Accrocher ses gants la tête en paix

Mathieu Boulay
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Pour un boxeur, tirer sa révérence n’est jamais une étape facile même si sa décision a été bien mûrie grâce à des discussions avec son entraîneur et son promoteur.
• Consultez notre dossier: Se retirer avant le combat de trop
C’est un processus qui peut nécessiter quelques années. Dans les derniers milles de son parcours, il doit bien évaluer les risques physiques et financiers lorsqu’il monte dans le ring.
« C’est un calcul entre ce qu’il est encore possible d’aller chercher du côté monétaire et les offres que nous avons sur la table, souligne l’entraîneur Marc Ramsay. En regardant ta position dans les classements mondiaux, tu te poses la question suivante : est-ce qu’il y a des combats qui en valent la peine ? »
Il prend l’exemple de son ancien protégé Antonin Décarie, qui a disputé son dernier combat en 2014.
« On voyait un petit ralentissement au gymnase, mais il n’y avait pas de signes majeurs.
« Après son duel contre Luis Carlos Abregu, il n’a pas eu d’offre pour un combat où il aurait pu être payé 200 000 $ ou 300 000 $. Il n’y avait rien de concret, sauf des combats à 20 000 $ ou 25 000 $. On l’a sorti au bon moment. »
Les promoteurs peuvent aussi avoir leur mot à dire dans le dossier.
« Je ne regarde pas la situation d’un boxeur en fonction des victoires et des défaites, mais sur la qualité de ses performances et de ses camps », fait valoir Yvon Michel.
« S’il n’a plus les habiletés requises et qu’il rêve pareil de devenir champion du monde, on va s’asseoir avec lui et lui dire qu’il ne faut pas mettre la barre trop haut.
« Par contre, si je vois que la capacité d’encaisser du gars est en train de disparaître, c’est inacceptable. À ce moment-là, tu mets un gros bémol. »
Question d’éducation
Ramsay croit qu’il faut éduquer chaque boxeur sur la façon de terminer sa carrière.
« Peu importe le boxeur, il faut avoir des discussions longtemps à l’avance, ajoute-t-il. Je leur montre des exemples de boxeurs qui ont bien placé leurs pions comme Andre Ward. Il a mis son argent de côté et il a fini sa carrière en santé.
« Et de l’autre côté, tu leur montres des exemples moins beaux. Un boxeur qui pensait que sa carrière allait être éternelle, qui n’a pas une cenne et qui est magané. Ils se font une opinion.
« Par la suite, si tu les confrontes, ils ne pensent pas que tu viens d’arrêter leur film de Walt Disney. »
Le promoteur Camille Estephan est dans la même ligne de pensée, mais sur le plan financier.
« Il ne faut pas penser à mettre des sous de côté à deux ou trois combats de la fin de la carrière d’un boxeur. Il faut le faire dès le début.
« Au sein de notre compagnie, on tente de leur inculquer de bonnes habitudes financières dès le départ. Notre vision est différente des autres. Lorsqu’un boxeur fait sa première grosse bourse, il doit acheter une maison ou une chose qui peut garder de la valeur. »
Prendre ses responsabilités
Estephan et Michel soutiennent que les boxeurs doivent savoir gérer leur argent.
« Dans les premières années de GYM, on a tenté de contrôler l’argent des boxeurs afin qu’ils puissent avoir un coussin pour leur après-carrière, mentionne Michel. Ça a toujours fait des chicanes.
« Les boxeurs finissaient toujours par dire que c’était leur argent et qu’ils
voulaient avoir le contrôle dessus. »
Estephan abonde dans le même sens. Ce sont ses boxeurs qui ont le plein contrôle sur leur argent. L’homme d’affaires a aussi trouvé une façon de les aider à se mettre de l’argent de côté.
Il conseille à ses boxeurs de se trouver des commanditaires qui peuvent leur fournir des revenus mensuels. Du même coup, ils peuvent placer la totalité de leurs bourses de côté.
« Les commanditaires sérieux peuvent leur donner un roulement mensuel et non pas seulement un montant pour un combat. Nos boxeurs doivent apprendre les petites choses qui font la différence.
« La boxe, c’est une business, et il faut savoir la gérer. »
Aujourd’hui
JEAN-FRANÇOIS BERGERON

- Fiche : 27-2, 19 K.-O.
- Fin de carrière : 2008
- Âge : 47 ans
- Occupation : pompier
BENOIT GAUDET

- Fiche : 24-3, 10 K.-O.
- Fin de carrière : 2004
- Âge : 41 ans
- Occupation : charpentier-menuisier
FATHI MISSAOUI

- Fiche : 12-0, 7 K.-O.
- Fin de carrière : 2001
- Âge : 46 ans
- Occupation : entraîneur de boxe
ANTONIN DÉCARIE

- Fiche : 31-2, 10 K.-O.
- Fin de carrière : 2010
- Âge : 38 ans
- Occupation : président d’InterBox et propriétaire d’un gymnase
BAHA LAHAM

- Fiche : 12-2-2, 5 K.-O.
- Fin de carrière : 2014
- Âge : 39 ans
- Occupation : gestionnaire de patrimoine
ADRIAN DIACONU
Champion du monde intérimaire WBC des mi-lourds

- Fiche : 27-3, 15 K.-O.
- Fin de carrière : 2011
- Âge : 42 ans
- Occupation : gardien de sécurité et étudiant pour devenir électricien
DAVID CADIEUX

- Fiche : 17-3, 12 K.-O.
- Fin de carrière : 2007
- Âge : 46 ans
- Occupation : responsable sports et culture de la ville de Shawinigan
À lire demain
LUCIAN BUTE
Champion du monde IBF des super-moyens (2007-2012)

- Fiche : 32-5, 25 K.-O.
- Fin de carrière : 2017
- Âge : 40 ans
- Occupation : gestionnaire d’immeubles
ÉRIC LUCAS
Champion du monde WBC des super-moyens (2001 à 2003)

- Fiche : 39-8-3, 15 K.-O.
- Fin de carrière : 2010
- Âge : 49 ans
- Occupation : retraité
SÉBASTIEN DEMERS

- Fiche : 31-6, 11 K.-O.
- Fin de carrière : 2013
- Âge : 41 ans
- Occupation : manœuvre spécialisé dans une compagnie d’aqueduc
ROBERT CLÉROUX

- Fiche : 47-6-1, 37 K.-O.)
- Fin de carrière : 1969
- Âge : 82 ans
- Occupation : retraité
SÉBASTIEN GAUTHIER

- Fiche : 22-5-1, 14 K.-O.
- Fin de carrière : 2014
- Âge : 38 ans
- Occupation : analyste à la télévision et travaille au sein de son entreprise familiale
MICHAEL GADBOIS

- Fiche : 16-1-3, 4 K.-O.
- Fin de carrière : 2017
- Âge : 34 ans
- Occupation : enseignant au primaire
STÉPHANE « BRUTUS » TESSIER

- Fiche : 3-30-2, 1 K.-O.
- Fin de carrière : 2013
- Âge : 46 ans
- Occupation : commis d’entrepôt et superviseur pour la Régie des alcools, des courses et des jeux