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Un livre retrace la vie de Québécois devenus héros à coups de poing

Jules Falardeau présente 200 ans de boxe dans «Du sang, de la sueur et des larmes»

Yvon Durelle (à gauche) affronte Archie Moore (à droite) au Forum de Montréal le 10 décembre 1958 dans un combat qui passe à l'histoire.
Yvon Durelle (à gauche) affronte Archie Moore (à droite) au Forum de Montréal le 10 décembre 1958 dans un combat qui passe à l'histoire. Photo Éditions du Journal
Photo portrait de Mathieu-Robert Sauvé

Mathieu-Robert Sauvé

2024-11-16T05:00:00Z

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Ils ont pour nom Jean Pascal, Éric Lucas, Lucian Bute, Adonis Stevenson... Ces Québécois ont tous remporté des combats majeurs de boxe, leur assurant une renommée mondiale. Mais avant eux, le Québec a produit de nombreux boxeurs que Jules Falardeau sort de l’oubli dans un livre qui paraît cette semaine aux Éditions du Journal.

«Ma plus grande surprise a été de constater l’immense popularité d’athlètes comme Jack Delaney ou Lou Brouillard qui se sont exilés aux États-Unis pour y connaître la gloire», explique le cinéaste qui est lui-même un passionné de boxe.

En plus de ces champions du 20e siècle, d’autres, comme George Henry «Kid» Lavigne, sont nés aux États-Unis, mais de parents québécois partis travailler, comme tant d’autres, dans des manufactures de la Nouvelle-Angleterre. Falardeau les considère comme des membres de la famille.

Georges Henry Lavigne était un boxeur redoutable qui a travaillé dans un moulin à scie avant de se consacrer à son sport.
Georges Henry Lavigne était un boxeur redoutable qui a travaillé dans un moulin à scie avant de se consacrer à son sport. Photo Éditions du Journal

L’auteur connaissait l’histoire de certains Québécois qui s’étaient illustrés dans le ring pour en avoir entendu parler autour de la table familiale. Son père, le cinéaste Pierre Falardeau, vouait un culte au noble art. Il en a fait un film, Le Steak, basé sur la vie de Gaétan Hart. Sa mère, Manon Leriche, y avait aussi participé. À son tour, Jules a consacré un long métrage au boxeur Reggie Chartrand, le «Patriote québécois».

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Des muscles de bûcherons

Au cours des deux années qui ont été nécessaires à la rédaction de ce livre de 300 pages richement illustré, Jules Falardeau a pris la réelle mesure des héros des poings venus du Nord.

Le livre «Du sang, de la sueur et des larmes», de Jules Falardeau, retrace 200 ans de boxe au Québec.
Le livre «Du sang, de la sueur et des larmes», de Jules Falardeau, retrace 200 ans de boxe au Québec. Photo fournie par LES ÉDITIONS DU JOURNAL

«On dirait qu’il y a quelque chose dans notre génétique qui nous prédispose à boxer», lance-t-il en entrevue au Journal en faisant référence aux nombreux pugilistes qui ont marqué l’histoire du Québec. Peut-être des vestiges du passé de coureurs de bois, de bûcherons et d’agriculteurs qui a marqué l’évolution démographique du peuple québécois.

Cité dans le livre, l’historien Hugues Théorêt va dans le même sens en soulignant que les Canadiens français produisent beaucoup d’hommes forts pour une si petite population. «On trouve souvent ça chez les peuples opprimés [qui] n’occupent pas de postes de pouvoir. [...] Il y avait un domaine où l’on pouvait battre les Anglais: la force des bras et au bout des poings.»

Livre-témoignage

Portrait de l’écrivain Jules Falardeau pour son livre sur la boxe, «Du sang, de la sueur et des larmes: 200 ans de boxe au Québec», à Montréal, le vendredi 8 novembre 2024. Photo Agence QMI, JOEL LEMAY
Portrait de l’écrivain Jules Falardeau pour son livre sur la boxe, «Du sang, de la sueur et des larmes: 200 ans de boxe au Québec», à Montréal, le vendredi 8 novembre 2024. Photo Agence QMI, JOEL LEMAY Photo Agence QMI, JOËL LEMAY

L’ouvrage Du sang, de la sueur et des larmes ne cache pas son parti pris en faveur de ce sport que d’autres voudraient abolir en raison des blessures graves causées par les commotions cérébrales. Dès le début, Jules Falardeau prend position: «Voilà un sport où on risque sa vie à chaque combat, écrit-il. Le sport par excellence des déshérités. L’unique occasion d’ascension sociale pour ceux qui n’ont rien.»

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Surnommé Superman, Adonis Stevenson (à droite) est né à Haïti, mais a grandi à Montréal. Il a été champion des mi-lourds de 2013 à 2018. Il affronte Tony Bellew le 20 novembre 2013.
Surnommé Superman, Adonis Stevenson (à droite) est né à Haïti, mais a grandi à Montréal. Il a été champion des mi-lourds de 2013 à 2018. Il affronte Tony Bellew le 20 novembre 2013. Photo Éditions du Journal

Preuve que le sport se renouvelle, c’est Kim Clavel qui signe la préface de l’ouvrage. «J’ai eu des frissons à quelques reprises, que ce soit l’angoisse de la pesée, le sentiment d’amertume d’un boxeur après une défaite, l’ambiance d’un gymnase de boxe ou les conséquences découlant des risques du métier», écrit l’ex-championne des poids mi-mouche, qui tente de reconquérir son titre.

Jack «Bright Eyes» Delaney, premier champion québécois

Il met ses adversaires K.-O. en quelques rounds au Madison Square Garden

Né en 1900 à Saint-François-du-Lac, Jack Delaney est le premier Québécois champion du monde de boxe, nous apprend Jules Falardeau.

De son vrai nom Ovila Chapdelaine, Jack Delaney suit sa famille à Bridgeport, où il grandit. Il commence la boxe à 19 ans et enchaîne 11 victoires consécutives. Blessé à une main, il met fin à sa série victorieuse par une nulle, mais il mérite l’admiration de la foule, car il s’est battu d’une seule main pendant huit rounds.

Photo Éditions du Journal
Photo Éditions du Journal

Populaire auprès des jeunes femmes, «Bright Eyes» Delaney, aussi surnommé «The Bridgeport Adonis», connaît la gloire au Ebbets Field de Brooklyn, quand il remporte le titre de champion du monde des mi-lourds face à Paul Berlenbach devant 41 000 personnes en 1926. Le pugiliste québécois raccrochera les gants pour de bon en 1932, fort d’une fiche de 72 victoires en 85 combats.

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