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Bachar al-Assad chassé du pouvoir, la Syrie tourne une page: voici tout ce qu'il faut savoir

AFP

2024-12-09T16:04:10Z

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Le président Bachar al-Assad a fui la Syrie, chassé par une offensive spectaculaire des rebelles islamistes, un tournant de l’histoire qui a mis fin dimanche à un demi-siècle de règne sans partage de son clan familial. Voici ce qu'on sait de la crise.

Fuite vers Moscou

Bachar al-Assad, qui a dirigé d’une main de fer la Syrie pendant 24 ans, dont près de 14 ans de guerre, se trouve avec sa famille à Moscou, selon les agences de presse russes.

Bachar al-Assad, en 2006
Bachar al-Assad, en 2006 Photo AFP

Joe Biden a affirmé qu’Assad devrait «rendre des comptes» pour les «centaines de milliers de Syriens innocents» qui ont été «maltraités, torturés, et tués».

Scènes de joie à Damas

En Syrie, des scènes de liesse ont accueilli la chute d’Assad et l’entrée dans la capitale Damas du chef des rebelles islamistes, Abou Mohammad al-Jolani.

À Damas, où les rebelles avaient annoncé un couvre-feu jusqu’à lundi, une partie du palais présidentiel a été incendiée. 

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À deux kilomètres de là, des dizaines d’hommes, de femmes et d’enfants ont pénétré dans la résidence fastueuse des Assad, qui a été pillée après sa prise par les rebelles, selon un journaliste de l’AFP sur place.

Dans la capitale, comme dans d’autres villes, des manifestants ont renversé et piétiné des statues de Hafez al-Assad, qui a dirigé la Syrie de 1971 à sa mort en 2000, et de son fils Bachar. Des soldats syriens se sont débarrassés à la hâte de leurs uniformes.

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Offensive de rebelles

Le 27 novembre, une coalition de rebelles menée par le groupe islamiste radical Hayat Tahrir al-Sham (HTS) de Jolani a lancé une offensive à partir de son fief à Idleb (nord-ouest).

En dix jours, devant l’effondrement des forces gouvernementales, les rebelles ont conquis de vastes territoires et les grandes villes d’Alep (nord), de Hama (centre), de Deraa (sud) et de Homs, avant d’entrer dans la capitale.

Il s’agit de l’offensive la plus spectaculaire depuis le début de la guerre civile, déclenchée en 2011 après la répression sanglante de manifestations pro-démocratie et qui a fait plus de 500 000 morts.

Au moins 910 personnes, dont 138 civils, ont été tuées pendant l’avancée rebelle, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

Le groupe HTS est l’ancienne branche syrienne d’Al-Qaïda qui dit avoir rompu avec le djihadisme.

Fouille de la prison

À la télévision publique, les rebelles ont annoncé la chute du «tyran» et la libération de tous les prisonniers «injustement détenus», dont ceux enfermés à Saydnaya, une prison symbole des pires exactions des forces de M. Assad.

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D’intenses fouilles sont en cours dans la prison lundi, à la recherche de «cellules souterraines cachées, qui contiendraient des détenus», a déclaré le groupe de secours des Casques blancs, qui a dépêché des équipes d’urgence dans la prison. 

Des impacts ailleurs

En Iran 

Téhéran a perdu un maillon essentiel de son «axe de la résistance » face à Israël et apparaît désormais considérablement affaibli.

«L’Iran est à l’évidence le plus grand perdant, car la Syrie lui servait de base arrière», souligne Hasni Abidi, directeur du Centre d’études sur le monde arabe et méditerranéen. Il cite notamment la fabrication d’armes, la continuité avec l’Irak et «le point de passage le plus important avec son allié le Hezbollah libanais» qui perd un axe crucial de ravitaillement en armement.

Outre la perte d’influence en Syrie, l’Iran peut redouter des répercussions en interne.

«Qu’un régime comme celui de Bachar al-Assad soit tombé peut inquiéter le régime islamique en butte à une opposition interne, et qui a déjà été affaibli par les bombardements israéliens», note Agnès Levallois, de l’Institut de recherche et d’études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient.

En Russie

Vladimir Poutine a assisté, impuissant, à la déroute de son allié, mais le Kremlin, pragmatique, a très vite mis en avant la nécessité de discuter avec les nouvelles autorités. Dès lundi, le drapeau de l’opposition syrienne a été hissé sur l’ambassade de Syrie à Moscou.

Photo AFP
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«Il faut absolument que les Russes sauvent leurs intérêts stratégiques, d’où la main tendue au nouveau régime», résume Agnès Levallois.

La Russie, qui s’était engagée militairement dans le conflit syrien en 2015, dispose sur le sol syrien d’une base navale à Tartous et d’un aérodrome militaire à Hmeimim.

En Turquie

La Turquie apparaît, elle, désormais comme «un État incontournable dans les affaires de la Syrie», observe Hasni Abidi.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a appelé lundi les acteurs internationaux, «en particulier des Nations unies», à tendre «la main au peuple syrien» et à soutenir «la formation d’un gouvernement inclusif».

Les autorités turques souhaitent la constitution d’un gouvernement au plus vite car leur «priorité numéro une est de renvoyer les réfugiés syriens chez eux», explique Agnès Levallois, alors que la Turquie en accueille sur son sol près de trois millions.

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