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40 boxeurs ayant marqué la boxe au Québec racontés dans un nouveau livre

Stéphane Ouellet (à gauche) et Dave Hilton se sont livré de spectaculaires combats, dont le dernier en 2000, au Centre Molson de Montréal. «Le Poète» l’avait emporté par décision unanime.
Stéphane Ouellet (à gauche) et Dave Hilton se sont livré de spectaculaires combats, dont le dernier en 2000, au Centre Molson de Montréal. «Le Poète» l’avait emporté par décision unanime. Photo d’archives
Photo portrait de Mylène Richard

Mylène Richard

2024-11-17T05:00:00Z

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Se battre à mains nues durant 20, 30 ou même 50 rounds n’était pas rare dans les années 1800, même si une loi a déjà interdit les combats à Montréal. C’est l’un des pans de l’Histoire décrit dans le livre Du sang, de la sueur et des larmes, un palpitant survol de 200 ans de boxe au Québec.

• À lire aussi: Un livre retrace la vie de Québécois devenus héros à coups de poing

«J’ai essayé de m’imaginer la vie de ces gars-là, dont George “Kid” Lavigne, qui avait des origines canadiennes-françaises et que j’ai découvert, tout comme Eugène Brosseau. Lavigne finit homme de main d’un petit bandit qui fait des contrats pour Henry Ford. Tous ces récits sont épiques», révèle l’auteur Jules Falardeau.

Le boxeur Eugène Brosseau lors d’un camp d’entraînement dans la campagne de Longueuil au début des années 1900.
Le boxeur Eugène Brosseau lors d’un camp d’entraînement dans la campagne de Longueuil au début des années 1900. Photo fournie par FONDS LAPRESSE

Ce dernier n’a pas la prétention d’avoir écrit une encyclopédie, même si le mot a été utilisé dans la préface par Kim Clavel, une championne «qu’on a adoptée à une époque où la boxe masculine n’est pas à son meilleur».

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«Je suis allé avec les 40 boxeurs que je jugeais marquants et ceux qui m’interpellent plus. Il y en a qui n’ont peut-être pas la même importance dans le ring, mais qui amenaient quelque chose de différent. Je pense à Deano Clavet, qui a été comédien, ou Reggie Chartrand, le militant», explique le cinéaste des documentaires Le Noble art, Reggie Chartrand: patriote québécois et Les Frères d’armes.

Deano Clavet (à droite), que l’on voit ici en action dans le ring face à Wilson Fraser en 1983, est devenu comédien après sa carrière de boxeur.
Deano Clavet (à droite), que l’on voit ici en action dans le ring face à Wilson Fraser en 1983, est devenu comédien après sa carrière de boxeur. Photo d’archives

De Jack Delaney, premier champion du monde québécois, Lou Brouillard, l’un des trois athlètes d’ici intronisés au Temple de la renommée de la boxe (avec Delaney et Arturo Gatti), en passant par Yvon Durelle, de la famille Hilton à Éric Lucas, Adonis Stevenson, Lucian Bute, Jean Pascal, Marie-Eve Dicaire et Artur Beterbiev, les plus grands ont leur place dans ce bouquin magnifiquement illustré et publié aux Éditions du Journal.

Marie-Eve Dicaire est devenue championne du monde en 2018 après avoir vaincu Chris Namus au Centre Vidéotron de Québec.
Marie-Eve Dicaire est devenue championne du monde en 2018 après avoir vaincu Chris Namus au Centre Vidéotron de Québec. Photo DIDIER DEBUSSCHERE

Grâce au «Poète»

Ce n’est pas d’hier que Jules Falardeau est un fan de boxe. À 6-7 ans, son père Pierre l’avait amené voir un gala amateur. Mais c’est à 12 ans, quand il a assisté à un combat de Stéphane Ouellet «Le Poète», que sa fascination pour cette discipline est née.

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«Il était spectaculaire lors de son entrée, avec la musique de Vangelis. D’habitude, les boxeurs rentrent sur des tounes de rock [...], mais là, Ouellet arrive avec des chœurs, une musique grandiose, les lumières fermées... quelle ambiance!» se rappelle l’homme de 39 ans.

Et l’aspect humain derrière les courageux pugilistes, dont plusieurs proviennent d’un milieu modeste et se servent du sport comme d’un ascenseur social, le touche profondément.

