Alouettes : des receveurs qui doivent en faire plus
Philippe Asselin
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À l’exception d’Eugene Lewis, le groupe de receveurs de passes partant des Alouettes de Montréal ne livre pas la marchandise depuis le début de la saison.
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Le joueur vedette est la cible de prédilection des quarts-arrière des «Als». Il a été visé 77 fois sur un total de 250 passes tentées en sept rencontres. Il s’agit de 33 relais de plus que Reggie White fils, le deuxième joueur le plus ciblé. La semaine dernière, dans un revers de 35 à 20 contre les Blue Bombers de Winnipeg, Trevor Harris et Dominique Davis ont tenté de rejoindre Lewis à 15 reprises en 31 tentatives de passes.
«Geno» semble toujours être la première option du jeu aérien, ce qui n’échappe pas aux autres équipes de la Ligue canadienne.
«Ce que j’aimerais, c’est voir ce que nous avons vu contre Ottawa [victoire de 40 à 33 contre le Rouge et Noir]. Nous étions capables de distribuer le ballon et d’impliquer tous nos receveurs», a affirmé le directeur général et l’entraîneur-chef par intérim Danny Maciocia quand il s’est fait demander s’il en attendait plus des autres receveurs en vue du duel retour de jeudi contre l’équipe du Manitoba.
Pour revivre ce type de performances, il faudra que la ligne à l’attaque donne suffisamment de temps à Harris pour regarder plus d’une option, mais également que les White fils, Jake Wieneke, Hergy Mayala et Kaion Julien-Grant soient en mesure de se défaire de leurs couvreurs.
Ne pas céder à la frustration
Parmi ce groupe de receveur, c’est probablement Wieneke qui déçoit le plus depuis le début des hostilités en 2022. En 14 parties l’an dernier, l’Américain avait attrapé 56 des 90 relais qui lui étaient destinés pour 898 verges et 11 touchés. Cette année, il a mis ses mains sur 18 des 28 ballons envoyés dans sa direction pour 195 verges et n’a toujours pas atteint la zone payante.
«Ça ne se déroule pas de la façon dont nous le voulons ni de la façon dont personnellement je le voudrais. Ceci étant dit, j’essaye de m’améliorer tous les jours», a indiqué Wieneke.
L’athlète de 27 ans est un homme de foi et a cité un passage de la bible quand il a été questionné à savoir s’il était toujours heureux comme membre des Alouettes. Il aussi évoqué l’importance de ne pas se laisser emporter par les émotions négatives.
«C’est important de continuer d’y croire. Quand tu regardes le dossier de l’équipe (2-6), ça peut être frustrant. Nous savons cependant que nous avons un bon groupe et nous devons vivre d’espoirs.»
Plus de Tyson Philpot
Pour remédier aux insuccès offensifs et à la dépendance à Eugene Lewis, les Alouettes devraient utiliser davantage le jeune receveur de passes Tyson Philpot.
Le choix de première ronde au dernier repêchage est déjà devenu un indispensable sur les unités spéciales. Il fait également très bien lorsqu’il est envoyé sur le terrain avec l’attaque des Moineaux.
Depuis le début de la campagne, il a attrapé sept des neuf passes tentées vers lui pour des gains de 108 verges et deux touchés.
Sans dévoiler ses plans pour le duel de jeudi contre les Blue Bombers à Winnipeg, Danny Maciocia n’a pas caché que le produit des Dinos de Calgary en aura plus dans son assiette prochainement.
«Philpot peut jouer à n’importe quelle position comme receveur et il nous aide sur les unités spéciales. Il ne faut toutefois pas oublier qu’il s’agit d’une recrue. Je pense qu’il va avoir son mot à dire dans les prochaines semaines. On lui en donne toujours un petit peu plus à faire.»
Cette polyvalence offensive est un couteau à double tranchant pour le footballeur de 22 ans. Elle lui permettra éventuellement d’être utilisé à toutes les sauces, mais elle signifie aussi une grosse charge de boulot en ce qui concerne le livre de jeux.
Face aux Blue Bombers, Philpot sera par ailleurs de nouveau sollicité comme retourneur de botté, puisque Chandler Worthy ratera un deuxième match consécutif en raison d’une blessure.