Fitzgibbon confie 75 millions $ à un fonds privé faute d’expertise
Le ministre estime qu’IQ n’a pas le savoir-faire requis pour bien conseiller les PME


Sylvain Larocque
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Le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, a confirmé hier l’octroi d’une somme maximale de 75 millions $ à un fonds privé dont l’objectif est d’aider les PME amochées par la pandémie, estimant qu’Investissement Québec (IQ) n’a pas les compétences pour le faire.
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« La transformation de modèles [d’affaires], ce n’est pas de l’expertise qu’on peut avoir à l’interne chez Investissement Québec, on parle de secteurs qui sont très diversifiés », a soutenu hier M. Fitzgibbon en conférence de presse à Montréal.
Depuis l’arrivée au pouvoir de la CAQ, en 2018, le gouvernement a pourtant accru significativement le financement d’IQ, ce qui s’est notamment traduit par une hausse de 37 % du nombre d’employés de la société d’État.
De plus, le ministère de l’Économie a octroyé pas moins de 1,2 milliard $ en aide financière aux entreprises depuis le début de la pandémie.
Québec investira 50 millions $ dans le Fonds de continuité DNA et pourrait y mettre 25 millions $ de plus au cours des prochaines années. Le fonds sera géré par la banque d’affaires DNA Capital, fondée en 2009 par le financier Daniel Labrecque.
« Certaines de nos entreprises prometteuses ressortent fatiguées de cet effort de pandémie extraordinaire », a déclaré Pierre Fitzgibbon.
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Investisseurs secrets
Une soixantaine d’investisseurs privés québécois contribueront quant à eux 50 millions $ au fonds pour une capitalisation initiale de 100 millions $. Leur identité restera secrète.
« Pour nous, à Investissement Québec, de co-investir avec des gens comme ça, disons que je vais bien dormir le soir », a lancé M. Fitzgibbon.
Selon lui, encourager les riches Québécois à investir dans les entreprises d’ici fait partie de la mission du gouvernement.
Le ministre a admis qu’il connaissait M. Labrecque et Stéphane Léveillé, un ancien de la Caisse de dépôt qui agira comme PDG du Fonds DNA, ainsi que plusieurs des investisseurs privés.
« Je connais pas mal de monde dans le monde des affaires au Québec », a-t-il noté.
Environ 2 % pour la gestion
Le gouvernement et les investisseurs privés verseront à DNA Capital, chaque année, environ 2 % des sommes investies pour la gestion du fonds, a précisé Daniel Labrecque.
Le fonds offrira aux entreprises dans lesquelles il investira le soutien de sept « conseillers-investisseurs » : Anna Martini, chef de la direction financière du Groupe CH (Canadien de Montréal) ; Gérard Geoffrion, ancien PDG du torréfacteur Van Houtte (aujourd’hui propriété de l’américaine Keurig), Luc Sabbatini, président de PBSC Solutions Urbaines ; Marc-André Aubé, PDG de Walter Surface Technologies (propriété de l’ontarienne Onex) ; Marie-Pier St-Hilaire, présidente d’Edgenda ; Martin LeBlanc, chef de la direction de CellCarta (propriété de l’américaine Arsenal Capital) et Yves Leduc, ex-PDG de Velan.