Le cinéaste Jules Falardeau qui, enfant vers 6-7 ans, a frappé sur un sac avec des gants de boxe au Centre Paul-Sauvé à Montréal, lors du tournage du film «Le Steak», réalisé par ses parents, Manon Leriche et Pierre Falardeau, et diffusé en 1992.
Le cinéaste Jules Falardeau qui, enfant vers 6-7 ans, a frappé sur un sac avec des gants de boxe au Centre Paul-Sauvé à Montréal, lors du tournage du film «Le Steak», réalisé par ses parents, Manon Leriche et Pierre Falardeau, et diffusé en 1992. Photo fournie par MANON LERICHE

Pas assez affamé

Quelques années plus tard, Jules Falardeau a mis les gants à l’entraînement, sans jamais se battre dans un ring. Il n’avait pas assez faim.

«Ce n’était pas ma seule chance de percer, de monter des échelons. Je voyais ça dans un esprit plus sportif. Quelqu’un qui a juste la boxe comme espoir, il va se donner à fond. Les boxeurs ne sont pas des gens ordinaires. On n’est pas tous prêts à faire ce genre de sacrifices», confirme celui qui, enfant, avait visité le plateau du film Le Steak, réalisé par ses parents, Pierre et Manon, et racontant la vie de Gaëtan Hart.

L’auteur et cinéaste Jules Falardeau.
L’auteur et cinéaste Jules Falardeau. Photo Agence QMI, JOEL LEMAY

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Régis Lévesque

Si Jules Falardeau avait gagné sa vie dans le monde de la boxe, il aurait peut-être été un promoteur «honnête» des années 1920 ou «le gars qui ouvre les câbles». Régis Lévesque, seul personnage qui n’est pas un athlète à avoir un profil dans son livre, aurait été son modèle.

«Il travaillait dans une cour à bois à Trois-Rivières et disait: “Tous les jours, j’avais ma boîte à lunch avec deux sandwichs et un câlisse de May West. Ça ne peut pas être ça ma vie. Un jour, je vais lancer ma boîte à lunch au bout de mes bras.” Il a décidé d’hypothéquer sa maison et de se lancer dans la promotion, sans études en marketing. Il avait juste son instinct. Il avait réussi à trouver une fibre en créant des rivalités linguistiques, entre les boxeurs et les villes. Il y avait des combats locaux sans enjeux qui rassemblaient 20 000 personnes», raconte l’auteur.

Le promoteur Régis Lévesque en compagnie d’Arturo Gatti en 2004.
Le promoteur Régis Lévesque en compagnie d’Arturo Gatti en 2004. Photo d’archives

Un sport polarisant

Un sport qui a comme objectif ultime d’infliger une commotion cérébrale en envoyant au tapis son adversaire ne peut que polariser. Mais les deux pugilistes sont consentants et conscients des risques, un aspect que Jules Falardeau n’a pas omis de souligner dans sa nouvelle œuvre.

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«Je pense que quelqu’un qui prend la peine de lire le livre comprendra davantage de choses face à ses préjugés. Ça ne veut pas dire qu’il changera d’idée», note l’auteur, qui n’est pas un grand fan des ring girls et des publicités sur les boxeurs.

Des idées préconçues, les amateurs en ont aussi. Certains dénigrent des athlètes en les qualifiant de jambons. Des faire-valoir, il en faut pour faire progresser un boxeur. Mais parfois, comme sur Tinder, «le gars n’a pas le même look que sur sa fiche!»

«Même si l’autre est en surpoids, ça prend du courage pour monter dans l’arène. En regardant l’allure ou la musculature d’un boxeur, je n’irais pas du tout l’affronter», admet Jules Falardeau.

Photo fournie par LES ÉDITIONS DU JOURNAL
Photo fournie par LES ÉDITIONS DU JOURNAL

Pour tout le monde

Il croit que son ouvrage saura plaire tant aux mordus du noble art qu’aux initiés.

«Ils ne connaissent pas nécessairement les histoires des boxeurs des années 1920. Et je veux que quelqu’un qui n’est pas ferré en boxe ou qui n’a même pas d’intérêt puisse y trouver son compte. Je fais une mise à niveau pour expliquer les bases, les règles, le poids, la hiérarchie dans un gym, etc.»

Après avoir épluché les quelque 300 pages, le lecteur pourra aussi se prêter au jeu des comparaisons avec le classement des meilleurs boxeurs d’ici de l’auteur et de quelques experts, en plus du top 5 des combats spectaculaires tenus en sol québécois.

Jean Pascal atteint solidement Bernard Hopkins au visage, en 2011, au Centre Bell.
Jean Pascal atteint solidement Bernard Hopkins au visage, en 2011, au Centre Bell. Photo BEN PELOSSE

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