Accessibilité au hockey: cette famille a un budget annuel de 14 000$ pour ses trois enfants
Les parents paient de plus en plus cher pour que leurs enfants pratiquent notre sport national


Mathieu Boulay
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Une famille de la Rive-Nord de Montréal dépense plus de 14 000$ par année afin que ses trois enfants puissent jouer au hockey en raison des frais d’inscriptions, des coûts de l’équipement, des tournois et des autres dépenses.
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Chantale Corbeil et Pierre-Olivier Perreault doivent être créatifs sur le plan financier pour que Mathis, Megan et Félix puissent pratiquer leur sport favori toutes les saisons.
En évoluant dans la catégorie M13 AAA élite, Mathis demande des dépenses plus importantes que son frère et sa sœur, qui sont gardiens au niveau récréatif dans la catégorie M11.
«On n’a pas de regrets par rapport à cette dépense globale même si elle est importante, explique Chantale Corbeil. J’aime mieux dépenser 5500$ sur le hockey pour Mathis par exemple plutôt que de dépenser 1500$ sur une console, des manettes et des jeux vidéo.
«J’aime mieux que mes enfants soient dans le sport.»
Bien sûr, la famille Perreault-Corbeil fait des choix afin de respecter son budget annuel. Elle a notamment sabré dans les restaurants et les voyages familiaux.
Pour ce qui est de l’équipement, les deux parents sont toujours à l’affût d’une bonne affaire. Par exemple, au début de la présente saison, Pierre-Olivier a déniché une paire de culottes en bonne condition dans une boîte d’équipements usagés à l’aréna alors que celle de sa fille était rendue à la fin de sa vie utile.
Pour les jambières de gardien, ils magasinent sur les sites de revente ou ils les achètent de connaissances qui veulent s’en départir.
«On achète toujours de l’usagé parce qu’ils grandissent constamment», souligne la maman de trois enfants. Cette dernière participe également aux nombreuses campagnes de financement de ses enfants pour diminuer les coûts au maximum.
Un sport encore accessible?
De son côté, Hockey Québec rejette l’idée que sa discipline soit réservée à une élite financière.
«Le hockey peut et doit être un sport accessible et inclusif. Nous continuerons à travailler sans relâche pour éliminer les barrières, notamment celles financières, et permettre à tous les enfants de profiter des bienfaits de la pratique de ce sport merveilleux», a indiqué le directeur général Stéphane Auger par voie de communiqué.

Malgré ce discours, Hockey Québec a augmenté ses cotisations aux joueurs de près de 20% au cours des deux dernières saisons. Elles sont passées de 56,65$ (2020) à 68,71$ pour la saison actuelle. Ces hausses ont notamment permis d’offrir de la formation gratuite aux entraîneurs et aux officiels.
Même si plusieurs initiatives sont en place pour tenter de réduire les coûts pour les parents au sein de la fédération, il reste que le hockey demeure un sport assez dispendieux. Même pour les basses catégories.

Pour inscrire son enfant et acheter un équipement de base, les parents doivent être prêts à investir entre 500 et 600$.
On peut ajouter un autre montant d’au moins 100$ pour la participation à un tournoi dans une équipe simple lettre. Et plus, s’il y en a deux ou trois.
Et on ne parle pas des coûts liés à un tournoi à l’extérieur de la région du joueur où des frais d’hôtels, d’essence et de restaurants peuvent faire gonfler la facture.
Si votre enfant évolue dans l’élite, il faut penser à un montant supplémentaire de plusieurs centaines de dollars après l’inscription. D’autres dépenses, comme la participation à des camps de perfectionnement, peuvent être plus importantes que celles pour un joueur simple lettre.
Bien sûr, si vous avez la chance d’avoir un gardien dans votre maison, il faut s’attendre à une facture plus salée pour l’équipement.
Économiser avec l’usagé
Avec les prix et la durabilité des équipements, les parents n’hésitent plus à se tourner vers l’usagé pour protéger leurs enfants. Ils savent qu’il y a un moyen de faire des économies intéressantes.
Il est possible de le faire dans une chaîne comme Sports aux Puces, dont le modèle d’affaires est basé en partie sur l’économie circulaire. À cet endroit, les gens peuvent recevoir un crédit applicable dans le magasin d’un montant variable selon la condition de leur ancien équipement qu’ils ont apporté.
Par la suite, ils peuvent le dépenser sur un nouvel équipement neuf ou dans la section usagée.
«L’usagé, c’est 50% et moins du neuf selon la pièce, indique Luc Benoit, directeur général de Sports aux Puces. Il y a moyen de faire de bonnes économies si le client achète de l’usagé après avoir rapporté ses propres pièces usagées.»
Au cours des dernières années, il a remarqué un changement d’habitude dans sa clientèle qui cherche à économiser, mais aussi qui est plus sensible à la réutilisation des pièces d’équipement.
«Elle est plus conscientisée à l’économie circulaire, ajoute M. Benoit. Elle sait que l’équipement qu’ils achètent ne durera pas plusieurs années.
«Lorsqu’un jeune utilise ses patins une seule saison, ils sont encore en parfaite condition.»
Outre ce magasin, certaines associations de hockey mineur organisent des bazars annuels où les parents peuvent vendre et acheter des pièces d’équipement à des coûts moindres. Une excellente façon d’économiser lorsqu’une famille compte plusieurs joueurs.
Finalement, il y a quelques bonnes affaires qui peuvent être conclues sur les sites de revente comme Marketplace.
Quelques moyens pour économiser au hockey
- Acheter de l’équipement usagé quand c’est possible.
- Récupérer l’équipement dans la fratrie, dans la famille ou auprès des connaissances.
- Vérifier les spéciaux dans les magasins de sport ou sur les sites de revente.
- Faire des campagnes de financement pour couvrir une partie des dépenses d’équipe.