentueux et travaillant, il ne tient rien pour acquis. C’est un gars généreux et drôle. Il dit tout le temps que sa job, dans la vie, c’est de chanter et de me faire rire. On rit tout le temps comme des ados !