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«À cet âge-là, ce n'est pas de l'élite»: Hockey Québec remet en question la pertinence de regrouper les meilleurs joueurs à un jeune âge

Photo portrait de Kevin Dubé

Kevin Dubé

2024-05-16T20:06:27Z

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Les dirigeants de Hockey Québec n’ont été ni surpris ni dérangés par la percutante lettre ouverte publiée par l’ancien joueur de la LNH Alexandre Picard, jeudi. Pourquoi? Parce qu’à l’interne, on fait les mêmes constats. 

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Rappelons que dans sa lettre, qui a fait grand bruit, Picard déplorait des événements qu’il a vécus la saison dernière en tant qu’entraîneur-adjoint de l’équipe de son fils au niveau M13 (pee-wee). Il cite notamment l’utilisation complètement inégale des joueurs en raison d’une trop grande importance accordée à la victoire de la part des entraîneurs, au détriment du développement individuel.

Pour Jocelyn Thibault qui, après avoir œuvré comme directeur général de Hockey Québec pendant un peu plus de deux ans, quittera officiellement la fédération dans un mois, ce sont des problématiques auxquelles il avait voulu s’attaquer dès ses premiers jours en poste.

«L’une des premières choses que j’ai dites en arrivant à Hockey Québec, c’est qu’il faut que le plaisir des jeunes soit à l’avant-plan. Tant et aussi longtemps que tout le monde ne travaillera pas ensemble dans un but commun et qu’on va continuer à penser à la victoire à tout prix, ça va être difficile d’avancer», a déploré Thibault.

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Jocelyn Thibault
Jocelyn Thibault Photo d'archives, Stevens LeBlanc

En matinée, sur le plateau de Salut Bonjour, le directeur exécutif des opérations hockey de Hockey Québec, Stéphane Auger, tenait le même genre de discours. La fédération se questionne sérieusement sur la pertinence de créer des catégories dites «élite» à un âge où le plaisir devrait primer.

«À cet âge-là, ce n’est pas de l’élite. On devrait s’amuser et la science le dit que tant qu'un jeune n'a pas atteint sa puberté, il ne peut pas arriver à un niveau de compétition élevé. Il n'est pas prêt à ça. [...] Il ne faut pas oubier que le hockey est un sport à développement tardif et qu’un joueur se développe à son plein potentiel entre 20 et 27 ans.»

Stéphane Auger
Stéphane Auger Photo Martin Chevalier

Des avancées

Le grand problème, c’est qu’il est extrêmement difficile – pour certains, c’est même mission impossible – de faire travailler tout le monde ensemble.

Et on en revient à la problématique qui a poussé Thibault à quitter son poste il y a quelques mois: la gouvernance.

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Hockey Québec n’a que très peu de pouvoirs sur les associations régionales et il est donc difficile pour tout le monde d’être aligné vers un plan clair. Hockey Québec offre notamment son «Guide de l’entraîneur» qui décortique les bonnes pratiques à avoir quand on dirige une équipe de hockey mineur, mais ne peut pas s’assurer de son application.

Cette responsabilité revient aux directeurs techniques de franchise, des postes créés dans chacune des 14 régions administratives de la fédération, sous la recommandation de Thibault.

Ces personnes, nommées par leurs associations, supervisent les activités hockey de leur région et font le pont avec Hockey Québec.

Il y a du progrès depuis la création de ces postes, assure Thibault, qui quittera officiellement Hockey Québec après le dépôt de son plan stratégique, à la mi-juin.

«Avant, quand on voulait parler aux régions, souvent on se trouvait à parler à des interlocuteurs qui n’étaient pas des gens de hockey. Maintenant, on parle avec des gens de hockey et ça va mieux.»

La ministre réagit

Interpellée par le texte de l’ancien du Canadien de Montréal, la ministre des Sports Isabelle Charest a déploré certains comportements décrits dans l’article.

«Depuis mon arrivée en poste en 2018, j’ai fait de l’accessibilité à la pratique d’activités sportives et récréatives ma priorité. Ça doit nécessairement passer par le plaisir de bouger. Je le dis et je le redis: les jeunes doivent être au centre de nos actions. Des comportements comme on a pu voir dans certaines situations, ce n’est bon pour personne. Chaque jeune, peu importe son sport, a le droit à une expérience positive. On peut aussi se rappeler que ce sont seulement 0,03% des joueurs de hockey qui atteindront un jour la LNH. Le jeu doit avant tout rester un jeu», a-t-elle déclaré.

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