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4 choses à savoir sur Saydnaya, la prison surnommée «l’abattoir humain» libérée par les rebelles en Syrie

AFP
Photo portrait de Gabriel  Ouimet

Gabriel Ouimet

2024-12-09T19:43:18Z

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Depuis dimanche, les rebelles libèrent les prisonniers de la prison Saydnaya, le lieu de torture utilisé par le régime de Bachar Al-Assad depuis 2011. Voici quatre choses à savoir sur cette prison, la pire de Syrie, surnommée l’«abattoir humain».

• À lire aussi: Bachar al-Assad chassé du pouvoir, la Syrie tourne une page: voici tout ce qu'il faut savoir

1- Des cellules souterraines secrètes

Le groupe de secours des Casques blancs mène actuellement des fouilles dans la prison de Saydnaya, reconnue comme étant le symbole de la brutalité du pouvoir de Bachar al-Assad.

Située à quelques kilomètres de la capitale Damas, la prison compterait une partie souterraine secrète, appelée l’«aile rouge», qui contiendrait jusqu’à cinq étages.

Plusieurs centaines de prisonniers y seraient détenus. Les secouristes craignent que les détenus qui s’y trouvent toujours manquent de nourriture, d’eau et d’air, selon des témoignages recueillis par des médias internationaux.

Un rassemblement aux abords de la prison Saydnaya, près de Damas, en Syrie, le 9 décembre 2024.
Un rassemblement aux abords de la prison Saydnaya, près de Damas, en Syrie, le 9 décembre 2024. AFP

Les Casques blancs ont promis une récompense de 3000$ à toute personne permettant d’identifier l’emplacement des prisons secrètes.

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Des sauveteurs et des experts syriens recherchent des sous-sols cachés dans la prison de Saydnaya à Damas, le 9 décembre 2024.
Des sauveteurs et des experts syriens recherchent des sous-sols cachés dans la prison de Saydnaya à Damas, le 9 décembre 2024. AFP

Charles Lister, du Middle East Institue, a indiqué qu’il pourrait être difficile de pénétrer dans les cellules de la prison, qui seraient potentiellement protégées par «des verrous électroniques et des portes hermétiques».

2- Des pendaisons de masse nocturnes

Entre 2011 et 2022, plus de 100 000 personnes ont trouvé la mort dans les prisons de Bachar Al-Assad, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

Environ 30 000 personnes ont été détenues à Saydnaya pendant la même période, rapporte l’organisme. Seulement 6000 en sont ressorties.

Les chiffres pourraient être beaucoup plus élevés.

Pendant les quatre premières années au pouvoir de Bachar Al-Assad, plus de 13 000 personnes ont été pendues à mort dans la prison, selon Amnistie internationale, qui dénonce «une véritable politique d’extermination».

«Chaque semaine, souvent deux fois par semaine, entre 20 et 50 personnes sont extraites de leur cellule pour être pendues, au milieu de la nuit. Les corps des personnes tuées sont emportés par camions et enterrés dans des fosses communes», indiquait l’organisme dans un rapport en 2016.

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Des images satellites ont montré qu'un nouveau crématorium y avait été construit en 2017, selon The Guardian.

3- Une prison faite pour «détruire l’esprit des prisonniers»

La prison a apparemment été construite pour induire un sentiment de désorientation.

Elle est faite d’un escalier central en colimaçon entouré de barreau de métal et de portes blindées identiques.

La prison de Saydnaya est faite d’un escalier central en colimaçon entouré de barreau de métal et de portes blindées identiques.
La prison de Saydnaya est faite d’un escalier central en colimaçon entouré de barreau de métal et de portes blindées identiques. AFP

Une photo aérienne de la prison de Saydnaya montre les trois ailes officielles de l'édifice.
Une photo aérienne de la prison de Saydnaya montre les trois ailes officielles de l'édifice. AFP

Des vidéos, publiées sur les réseaux sociaux, montrent des cellules obscures sans fenêtre dans lesquelles une cinquantaine de prisonniers pouvaient être entassés à la fois.

Les combattants rebelles ont indiqué que chaque aile semble spécialisée dans une forme de torture différente.

Des survivants ont déclaré que les gardiens appliquaient une règle de silence absolu à l'intérieur de la prison, ce qui expliquerait que de nombreux messages écrits à la main ont été retrouvés sur les murs de cellules.

4- Un centre de torture

Viols, décharges électriques, brûlures, dislocations: les rares survivants de Saydnaya ont raconté que les violences et les tortures infligées par les gardiens se répétaient quotidiennement.

Certaines des techniques utilisées avaient même leur propre surnom.

«Il y a le “tapis volant”, où les personnes sont attachées face contre terre sur une planche pliable, et dont une extrémité est amenée vers l'autre. Ou encore le “pneu”, où les personnes sont forcées à s'enfoncer dans un pneu de véhicule, le front appuyé sur les genoux ou les chevilles, et battues», détaille un rapport publié Amnistie internationale en 2016.

Des personnes marchent sur un chemin de terre menant à la prison de Saydnaya près de Damas, le 9 décembre 2024.
Des personnes marchent sur un chemin de terre menant à la prison de Saydnaya près de Damas, le 9 décembre 2024. AFP

Plusieurs détenus y ont été torturés à mort.

D’anciens gardes ont aussi indiqué à l’organisation humanitaire qu’ils profitaient des jours d’exécution, qu’ils surnommaient «la fête», afin de torturer les condamnés.

«Nous savons déjà qu'ils mourront de toute façon, alors nous en faisons ce que nous voulons», a indiqué l’un d’entre eux.

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