Il n’y aura pas de sorties dans les petits cafés ou de dégustation de la gastronomie locale cette année pour les participantes de l’Omnium Banque Nationale de Montréal. Afin de s’assurer de la tenue du tournoi après une année d’absence, les organisateurs ont mis en place un protocole sévère qui a été approuvé par la Santé publique.
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Son but est bien sûr d’éviter des cas de COVID-19 durant l’événement. À Montréal, les joueuses peuvent seulement visiter deux endroits depuis leur arrivée : leur hôtel et le Stade IGA.
« Avec la Santé publique, il fallait mettre en place un protocole extrêmement strict, explique Richard Quirion, le directeur des tournois de Tennis Canada. Il fait 65 pages. Nous avons commencé à la planifier en novembre, à un moment où la crise [sanitaire] était plus forte. Et il est demeuré aussi strict jusqu’à la fin, afin qu’il reste approuvé. »
Si M. Quirion estime que tout est en place pour assurer la sécurité des joueuses, il croit aussi que l’organisation a fait tout en son pouvoir afin qu’elles ne s’ennuient pas trop dans leur chambre d’hôtel, allant même jusqu’à fournir des jeux vidéo. C’est que les règles diffèrent d’un tournoi à l’autre.
Pas pareil partout
Dans certains événements, la bulle n’est plus obligatoire. C’était le cas à Washington, où quelques-uns des meilleurs joueurs au monde étaient en action la semaine dernière.
« Pour les joueuses, ce sont de gros changements. Elles doivent s’ajuster d’un tournoi à l’autre. Quand c’est plus relâché, c’est sûr qu’elles sont contentes », mentionne M. Quirion.
Et les contrevenantes risquent la disqualification. C’est d’ailleurs arrivé à l’Italien Lorenzo Musetti, 62e mondial, qui s’est fait prendre à quitter la bulle de Toronto le week-end dernier.
Selon le directeur, l’Omnium Banque Nationale est sans doute le dernier événement durant lequel les mesures seront aussi restrictives, puisque les circuits féminins et masculins se dirigeront ensuite vers les États-Unis.
Des sommes faramineuses
Si certaines de ces mesures ont été mises en place par les circuits de la WTA et de l’ATP, d’autres sont exclusives aux deux compétitions disputées en sol canadien.
Et elles ont engendré des dépenses très importantes, évidemment.
« Ce sont des coûts faramineux, reconnaît M. Quirion. Mais la santé, ça n’a pas de prix. Et on voulait tenir l’événement coûte que coûte, tant qu’on n’était pas déficitaires. C’est tellement important pour le développement du tennis au Canada, surtout après une année d’absence. »
Hôtel de luxe et beaucoup de masques
Le Reine Elizabeth juste pour les joueuses
Afin d’éviter les contacts avec des gens qui ne sont pas dans la bulle, l’organisation a réservé le luxueux hôtel Reine
Elizabeth pour les joueuses et leur entourage. À leur arrivée, elles ont subi un test de dépistage de la COVID-19, puis ont dû attendre le résultat négatif le lendemain pour quitter leur chambre. À ce moment, elles étaient libres de se promener dans l’hôtel, dont un étage est consacré aux soins médicaux qu’elles doivent recevoir. Et message à ceux qui seraient tentés de s’approcher pour voir les joueuses de plus près : les environs de l’hôtel sont barricadés.
Des Nintendo Switch pour toutes les filles
L’organisation a l’habitude d’offrir des billets de spectacles aux joueuses pour leur faire profiter un peu de la vie montréalaise. Mais pas cet été, bien sûr. Pour éviter qu’elles ne s’ennuient trop à l’hôtel, on leur a plutôt fait cadeau de Nintendo Switch. « Comme ça, elles peuvent passer le temps. Elles peuvent même jouer l’une contre l’autre », explique Richard Quirion, de Tennis Canada. Il précise que les joueuses ont aussi accès à toutes les activités de l’hôtel, comme le gym et la piscine.
Le site du tournoi presque à elles seules

Encore pour éviter qu’elles ne soient en contact avec des gens hors de la bulle, le Stade IGA est réservé presque exclusivement aux joueuses. Les spectateurs ont seulement accès au court central. Et il n’y a pas de bain de foule cette année : les joueuses accèdent au stade par une passerelle qui leur est réservée. Elles viennent principalement sur le site pour trois raisons, soit s’entraîner, recevoir des soins médicaux et jouer leurs matchs. « Elles en profitent aussi pour passer un peu de temps à l’extérieur », ajoute M. Quirion.
Des chauffeurs dans la bulle
Si la responsabilité d’être chauffeur pendant l’Omnium Banque Nationale est très prisée chaque année, parce qu’elle permet de côtoyer les joueuses, elle vient cette fois avec une « légère » contrainte. Les chauffeurs doivent demeurer dans la bulle avec les joueuses et être testés à la même fréquence, soit tous les trois jours après leur test initial. Ce sont eux qui vont les chercher à l’aéroport et qui font le transport quotidien entre le stade et l’hôtel. Dans cette bulle complète se trouvent aussi l’entourage des athlètes ainsi que certains employés de la WTA et de Tennis Canada.
25 000 masques et beaucoup de désinfectant

L’organisation n’a pas non plus lésiné sur la dépense quand est venu le moment d’acheter des masques. Elle s’en est procuré... 25 000, alors qu’environ 400 joueuses, membres de leur entourage et le personnel des équipes de télévision étaient attendus sur le site pour la semaine, en plus des bénévoles. « On ne voulait vraiment pas en manquer ! explique M. Quirion. Il y a aussi du désinfectant partout, même sur les terrains. »
Fini les porteurs de serviettes

À Montréal comme ailleurs sur les circuits professionnels de tennis, il est pour l’instant défendu aux athlètes de demander aux chasseurs de balles de venir leur apporter une serviette afin qu’ils s’épongent après les points. Les joueurs doivent maintenant aller chercher et porter leur serviette dans un bac mis à leur disposition. Ça peut paraître anodin, mais cette décision a soulevé de la grogne chez certains dans les derniers mois. Le Grec Stefanos Tsitsipas s’est notamment senti un peu déboussolé. « C’est important pour moi, la serviette, a dit le numéro 3 mondial aux derniers Internationaux des États-Unis. Avoir plus de temps pour m’essuyer me permet de réfléchir entre les points. »











