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Andrew Cuomo tente un retour politique à New York, après avoir été accusé de harcèlement sexuel

AFP

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2025-06-13T15:25:08Z

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Le pouvoir, la chute, le retour. Accusé de harcèlement sexuel en pleine vague #MeToo, l'ancien gouverneur de New York, Andrew Cuomo, tente un retour sur la scène politique, à la tête de la première ville des États-Unis, mais est défié par une étoile montante de la nouvelle gauche américaine.

• À lire aussi: «Je ne suis pas un lâcheur»: le maire de New York veut contourner la primaire démocrate pour se représenter

Août 2021. Un rapport explosif accuse Andrew Cuomo de harcèlement sexuel sur onze femmes. La pression monte: le populaire gouverneur de New York jette l'éponge. Puis, son frère Chris, vedette de CNN, est écarté de la chaîne pour l'avoir conseillé. La dynastie Cuomo vacille.

Juin 2025. «Cuomo, Cuomo, Cuomo». Dans un local de Harlem, Andrew Cuomo, sourire d'ivoire, est accueilli sous les vivats à l'approche d'une échéance clé: la primaire démocrate pour la mairie de New York qui s'amorce samedi et se poursuit jusqu'au 24 juin, avant la tenue des municipales en novembre.

Cette primaire à New York, bastion démocrate, première ville des États-Unis avec plus de 8 millions d'habitants, a des airs d'élection avant l'heure et de référendum sur la personnalité qui pourra tenir tête à Donald Trump, dont le gouvernement multiplie les arrestations de migrants dans les grandes villes.

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«Nous sommes confrontés à une menace existentielle nommée Donald Trump (...) qui a déclaré une guerre contre New York», lance Andrew Cuomo à la tribune sans évoquer les allégations sur son passé. Une fois son discours terminé, une poignée de reporters le pressent sur le sujet.

«Ça aurait pu être une affaire très médiatisée, à la Une des journaux, des procureurs auraient pu être les héros du mouvement #MeToo (...), mais ils n'ont rien trouvé», rétorque-t-il.

Dans la salle, Iris, une militante démocrate, dit ne pas vouloir revenir sur «le passé», mais se concentrer sur le futur. Et à ce titre, Andrew Cuomo peut, selon elle, tenir tête à Trump et améliorer le sort de la «classe moyenne et des plus démunis» en construisant des logements sociaux.

Lutte «serrée»

Or «Andrew Cuomo n'a pas effacé les scandales du passé. Les scandales d'agressions sexuelles sont toujours dans la tête des électeurs», explique à l'AFP Ester Fuchs, professeure de sciences politiques à l'université Columbia.

«Mais un enjeu de cette campagne électorale est de savoir qui peut tenir tête à Donald Trump? Et à ce titre, Andrew Cuomo se démarque des autres candidats», ajoute-t-elle, évoquant une lutte «serrée».

Donné favori, le candidat centriste de 67 ans a vu son avance fondre face à l'ouvertement «socialiste» Zohran Mamdani, 33 ans, dans une lutte qui témoigne des fractures au sein du Parti démocrate, après la défaite de Kamala Harris à la présidentielle.

Un sondage du centre d'analyse Public Policy Polling publié cette semaine place pour la première fois Zohran Mamdani (35%) devant Andrew Cuomo (31%), laissant des miettes aux sept autres candidats. Lors du vote, les électeurs démocrates devront hiérarchiser leurs choix parmi ces neuf candidats. Le gagnant sera le premier à dépasser 50% de voix.

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«Pire cauchemar» de Trump

Né en Ouganda, Zohran Mamdani est le fils de l'historien de renom Mahmoud Mamdani, auteur de l'ouvrage «Saviors and survivors» sur la guerre au Darfour, et de la réalisatrice indo-américaine Mira Nair, connue pour «Salaam Bombay».

Si l'ancien maire de New York, le milliardaire Michael Bloomberg, et des ténors démocrates ont donné leur appui à Andrew Cuomo, la jeune vedette démocrate du Congrès américain, Alexandria Ocasio-Cortez, soutient, elle, Zohran Mamdani.

«La différence entre moi et Andrew Cuomo tient à ce que ma campagne n'est pas financée par les mêmes milliardaires qui ont mis Donald Trump au pouvoir», a déclaré récemment Zohran Mamdani, dont les affiches colorées tapissent des commerces de quartiers comme Brooklyn.

Député à l'Assemblée de l'État de New York, Zohran Mamdani se considère comme le «pire cauchemar» de Trump. Il mise sur des politiques sociales comme un accès gratuit aux bus, une hausse du salaire minimum à 30 dollars de l'heure d'ici 2030, et une augmentation des impôts pour les plus nantis.

Mais «Donald Trump passera à travers M. Mamdani comme un couteau dans du beurre chaud», a lancé Andrew Cuomo, reprochant à son rival de ne pas avoir d'expérience pour administrer une ville au budget de 112 milliards de dollars et qui emploie 300 000 personnes.

Aura-t-il les épaules pour endosser un tel rôle? Oui, répond Zohran Mamdani, assurant mettre le doigt sur l'enjeu clé pour la population new-yorkaise: la vie chère. Et ainsi faire barrage à Andrew Cuomo.

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