Pierre Lacroix au Temple de la renommée: la veuve de l'ancien DG fond en larmes


Dave Lévesque
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Pierre Lacroix sera intronisé au Temple de la renommée du hockey et la nouvelle a grandement touché sa veuve, Colombe.
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Sa réaction était extrêmement touchante quand elle a reçu le coup de téléphone de Lanny McDonald et Mike Gartner, qui lui ont appris la nouvelle, mercredi.
«On dirait que je suis encore sous le choc, confie-t-elle de son domicile de Denver lors d’une rare entrevue. C’est quelque chose qu’il voulait tellement. J’avais démissionné, j’avais dit aux enfants que le moment était passé.»
Celle que ses proches appellent affectueusement Coco admet avoir presque perdu connaissance quand elle a reçu l’appel qu’elle n’attendait plus.
«C’est difficile, ç’a été une grande surprise pour moi, je ne m’attendais pas à ça. Je suis debout depuis 4 h du matin, je ne pouvais plus dormir, je suis très émotive.»
Héritage
Cet hommage rendu à celui qui a été son complice pendant 52 ans émeut Coco Lacroix, mais elle aurait aimé qu’on reconnaisse son travail plus tôt.
«Ça me crève le cœur qu’il n’ait pas eu la chance de le vivre. Ça aurait fait 55 ans qu’on était mariés cette année, alors c’est une grosse année pour moi. C’est l’héritage que Pierre laisse à la famille. On est très gâtés de pouvoir faire partie du Temple de la renommée.»
Humble, Mme Lacroix se décrit comme une femme ordinaire qui a marié un homme extraordinaire.
«J’ai toujours été fervente, je croyais tellement en lui et en ses moyens que j’ai accepté de vivre l’aventure avec lui et ç’a été extraordinaire.»
Dans l’ombre
Son fils Martin était lui aussi très ému quand Le Journal lui a parlé jeudi. Il s’est interrompu à quelques reprises pour refouler des larmes en parlant de son père.
«Mon père était un grand homme», mentionne-t-il, avant un long silence.
Martin, qui habite à Las Vegas, a tenu à souligner que son père ne cherchait pas la reconnaissance, mais que pour lui, le Temple de la renommée était un objectif à atteindre.
«Il travaillait beaucoup dans l’ombre, il ne voulait pas être au-devant et recevoir les accolades. Mais à la fin, il voulait être en avant afin d’atteindre son but ultime, qui était le Temple de renommée. C’était ironique parce qu’il a toujours été dans l’ombre», mentionne-t-il, dans un autre moment émotif.
Un gagnant
Pierre Lacroix était reconnu comme un gagnant, et deux anecdotes viennent le prouver.
«J’étais à Rosemère, je venais de finir ma carrière de joueur et il commençait comme directeur général à Québec, se souvient Martin. On mangeait un smoked meat et il m’a dit de me préparer parce que d’ici deux ans, on gagnerait la coupe Stanley.»
C’est exactement ce qu’il a fait dès la première année de l’équipe au Colorado.
Son complice Jean Martineau, qui est toujours à l’emploi de l’Avalanche comme vice-président sénior aux communications, savait que son ami était un gagnant et en a eu la confirmation éloquente de Stan Kroenke, le propriétaire de l’Avalanche, qui détient aussi les Nuggets de la NBA, les Rams de Los Angeles dans la NFL, Arsenal en Premier League et plusieurs autres clubs.
«Le 7 octobre dernier, on a reçu nos bagues de la Coupe Stanley et j’ai passé une quarantaine de minutes avec lui. Il m’a confié qu’il n’avait jamais eu un dirigeant en lequel il avait autant confiance qu’en Pierre pour ramener des résultats.»
Famille
La force de Pierre Lacroix était de savoir bien s’entourer et de créer un esprit de famille.
«Tous les gens autour se sentaient de la famille, on était près de nos joueurs. C’était surtout vrai en déménageant dans une ville où les joueurs n’avaient pas de famille», précise Jean Martineau, en parlant du départ de Québec vers Denver.
Bob Hartley a travaillé près d’une dizaine d’années avec Pierre Lacroix et il n’oubliera jamais la place qu’il lui a faite quand l’Avalanche a gagné sa première coupe Stanley, en 1996.
«J’entraînais l’équipe de la Ligue américaine et il m’a fait monter avec l’Avalanche en compagnie des joueurs de réserve. Il m’avait donné une bague de la Coupe Stanley parce qu’il trouvait que j’avais bien développé les jeunes dans les mineurs.»
Visionnaire
Jean Martineau a beaucoup de respect pour son ami décédé et il est heureux qu’il obtienne la reconnaissance qu’il mérite.
«Pierre est québécois et on doit être fier de ça quand quelqu’un de chez nous est reconnu comme un visionnaire. Il est parti de rien pour réaliser tout ça.»
Selon Martin Lacroix, son père a été le catalyseur des succès de l’Avalanche parce qu’il a su bien s’entourer. Jean Martineau estime qu’encore aujourd’hui, l’Avalanche porte la signature de Pierre Lacroix même s’il a quitté l’organisation il y a dix ans.
«Il a non seulement été l’architecte qui a bâti l’Avalanche, il a aussi eu une vision incroyable de la façon d’opérer qui était avant-gardiste. C’est la vision de Pierre Lacroix qui est dans le logo de l’Avalanche aujourd’hui. C’est un logo qui est synonyme de succès.»